Des rayons de soleil plein la mai­son à Saint-bar­thé­le­my

Im­pact d’un en­fant tri­so­mique sur la vie de tous les jours

L'Action D'Autray - - ACTUALITÉS - PIERRE BEL­LE­MARE

«C’est de l’amour pur. Les en­fants tri­so­miques n’ont pas de filtre. Ce sont des per­sonnes sen­so­rielles. Des pe­tits bon­heurs, ces en­fants en ont beau­coup. Ce sont des pe­tits so­leils. On n’est pas dans le su­per­fi­ciel. C’est une ri­chesse», ra­conte sa mère, Ja­cinthe Dé­sy de Saint-bar­thé­le­my.

SUR­VOL

Elle a ap­pris à la nais­sance l’état de son fils. Elle avoue qu’elle s’y at­ten­dait, qu’il y avait une chance sur deux qu’il soit tri­so­mique.

« Je me suis dits que c’est fis­ton qui dé­ci­dait, que je vais l’ac­cep­ter tel qu’il va être. J’au­rai plus d’amour à lui don­ner. La vie est bien faite. Quand tu choi­sis d’avoir des en­fants, tu les prends tels qu’ils sont », pré­cise-t-elle.

Mme Dé­sy est âgée de 44 ans. C’est son pre­mier en­fant. Elle est mère mo­no­pa­ren­tale.

«C’est un deuil à faire. J’en ai ver­sé des larmes », ra­conte-t-elle en re­gard de l’ac­cep­ta­tion qu’elle sou­haite que la so­cié­té ac­corde aux en­fants tri­so­miques. « On veut que notre en­fant soit heu­reux. Quand tu es dif­fé­rent, ce n’est pas fa­cile de s’in­té­grer », ajoute-t-elle. Mme Dé­sy ne connais­sait rien de la tri­so­mie. Eloi vit avec la tri­so­mie libre, l’un des trois types de tri­so­mie 21.

Le re­tard de dé­ve­lop­pe­ment fait par­tie de la vie d’un en­fant tri­so­mique. Ram­per, mar­cher à quatre pattes, man­ger, mar­cher, tous les ap­pren­tis­sages prennent plus de temps.

« S’il y a sti­mu­la­tion à très bas âge, le re­tard se­ra moins grand », men­tionne-t-elle.

Une tra­vailleuse so­ciale a été at­ti­trée à son fils. Mme Dé­sy a en­suite été sur la liste d’at­tente pour l’édu­ca­trice spé­cia­li­sée, l’er­go­thé­ra­peute, la phy­sio­thé­ra­peute et l’or­tho­pho­niste.

Les ser­vices de l’édu­ca­trice spé­cia­li­sée ont com­men­cé lorsque Eloi a at­teint l’âge de 15 mois. Ceux d’er­go­thé­ra­pie lui sont dis­po­nibles de­puis peu. Elle est en at­tente pour les autres ser­vices.

Mme Dé­sy a dû payer pour des ser­vices au privé afin que son fils pro­gresse et évi­ter qu’il soit très en re­tard. Elle juge que, à près de deux ans et de­mi, on peut com­pa­rer son fils à un en­fant de 9 à 10 mois. « Si je n’avais rien fait, il se­rait beau­coup plus en re­tard », ex­plique-t-elle.

Son fils prend de plus en plus sa place dans son groupe à la gar­de­rie. Il n’est pas un en­fant com­pli­qué.

Mme Dé­sy a fait l’achat de jouets adap­tés. Elle a aus­si pu en uti­li­ser par le biais de la jou­jou­thèque de la Mai­son de la tri­so­mie, qui prend place à Mas­couche.

Elle peut aus­si comp­ter sur l’as­so­cia­tion de pa­rents d’en­fant tri­so­mique 21 de La­nau­dière. Les pa­rents y mettent en com­mun leurs be­soins,

SO­CIÉ­TÉ.ÂGÉ d’un peu plus de deux ans, Eloi Dé­sy joue dé­jà le rôle de guide. Il montre à prendre le temps de faire les choses, à se re­bran­cher avec le rythme de la vie, à tour­ner le dos à la course folle de la per­for­mance. Eloi est un en­fant tri­so­mique.

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