Moins d’in­fir­mières

pour les per­sonnes âgées

L'Action - - ACTUALITÉS - Ge­ne­viève Blais in­fo­la­nau­diere@trans­con­ti­nen­tal.ca

De­puis la fin juin, il y a moins d’in­fir­mières et plus de pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires dans les centres d’hé­ber­ge­ment Par­phi­lia-Fer­land et SaintEu­sèbe. Ce sont des mo­tifs pé­cu­niaires qui ont in­ci­té le centre de san­té à re­voir le ra­tio de pro­fes­sion­nels dans ces éta­blis­se­ments. Cette dé­marche ne fait tou­te­fois pas que des heu­reux… L’in­quié­tude des in­fir­mières est pal­pable.

« Nos membres ne sont pas fières du tra­vail qu’elles ac­com­plissent. Avec ces coupures, il est im­pos­sible pour elles d’of­frir la même qua­li­té de soins qu’il y a un an », dit Josée Va­lois, agente syn­di­cale pour le Syn­di­cat des pro­fes­sion­nelles en soins de san­té du nord de La­nau­dière (FIQ).

Elle sou­tient que, gra­duel­le­ment, au cours de la der­nière an­née, des postes va­cants n’ont pas été ré­af­fi­chés, por­tant à deux le nombre d’in­fir­mières (elles étaient trois au­pa­ra­vant) et à quatre le nombre de pré­po­sés sur l’uni­té. « Quand il n’y a pas d’ab­sence », dit-elle. Cette si­tua­tion pré­oc­cu­pait dé­jà les pro­fes­sion­nelles, mais c’est le 21 juin que le vase a vrai­ment dé­bor­dé.

« Cette jour­née-là, ils ont cou­pé les chefs d’équipe », sou­tient Claude La­val­lée qui est elle aus­si agente syn­di­cale.

« Il y a le même nombre de pattes sur l’étage, mais le pro­blème, c’est que les pré­po­sés ne font pas le même tra­vail que les in­fir­mières. Ils ne peuvent pas ad­mi­nis­trer des mé­di­ca­ments ou faire des pan­se­ments. C’est cer­tain que ce­la a un im­pact sur la clien­tèle », ajoute Josée Va­lois.

La di­rec­trice des pro­grammes de perte d’au­to­no­mie liée au vieillis­se­ment, Hé­lène Bois­vert, ne voit pas la si­tua­tion du même oeil.

« En trans­for­mant des postes d’in­fir­mières en pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires, nous re­voyons l’or­ga­ni­sa­tion du tra­vail. Les in­fir­mières pour­ront ain­si se concen­trer sur les tâches qui sont de leur res­sort. Elles n’au­ront plus à don­ner des bains ou dis­tri­buer le cour­rier », dit-elle. Cette trans­for­ma­tion se veut, de plus, une exi­gence du mi­nis­tère et de l’Agence ré­gio­nale de la san­té et des ser­vices so­ciaux.

« L’an pas­sé, nous avons de­man­dé aux ins­tances d’ob­te­nir de l’ar­gent sup­plé­men­taire pour em­bau­cher du per­son­nel dans nos centres d’hé­ber­ge­ment. On nous a ac­cor­dé 400 000 $ par an­née. Pour y avoir droit, tou­te­fois, il fal­lait se confor­mer à une norme mi­nis­té­rielle vou­lant qu’il y ait un ra­tio de 60 % de pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires et de 40 % de pro­fes­sion­nelles en soins in­fir­miers au ser­vice des pa­tients », ex­plique Mme Bois­vert.

Elle pré­cise qu’à Par­phi­lia-Fer­land et Saint-Eu­sèbe, cette pro­por­tion n’était pas res­pec­tée.

Pas ques­tion de re­cu­ler, donc, d’au­tant plus que d’autres sommes pour­raient être al­louées à la ré­gion au terme de l’exer­cice.

« Avec la dé­pro­fes­sion­na­li­sa­tion, il y a un gain d’ar­gent que nous sommes en train d’éva­luer. Cet ar­gent, nous al­lons le mettre dans nos mai­sons les moins nan­ties comme les centres de Saint-Ga­briel, Saint-Jacques, Saint-Mi­chel-des-Saints et Saint-Do­nat. Après ce­la, nous pour­rons à nou­veau de­man­der de l’aide pour at­teindre la moyenne na­tio­nale », sou­tient Hé­lène Bois­vert.

Photo Ge­ne­viève Blais

Josée Va­lois et Claude La­val­lée, agentes syn­di­cales.

Photo Jean Che­vrette

Hé­lène Bois­vert, di­rec­trice des pro­grammes de perte d’au­to­no­mie liée au vieillis­se­ment.

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