Une re­la­tion par­ti­cu­lière et em­preinte de ri­gueur

L'Action - - ACTUALITÉS - MÉ­LIS­SA BLOUIN

Par exemple, son fils de sept ans ne peut pas jouer avec Yo­na, sauf lors des pé­riodes de jeux et d’af­fec­tion. «Quand je lui en­lève son dos­sard, elle s’amuse et re­de­vient une chienne nor­male, mais s’il y a une alerte, elle va ef­fec­tuer son tra­vail quand même. »

Cer­taines per­sonnes lui ont dé­jà men­tion­né que son chien fai­sait pi­tié, mais Mme Di­gnard ex­plique que c’est tout le contraire, car Yo­na a hâte de mettre son dos­sard et elle aime ef­fec­tuer son tra­vail. « Elle est tou­jours avec moi, elle est ac­tive et elle ne manque pas d’amour et d’af­fec­tion, alors non, elle ne fait pas pi­tié. »

En ef­fet, Mme Di­gnard doit être ac­com­pa­gnée de Yo­na 24 heures sur 24 et ne peut la lais­ser seule à la mai­son plus de quatre heures. «Quand je prends ma douche, elle vient se cou­cher tout près au cas où il y au­rait un son im­por­tant comme une alarme d’in­cen­die, elle est tou­jours avec moi. »

Avant l’ar­ri­vée de Yo­na, ces mo­ments où Mme Di­gnard doit en­le­ver ses ap­pa­reils au­di­tifs, comme la nuit, de­ve­naient des pé­riodes d’an­goisse. Elle ne pou­vait en­tendre ni son té­lé­phone, ni son réveil ma­tin et ni même son jeune gar­çon s’il l’ap­pe­lait. Elle avait un sys­tème de vi­bra­tion et de lu­mières pour l’aver­tir, mais c’était tel­le­ment in­tense, «ça flash un peu comme un stro­bo­scope », que ce­la lui créait en­core plus d’an­xié­té.

Main­te­nant, c’est Yo­na qui la ré­veille le ma­tin ou en cas d’alerte. Par exemple, si son gar­çon l’ap­pelle, Yo­na sau­ra re­con­naître sa voix, ré­veiller Mme Di­gnard et la conduire jus­qu’à la pro­ve­nance du son ou de l’ap­pel. « C’est une sé­cu­ri­té et on dé­ve­loppe une grande re­la­tion. Quand je suis an­xieuse, elle es­saie de mon­ter sur moi pour me cal­mer. »

Cette re­la­tion ne s’est tou­te­fois pas créée ins­tan­ta­né­ment, ce­la a pris un an en­vi­ron avant qu’elles forment une équipe. « Je crois que Yo­na m’a fait confiance dès le dé­part et que c’est moi qui dou­tais. Ce­la créait une in­sé­cu­ri­té entre nous. » De plus, Yo­na avait de la dif­fi­cul­té, au dé­part, à faire une dis­tinc­tion entre les bruits réels et ceux de la té­lé­vi­sion.

Yo­na a été dres­sée en an­glais, en fran­çais et en lan­gage des signes. «Elle est ex­cep­tion­nelle. Les chiens-guides, ça change une vie, mais ce n’est pas tou­jours évident. Il y a eu un mo­ment où je n’étais pas cer­taine de la gar­der, parce que c’était beau­coup d’ou­vrage, mais ç’a pas­sé et on a un ex­cellent sui­vi et un bel ap­pui de la Fon­da­tion. »

Des sui­vis mé­di­caux sont éga­le­ment ef­fec­tués chaque an­née, car le chien ne doit ni de­ve­nir trop maigre ou trop gros. Yo­na a éga­le­ment une carte d’ac­cré­di­ta­tion et d’iden­ti­té.

ANI­MAUX. «Je dois at­tri­buer une en­tière confiance à Yo­na, car elle est mes oreilles », men­tionne Ma­non Di­gnard. La La­nau­doise a dé­ve­lop­pé une re­la­tion unique avec son chien-guide au cours de la der­nière an­née, mais ce­la n’a pas tou­jours été fa­cile et elle pré­cise que c’est com­plè­te­ment dif­fé­rent que d’avoir un chien de com­pa­gnie.

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