Le taux d’in­frac­tions liées à la vio­lence conju­gale est su­pé­rieur à la moyenne dans La­nau­dière

L'Action - - ACTUALITÉS - GE­NE­VIÈVE GEOF­FROY

Six ré­gions sur 17 au Qué­bec pré­sen­taient des taux su­pé­rieurs à la moyenne qué­bé­coise cette an­née-là, dont celle de La­nau­dière.

Se­lon les données com­pi­lées dans un rap­port du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique, le taux d’in­frac­tions contre la per­sonne com­mises dans un contexte conju­gal était de 282,5 dans La­nau­dière, alors que la moyenne qué­bé­coise se si­tuait à 261, en 2014.

TOU­JOURS PRÉ­OC­CU­PANT

De­puis 2009, au Qué­bec, un peu plus de 95000 in­frac­tions contre la per­sonne com­mises dans un contexte conju­gal ont été si­gna­lées aux au­to­ri­tés po­li­cières. Par­mi elles, 70 concernent un ho­mi­cide.

« Mal­gré les cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion faites au­près de la po­pu­la­tion, la ju­di­cia­ri­sa­tion des au­teurs pré­su­més de­puis 1986 et la mise en place de divers pro­grammes pour ai­der les vic­times et les agres­seurs, la vio­lence conju­gale de­meure pré­oc­cu­pante», se­lon le rap­port gou­ver­ne­men­tal.

PLUS D’HOMMES QUE DE FEMMES

En ma­tière de vio­lence conju­gale, près de huit au­teurs pré­su­més sur dix sont des hommes, tou­jours se­lon des sta­tis­tiques de 2014 du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique.

Par­mi les 16305 au­teurs pré­su­més cette an­née-là, 80,5% étaient des hommes et 19,5% étaient des femmes.

Entre 2013 et 2014, le taux glo­bal d’au­teurs pré­su­més a chu­té de 3,7%. Ce­pen­dant, le mi­nis­tère note une aug­men­ta­tion de 2,6% chez les au­teurs pré­su­més fé­mi­nins. En 2014, 18 746 in­frac­tions contre la per­sonne dans un contexte conju­gal ont été en­re­gis­trées par la po­lice. Ces in­frac­tions re­pré­sentent le quart de tous les crimes contre la per­sonne com­mis cette an­née-là.

Au Centre d’aide pour hommes de La­nau­dière (Ca­ho), la porte est d’ailleurs ou­verte de­puis 2010 aux femmes qui abordent des com­por­te­ments vio­lents en mi­lieu conju­gal ou fa­mi­lial.

Dans la der­nière an­née, le centre est ve­nu en aide à 246 hommes et à 25 femmes.

« Il y a 20 ans, on voyait beaucoup de si­tua­tions dites tra­di­tion­nelles où le conjoint agit et la conjointe su­bit. [Au­jourd’hui], ce qu’on voit plus, ce sont des couples duels où les deux vont s’af­fron­ter », in­dique Da­niel Blan­chette, di­rec­teur et res­pon­sable cli­nique du centre.

STA­TIS­TIQUES. Le taux d’in­frac­tions com­mises dans un contexte conju­gal était plus éle­vé en 2014 dans la ré­gion de La­nau­dière que la moyenne qué­bé­coise, se­lon des sta­tis­tiques du gouvernement. Le quart de tous les crimes

HONTE VER­SUS CUL­PA­BI­LI­TÉ

Se­lon lui, les hommes et les femmes ne ré­agissent pas de la même ma­nière lors­qu’ils constatent qu’ils ont des com­por­te­ments vio­lents. L’in­ter­ven­tion au­près d’eux est donc abor­dée de ma­nière dif­fé­rente.

« D’em­blée, les femmes se sentent cou­pables. Gé­né­ra­le­ment, les hommes, eux, se sentent hon­teux. Et la cul­pa­bi­li­té et la honte, ce n’est pas la même chose, alors on n’aborde pas ça de la même ma­nière », ex­plique-t-il.

(Pho­to TC Me­dia – ar­chives)

En ma­tière de vio­lence conju­gale, près de huit au­teurs pré­su­més sur dix sont des hommes, se­lon des sta­tis­tiques de 2014 du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique.

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