Les chiens sont des proies par­faites

Aug­men­ta­tion des tiques dans la ré­gion

L'Action - - ACTUALITÉS - MÉ­LIS­SA BLOUIN

SANTÉ. « Il y a une nette aug­men­ta­tion du nombre de tiques. Chaque an­née, on en re­tire de plus en plus sur des chiens et il y a un plus grand pour­cen­tage d’entre elles qui sont por­teuses de la ma­la­die de Lyme», a com­men­té la vé­té­ri­naire de l’hô­pi­tal Des Prai­ries, Na­tha­lie Suys.

Elle a en­suite pré­ci­sé qu’il y a plu­sieurs sortes de tiques, mais que c’est l’ixodes sca­pu­la­ris, ou tique du chevreuil, qui peut trans­mettre cette ma­la­die. « Avant, les tiques ar­ri­vaient des États-unis, mais main­te­nant elles sont bien ins­tal­lées au Qué­bec, et ce, à l’an­née longue car il ne fait plus as­sez froid as­sez long­temps et elles sur­vivent à l’hi­ver. Elles gagnent 46 km vers le nord chaque an­née », a ajou­té Mme Suys.

Pen­dant la pé­riode la plus forte, du prin­temps à l’au­tomne, l’hô­pi­tal vé­té­ri­naire de Notre-dame-des-prai­ries re­çoit un mi­ni­mum d’environ quatre chiens par se­maines qui ont été mor­dus par une tique.

« Ça fait huit ans que je tra­vaille dans la ré­gion et main­te­nant, je ne suis plus sur­prise de voir des tiques en dé­cembre. Il y a eu une aug­men­ta­tion de 15 % pen­dant les mois tar­difs », a cor­ro­bo­ré la vé­té­ri­naire de l’hô­pi­tal de la Lau­ren­tie, si­tuée à Saint-charles-bor­ro­mée, Ja­cinthe Mes­sier.

Les tiques se re­trouvent gé­né­ra­le­ment dans les herbes hautes et les boi­sés et elles s’ac­crochent aux poils de l’ani­mal pour le mordre et boire son sang. Au dé­part, la tique ne fait que quelques mil­li­mètres, mais elle gros­sit au fur et à me­sure qu’elle se nour­rit.

«Cela peut du­rer de deux à trois jours et elle peut prendre jus­qu’à dix fois sa taille et faire presque 1 cm de long, c’est sou­vent à ce mo­ment que les gens la dé­tectent », a conti­nué Mme Mes­sier. Mme Suys a en­suite ex­pli­qué qu’après son re­pas, la tique se dé­croche, pond des oeufs et meure. Les pro­duits pré­ven­tifs pour les animaux, qui tuent les tiques avant qu’elles ne pondent des oeufs, sont donc éga­le­ment bé­né­fiques pour les hu­mains puis­qu’ils évitent la pro­pa­ga­tion des tiques dans l’en­vi­ron­ne­ment.

D’au­tant plus que l’homme est beaucoup plus sus­cep­tible de dé­ve­lop­per des symp­tômes s’il est in­fec­té par la ma­la­die de Lyme que le chien. Les chats sont, de leur cô­té, très ré­sis­tants à cette ma­la­die.

LE TRAI­TE­MENT

Lors­qu’une tique est dé­tec­tée sur un chien, son maître peut la re­ti­rer lui-même, mais il est im­por­tant de le faire avec des ou­tils adé­quats puisque si des pièces buc­cales res­tent prises dans le chien la ma­la­die conti­nue de se trans­mettre en rai­son de la sa­live.

Une fois re­ti­rée, les gens peuvent faire ana­ly­ser la tique pour savoir si elle est por­teuse de la ma­la­die. Il faut savoir que si le ré­sul­tat est po­si­tif seule­ment 5 à 10% des chiens dé­ve­lop­pe­ront des signes cli­niques dans une pé­riode al­lant de 2 à 6 mois post­in­fec­tion.

«À l’hô­pi­tal Vé­té­ri­naire de Raw­don, près de 88 tiques sont re­ti­rées chaque an­née et sur celles qui sont ana­ly­sées, la moi­tié sont tes­tées po­si­tives à la ma­la­die de Lyme», a ex­pri­mé à son tour la vé­té­ri­naire Mar­jo­laine Per­ron.

Au cours de l’an­née der­nière, 44 tiques ont été ana­ly­sées à cette cli­nique (12 de Raw­don, 7 de Sainte-ju­lienne, 5 de Saint-ca­lixte, 3 de Saint-jacques, 4 de Sainte-mar­cel­line, 3 de Chert­sey, 6 de Saint-al­phonse 1 de Saint-es­prit et 2 de Re­pen­ti­gny).

Les pre­miers signes de l’in­fec­tion chez le chien sont la fièvre, la lé­thar­gie, la rou­geur de la peau, la baisse d’ap­pé­tit et la boi­te­rie. La ma­la­die se soigne gé­né­ra­le­ment bien avec des an­ti­bio­tiques, il s’agit d’un trai­te­ment de quatre se­maines et la con­sé­quence la plus crainte de la ma­la­die de Lyme est une né­phrite, une ma­la­die ré­nale aigüe, mais elle est très rare.

(Pho­to TC Me­dia- Mé­lis­sa Blouin)

Les tiques s’ac­crochent au pe­lage des chiens avant de les mordre et de boire leur sang.

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