Le Centre de pré­ven­tion du sui­cide de La­nau­dière est in­quiet

L'Action - - VIE COMMUNAUTAIRE - PIERRE CHAR­TIER

TRANS­FERT. Plus d’une ving­taine d’or­ga­nismes com­mu­nau­taires se sont réunis au Centre à Nous de Re­pen­ti­gny, le jeu­di 16 mars, pour ve­nir ap­puyer le Centre de pré­ven­tion du sui­cide de La­nau­dière (CPSL) qui, ver­ra le 1er avril pro­chain, si tout se concré­tise, pas­ser son centre d’ap­pels de nuit à la ligne In­fo-so­cial de l’es­trie.

Au dé­but de son exis­tence, en 2000, le CPSL re­ce­vait les ap­pels à sa ligne lo­cale, mais en novembre 2001, le mi­nis­tère de la Santé et des Ser­vices so­ciaux lan­çait la ligne pro­vin­ciale 1 866 APPELLE.

Pour l’an­née fi­nan­cière cou­rante, près de 3 500 ap­pels en pro­ve­nance de la grande ré­gion de La­nau­dière ont été trai­tés de jour, de soir ou de nuit. Le vo­lume d’ap­pels en­trant du­rant la nuit ne jus­ti­fiant pas le main­tien d’un quart de tra­vail noc­turne, le CPSL a conclu, en 2008, une en­tente ap­prou­vée par l’agence de la santé et des ser­vices so­ciaux avec la res­source sem­blable de la ré­gion voi­sine pour que les ap­pels de La­nau­dière soient trans­fé­rés au Centre de pré­ven­tion du sui­cide (CPS) de Trois-ri­vières.

«Le choix de s’adres­ser à un autre CPS re­po­sait sur le fait que les deux or­ga­nismes évo­luent dans des contextes si­mi­laires et pri­vi­lé­gient la même ap­proche», ex­plique la di­rec­trice du CPSL Joyce Law­less.

Le trans­fert a aus­si per­mis au CPSL de ré­cu­pé­rer 56 heures de tra­vail afin de dé­ployer de nou­veaux ser­vices, comme le groupe de sou­tien des­ti­né aux en­fants en­deuillés par le sui­cide et à leurs pa­rents, et les ser­vices à l’en­tou­rage des per­sonnes sui­ci­daires.

Tout se dé­rou­lait à mer­veille, mais il y a quelques mois, une ru­meur pro­vient des CPS d’autres ré­gions à l’ef­fet que les ap­pels de nuit dans La­nau­dière se­raient trans­fé­rés à la ligne In­fo-so­cial de L’es­trie a af­fir­mé la di­rec­trice.

Le 8 mars der­nier, la Di­rec­tion de santé pu­blique a confir­mé à l’or­ga­nisme que le trans­fert vers l’es­trie au­ra bien lieu.

PAS D’EX­PER­TISE

Pour le pré­sident du CPSL, Michel Pi­lon, le fait de trans­fé­rer les ap­pels en Es­trie n’a pas de sens. « Nous avons des rai­sons de pen­ser que la bas­cule des ap­pels de La­nau­dière vers un CPS d’une autre ré­gion est la so­lu­tion la plus ef­fi­cace et la plus sé­cu­ri­taire pour la po­pu­la­tion. La com­mu­ni­ca­tion constante entre les deux CPS fa­ci­lite la conti­nui­té de l’in­ter­ven­tion au­près des ap­pe­lants. Cela per­met entre autres de ré­duire le re­cours aux me­sures d’ur­gence. Pré­ci­sons que même si le mi­nis­tère ac­cor­dait un plus long dé­lai pour per­mettre une tran­si­tion mieux pré­pa­rée, il nous ap­pa­rait tout de même plus per­ti­nent de main­te­nir le sta­tu quo. »

Avec moins de deux se­maines avant la date d’échéance qui pointe au bout du nez du CPSL, la di­rec­tion en­tend lan­cer dans la pro­chaine se­maine une grande cam­pagne de lettres d’ap­puis par la­quelle elle es­père faire en­tendre le mes­sage à la mi­nistre Lu­cie Char­le­bois. De plus, dans les pro­chains jours, Mme Law­less sou­haite lui écrire afin de dé­nouer l’im­passe pour les ré­si­dents de La­nau­dière.

AP­PUI DE LA CAQ

Le dé­pu­té de L’as­somp­tion et chef de la Coa­li­tion Ave­nir Qué­bec, Fran­çois Le­gault, de même que la dé­pu­tée de Re­pen­ti­gny et porte-pa­role de la CAQ en ma­tière de santé pu­blique, Lise Laval­lée, s’ex­pliquent mal la dé­ci­sion de la mi­nistre dé­lé­guée à la Santé pu­blique, Lu­cie Char­le­bois, de trans­fé­rer les ap­pels noc­turnes la­nau­dois à la ligne In­fo-so­cial, dont le centre d’ap­pel est si­tué en Es­trie.

«C’est to­ta­le­ment ab­surde de mettre en pé­ril un ser­vice qui, pour­tant, fonc­tionne de­puis des an­nées et est re­con­nu par le mi­lieu. Pire en­core, il n’y a au­cune éco­no­mie d’ar­gent qui pour­rait jus­ti­fier la dé­ci­sion Tout ce que nous de­man­dons, c’est une ré­ponse claire de la mi­nistre», ont men­tion­né Fran­çois Le­gault et Lise Laval­lée par voie de com­mu­ni­qué.

(Pho­to TC Me­dia – Pierre Char­tier)

Joyce Law­less, di­rec­trice du Centre de pré­ven­tion du sui­cide de La­nau­dière (CPSL), et Michel Pi­lon, pré­sident, sont in­quiets pour la po­pu­la­tion de La­nau­dière.

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