Un pre­mier ro­man pour s’ex­té­rio­ri­ser

L'Action - - LANAUDIÈRE - ÉLISE BROUILLETTE

En en­tre­vue avec l’ac­tion, Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud ra­conte que l’écri­ture de ce livre re­pré­sente un pro­jet de dix ans, qui est né dans une pé­riode qui n’était vrai­ment pas fa­cile pour lui. Il confie avoir vé­cu des épi­sodes dé­pres­sifs et des idées noires, qui l’ont me­né en thé­ra­pie.

« Je ne l’ai pas tant écrit pour m’ai­der, que pour ai­der les autres à me com­prendre. »

L’art a tou­jours été un mode d’ex­pres­sion pour lui, que ce soit le des­sin ou la mu­sique. L’écri­ture lui a per­mis d’ex­pri­mer et de pré­ci­ser des choses plus dif­fi­ciles.

« On m’a conseillé d’écrire ce que j’ai­mais et ce que je n’ai­mais pas. Au dé­part, il y avait plus de choses né­ga­tives. Puis, tran­quille­ment, le po­si­tif a pris le des­sus. »

Cette ex­té­rio­ri­sa­tion a fi­na­le­ment pris la forme d’un ro­man. « Un ami en qui j’ai confiance m’a sug­gé­ré de mettre tout ça en­semble, de col­ler les mor­ceaux. »

Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud a aus­si re­çu le sou­tien de l’écri­vain Claude R. Blouin. S’il a pen­sé tra­vailler avec une mai­son d’édi­tion, il a fi­na­le­ment op­té pour l’au­toé­di­tion. « Je suis in­dé­pen­dant. J’aime ça faire mes choses. » Il est éga­le­ment l’au­teur de toutes les illus­tra­tions.

La sombre illu­sion, ro­man fan­tas­tique pour un lec­to­rat aver­ti, met en scène un dra­gon, qui re­pré­sente en quelque sorte le che­mi­ne­ment de l’au­teur. « Le per­son­nage prin­ci­pal veut trans­pa­raître de­vant la so­cié­té comme il est vrai­ment, mais à cause de la pres­sion so­ciale, il ne peut pas. »

« Le dra­gon dé­vore les per­sonnes et les émo­tions, mais au fond, il dé­vore une par­tie de lui-même qu’il n’est pas ca­pable d’ac­cep­ter. Il n’est pas ca­pable de s’ac­cep­ter. »

Si, au dé­part, Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud n’était pas ca­pable d’en­vi­sa­ger autre chose qu’une fin tra­gique au livre, fi­na­le­ment, il se ter­mine plu­tôt sur une « note ma­gique ». La fi­nale lui est ap­pa­rue comme une ré­vé­la­tion sal­va­trice. «Ça m’a ou­vert les yeux et ça m’a per­mis d’ac­cep­ter des choses en de­dans de moi. Le livre est ter­mi­né de­puis un an et je suis bien ma vie. Je suis sor­ti de l’en­fer. Avant, j’étais mar­gi­nal et je n’étais pas ca­pable d’ac­cep­ter grand-chose de moi-même.»

L’au­teur émet tou­te­fois un bé­mol. Il ne faut pas prendre tout ce qui est écrit à la lettre car si le ro­man ren­ferme une part au­to­bio­gra­phique, il est aus­si em­preint de beau­coup de fic­tion.

Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud est in­dé­cis face à ses pro­jets d’ave­nir. S’il a en­vie d’écrire d’autres his­toires, il ai­me­rait aus­si se dé­dier à la réa­li­sa­tion d’un pre­mier al­bum.

Il conseille fi­na­le­ment à ceux qui vivent des pé­riodes dif­fi­ciles d’ex­té­rio­ri­ser leurs émo­tions, peu im­porte le mé­dium.

La sombre illu­sion est dis­po­nible en ligne via la­som­breillu­sion. ca et à la Li­brai­rie Mar­tin ex­press des Ga­le­ries Jo­liette. Dans son ro­man, Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud fait un clin d’oeil au tra­vail de ca­me­lot qu’il a dé­jà oc­cu­pé dans le Grand Jo­liette. « Ce fut l’un des mé­tiers que j’ai le plus ai­més parce que ça me fai­sait sor­tir. C’est le mo­ment où j’ai été le plus en forme ! »

LIT­TÉ­RA­TURE. Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud, de Saint-am­broise-de­kil­dare, vient d’au­to­pu­blier son pre­mier ro­man, Un ou­vrage qui lui a per­mis d’ex­té­rio­ri­ser ses idées noires et d’y en­tre­voir une is­sue po­si­tive. Son tra­vail de ca­me­lot

(Pho­to TC Me­dia – Élise Brouillette)

Phi­lippe Cou­tu­rier-mi­chaud et son pre­mier ro­man, lors de son pas­sage dans nos bu­reaux.

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