L’an­xié­té de sé­pa­ra­tion, vous connais­sez?

L'Action - - ACTUALITÉS - GE­NE­VIÈVE GEOF­FROY

TC MEDIA: PEUT-ON VIVRE DU STRESS LIÉ À LA REN­TRÉE SCO­LAIRE?

Nan­cy Le­gendre: Oui. L’an­goisse de sé­pa­ra­tion est un exemple. Elle est sur­tout pré­sente chez les en­fants qui vont com­men­cer la sco­la­ri­sa­tion. Aus­si, c’est plus pro­non­cé chez ceux n’ayant pas été à la gar­de­rie.

Ca­role Lane: Oui, mais ce ne sont pas tous les pa­rents/en­fants. Ça dé­pend de dif­fé­rents fac­teurs. Par exemple, plus l’en­fant a confiance en lui et que les pa­rents lui ren­voient l’image qu’ils le sentent prêt pour école, plus il y a de chances que l’en­fant s’adapte bien.

TC MEDIA : D’OÙ VIENT L’AN­XIÉ­TÉ DE SÉ­PA­RA­TION?

Nan­cy Le­gendre: Ce­la vient beau­coup du sen­ti­ment de sé­cu­ri­té et de la peur de l’in­con­nu […] De ma­nière ima­gée, l’an­xié­té de sé­pa­ra­tion, c’est la « dif­fé­rence de tem­pé­ra­ture » entre le mi­lieu fa­mi­lial et le mi­lieu sco­laire.

Ca­role Lane: Les en­fants vi­vant cette an­xié­té éprouvent des ré­ac­tions an­xieuses dès qu’ils se trouvent loin de la bulle sé­cu­ri­sante [du mi­lieu fa­mi­lial] […] Ce­la peut prendre di­verses formes comme des ma­laises phy­siques (maux de tête, maux de ventre) par exemple.

REN­TRÉE SCO­LAIRE. La ren­trée sco­laire pour cer­tains pa­rents et/ou en­fants peut être sy­no­nyme d’an­xié­té dite de sé­pa­ra­tion. Deux psy­cho­logues ont ac­cep­té de ré­pondre à nos ques­tions sur le su­jet.

TC MEDIA: EST-CE QUE DES PA­RENTS PEUVENT VIVRE DE L’AN­XIÉ­TÉ DE SÉ­PA­RA­TION?

Nan­cy Le­gendre: Pour le pa­rent, c’est la même chose. Par exemple, le pa­rent peut se ques­tion­ner si son en­fant « va être cor­rect à l’école » et si l’école ré­pond bien à ses be­soins.

Ca­role Lane: Un pa­rent peut avoir l’im­pres­sion d’être la seule per­sonne qui com­prenne son en­fant et le connaisse. Il peut aus­si avoir l’im­pres­sion de le lais­ser à l’étran­ger. Il se peut qu’un pa­rent puisse in­duire, en­tre­te­nir ou aug­men­ter l’an­xié­té chez son en­fant.

TC MEDIA: COMMENT UN PA­RENT PEUT-IL IN­TER­VE­NIR ?

Nan­cy Le­gendre: Si l’an­xié­té de sé­pa­ra­tion ap­par­tient à un des deux pa­rents, ce­lui-ci peut lais­ser le pa­rent moins ner­veux s’oc­cu­per de la rou­tine ma­ti­nale. Aus­si, pour tous types d’an­xié­tés confon­dus, il faut se don­ner du temps. Je dis sou­vent aux pa­rents de prendre le mois de sep­tembre pour s’adap­ter et se don­ner la chance d’éta­blir une rou­tine avec l’en­fant.

Ca­role Lane : Le pa­rent est le pre­mier ac­teur pour ai­der l’en­fant, car c’est lui qui le connaît le mieux. Par exemple, le pa­rent peut fa­vo­ri­ser les mou­ve­ments d’au­to­no­mie de son en­fant. C’est comme lors­qu’on ap­prend à un en­fant à mar­cher: il ne mar­che­ra pas tout seul si on lui tient constam­ment la main.

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