« Il y a des mo­ments où on se­ra prêt à tout perdre pour avoir le der­nier mot » - Do­mi­nique Mor­neau

L'Action - - ACTUALITÉS - ÉLISE BROUILLETTE

Do­mi­nique Mor­neau a no­tam­ment abor­dé les com­po­santes bio­lo­giques de la co­lère. «Quand le rythme car­diaque at­teint plus de 100 battements par minute, bio­lo­gi­que­ment, tu ne peux plus ré­flé­chir. »

C’est le mo­ment où l’im­pul­si­vi­té, les pa­roles bles­santes voire l’agres­si­vi­té entrent en scène.

D’ailleurs, se­lon lui, la di­men­sion bio­lo­gique per­met d’ex­pli­quer le fait que les femmes vont plus sou­vent adres­ser des su­jets dé­li­cats que les hommes. Le fa­meux « il faut que je te parle ».

« Le coeur de la femme s’apaise avant ce­lui de l’homme. Quand l’homme re­fuse de par­ler, c’est qu’il a peur, parce qu’il est plus vul­né­rable. Il sait qu’il va se rap­pro­cher plus vite du 100b/m, qu’il va être mé­chant, bles­sant et qu’il va le re­gret­ter. Nous ne sommes pas conçus pa­reil. »

Il faut donc évi­ter de se lais­ser sub­mer­ger par nos émo­tions, pour évi­ter de bas­cu­ler dans le conflit.

Do­mi­nique Mor­neau a éga­le­ment sou­li­gné que lors de conflits, le be­soin de pou­voir fait sou­vent place à d’autres be­soins fon­da­men­taux, tels que l’équi­té, la re­con­nais­sance et le res­pect. De là le dan­ger de « vou­loir avoir le der­nier mot », que ce soit avec son conjoint, son en­fant, son pa­tron ou son em­ployé. Il a illus­tré que par­fois, on peut avoir l’im­pres­sion de né­go­cier quelque chose de noble, alors que ce qui se­ra en jeu ne se­ra que du pou­voir.

« L’opé­ra­tion se­ra peut-être réus­sie, mais le pa­tient se­ra mort », a-t-il ima­gé. Un pa­tron qui au­ra eu le der­nier mot fe­ra ain­si face à un em­ployé désen­ga­gé et qui se dé­tour­ne­ra de lui.

« Nos pen­sées in­con­trô­lables se­ront à l’ori­gine de notre propre mal­heur. »

Le conflit, a in­sis­té le confé­ren­cier, vient pa­ra­si­ter la re­la­tion. Il com­mence par pa­ra­si­ter le pré­sent (ça ne va pas bien), puis le fu­tur (ça n’ira ja­mais bien), pour fi­nir par le pas­sé (ça n’a ja­mais bien été).

« Les conflits vont am­pli­fier les mau­vais souvenirs.» Do­mi­nique Mor­neau a dé­cla­ré qu’il im­porte de pro­té­ger nos souvenirs à l’égard du pas­sé, soit en les écri­vant ou en les met­tant en évi­dence. « Le jour où les conflits se sont at­ta­qués aux beaux souvenirs, la re­la­tion est ter­mi­née [per­son­nelle ou pro­fes­sion­nelle]. »

Le confé­ren­cier a donc in­ci­té les em­ployeurs à nour­rir les beaux souvenirs de leurs em­ployés, pour être sûrs qu’ils ne dis­pa­raissent pas.

Afin de fa­vo­ri­ser la lon­gé­vi­té des re­la­tions, le confé­ren­cier a fi­na­le­ment en­cou­ra­gé les par­ti­ci­pants à s’in­té­res­ser à l’autre. « Il faut nour­rir les re­la­tions, in­té­res­sez-vous à vos em­ployés. »

AF­FAIRES. À l’aide de plu­sieurs anec­dotes de sa vie per­son­nelle, qui peuvent tout aus­si bien tra­duire ce qui peut se pas­ser dans le mi­lieu des af­faires, le confé­ren­cier Do­mi­nique Mor­neau a par­lé des fa­çons de voir ve­nir les conflits et aus­si de com­ment les ré­soudre le mer­cre­di 18 oc­tobre, lors des Ma­ti­nées la­nau­doises.

Le pro­chain dé­jeu­ner-confé­rence au­ra lieu le 22 no­vembre. Les par­ti­ci­pants pour­ront en­tendre la confé­rence « La ges­tion des res­sources hu­maines à l’ère des mé­dias so­ciaux ! » d’alexis Car­pen­tier. In­for­ma­tions : www.ma­ti­nees­la­nau­doises.com.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Jean Che­vrette)

Do­mi­nique Mor­neau.

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