PO­LI­TIQUE

L’actualité - - DÉCRYPTAGE -

La car­rière po­li­tique de Jacques Du­ches­neau, qui a por­té les cou­leurs de la CAQ dans Saint-Jé­rôme de 2012 à 2014, est bel et bien ter­mi­née. « Je me suis haï quand j’étais en po­li­tique », confie-t-il.

S’il a ado­ré le tra­vail dans sa cir­cons­crip­tion, près des gens, il a dé­tes­té ses sé­jours à l’As­sem­blée na­tio­nale.

« Voir des gens qui oc­cupent des fonc­tions im­por­tantes au gou­ver­ne­ment se le­ver et men­tir, je n’étais plus ca­pable. J’ai com­men­cé à mar­cher pour éva­cuer la co­lère. Tout le monde me de­man­dait si j’étais ma­lade, parce que j’avais per­du tel­le­ment de poids ! À un cer­tain mo­ment, je mar­chais de 80 à 100 km par se­maine. Je sor­tais du par­le­ment vers 21 h et je mar­chais jus­qu’à mi­nuit. »

Ce fut une grande dé­cep­tion. « J’ai­mais la po­li­tique. J’ai tou­jours dit que je fe­rais une car­rière en po­li­tique. Je me suis pré­sen­té à la mai­rie de Mon­tréal [en 1998] pour lut­ter contre la cor­rup­tion. Mais ce n’était pas à la hau­teur de mes at­tentes. »

Même s’il y a par­fois de belles ami­tiés entre les dé­pu­tés de dif­fé­rents par­tis, trop de gens s’y dé­testent, af­firme Jacques Du­ches­neau. « Chaque fois qu’Amir Kha­dir [de Qué­bec so­li­daire] se le­vait à la Chambre, les dé­pu­tés du PQ lui criaient des noms et le cha­hu­taient. À un mo­ment don­né, je me suis re­tour­né et je leur ai dit de la fer­mer et d’écou­ter. Peut-être qu’ils al­laient ap­prendre des choses ! Ils se sont cal­més. Je ne suis pas de la même al­lé­geance po­li­tique que Kha­dir, mais c’est un gars hon­nête qui dit les vraies choses. »

Il a lui-même dé­pas­sé les bornes à quelques re­prises, no­tam­ment en 2013, lors­qu’il a fait un lien entre la consom­ma­tion de co­caïne de l’ex-mi­nistre pé­quiste An­dré Bois­clair et une sub­ven­tion contro­ver­sée de 2,5 mil­lions de dol­lars ac­cor­dée à l’en­tre­pre­neur Paul Sau­vé pour la ré­fec­tion de l’église Saint-James, à Mon­tréal. Une pour­suite qui a été ré­glée hors cour.

Jacques Du­ches­neau af­firme ne pas re­gret­ter cet épi­sode. « Je ne me suis pas ai­mé dans ce rôle, parce que c’est le par­ti qui me le de­man­dait. Mais vous n’avez pas tout su dans cette his­toire. J’étais so­lide. Je dis quelque chose quand je peux m’ap­puyer sur des faits. Mon par­ti m’a dit de lâ­cher et de ré­gler hors cour, mais je n’étais pas prêt à le faire. Je n’au­rais pas ré­glé. J’au­rais ai­mé que Bois­clair vienne s’ex­pli­quer. Mais en po­li­tique, tu dois jouer la game du par­ti. »

L’an­cien dé­pu­té n’en veut tou­te­fois pas à Fran­çois Le­gault et se dit en­core ca­quiste. « Il est bon. Pour avoir été dans les cau­cus avec lui, il a une idée claire de la di­rec­tion où il s’en va. Il a une bonne fibre. Ça ne peut pas être pire que le Par­ti li­bé­ral, qui conti­nue de men­tir, et que le Par­ti qué­bé­cois, qui est à la dé­rive, même s’il y a de bonnes per­sonnes dans ce par­ti. »

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