Goûts d’ici

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Alors que l’hé­ca­tombe par­mi les abeilles s’in­ten­si­fie et que la pro­duc­tion qué­bé­coise de miel di­mi­nue, le nombre d’api­cul­teurs, lui, aug­mente. Qu’ils soient ama­teurs ou pro­fes­sion­nels, la plu­part s’en­tendent sur une chose : le miel est un for­mi­dable ou­til pour tra­duire le goût d’un lieu.

La col­lecte du nec­tar dé­pend des fleurs qui en­tourent les ruches. Chaque miel puise donc son iden­ti­té dans son ter­ri­toire. Les abeilles ef­fec­tuent le gros du tra­vail, mais le choix de l’em­pla­ce­ment des ruches et du mo­ment de la ré­colte du miel reste à la dis­cré­tion de leur gar­dien.

Api­cul­teur ama­teur, Fran­çois For­get ne pré­lève le pro­duit de ses quatre ruches qu’à l’au­tomne. Son miel re­pose donc sur des plantes à flo­rai­son tar­dive, comme la verge d’or, re­con­nais­sable à ses notes épi­cées. « Chaque an­née, les amis à qui je l’offre me disent y re­trou­ver le même pro­fil de goût. C’est ce­lui de mon coin, Sainte-Anne-des-Lacs. »

À une autre échelle, Ani­cet Des­ro­chers et sa conjointe, Anne-Virginie Sch­midt, veillent sur 1 200 ruches à Ferme-Neuve, dans les Hautes-Lau­ren­tides.

Ils se concentrent sur la mise en mar­ché de miels de sai­son, par op­po­si­tion aux miels d’une seule fleur. « Ici, on n’a pas de sols agri­coles fer­tiles, mais on a plein de plantes au­toch­tones à bu­ti­ner, dit Ani­cet Des­ro­chers. C’est ça, le ter­roir ! »

À Rich­mond, en Es­trie, l’api­cul­teur Alain Pé­ri­card pri­vi­lé­gie aus­si les miels de sai­son. « Un miel mo­no­flo­ral im­plique une mo­no­cul­ture. Or, la santé des abeilles dé­pend de la bio­di­ver­si­té. » Pé­ri­card est éga­le­ment un pré­cur­seur de l’api­cul­ture ur­baine au Qué­bec, ayant in­tro­duit une ruche sur un toit au coeur du Pla­teau-Mont-Royal dès les an­nées 1980. La ville de Mon­tréal en compte au­jourd’hui plus de 500 !

Cet es­sor, on le doit entre autres à Al­véole. Les ruches ven­dues par cette en­tre­prise lan­cée en 2012 ont eu vite fait de se re­trou­ver dans tous les sec­teurs de la mé­tro­pole. « La vé­gé­ta­tion va­rie beau­coup de quar­tier en quar­tier, ex­plique Alex McLean, l’un des trois par­te­naires fon­da­teurs. Le miel pro­duit près du parc Jar­ry porte l’em­preinte du trèfle et du pis­sen­lit ; ce­lui du Pla­teau-Mont-Royal rap­pelle l’odeur du tilleul. Le quar­tier West­mount, lui, est riche en arbres frui­tiers, et son miel a un goût plus lé­ger. »

Cu­rieux de sa­voir ce que goûte votre coin de pays ? La ré­ponse se trouve au fond d’un pot de miel…

Å Quelques ruches de la ferme Les Miels d’Ani­cet.

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