Faut-il avoir peur...

... DU TÉTANOS ?

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Bonne nou­velle pour ceux qui n’aiment pas les pi­qûres ! Le Co­mi­té sur l’im­mu­ni­sa­tion du Qué­bec (CIQ) re­com­mande qu’on rem­place les rap­pels de vac­ci­na­tion contre le tétanos, que nous sommes cen­sés re­ce­voir tous les 10 ans du­rant toute notre vie, par un rap­pel unique vers l’âge de 50 ans, pour les per­sonnes qui ont re­çu toutes les doses du vac­cin dans l’en­fance.

Le tétanos est cau­sé par un ba­cille vi­vant dans la terre, la sa­live et les dé­jec­tions ani­males et hu­maines ain­si que sur les sur­faces rouillées. Une simple éra­flure peut suf­fire à faire pé­né­trer la bac­té­rie dans le sang. Elle li­bère alors une neu­ro­toxine ul­tra­puis­sante qui pro­voque des spasmes mus­cu­laires tel­le­ment vio­lents qu’ils peuvent bri­ser les os. La ma­la­die com­mence quelques jours ou quelques se­maines après l’in­fec­tion par une contrac­tion in­vo­lon­taire des mâ­choires, le tris­mus. Elle est mor­telle dans 20 % à 30 % des cas.

La bac­té­rie, qui se trouve presque par­tout sur la pla­nète, ne peut pas être éra­di­quée. Mais de­puis la Deuxième Guerre mon­diale, le tétanos est ra­ris­sime dans les pays dé­ve­lop­pés, parce que l’hy­giène et la dés­in­fec­tion des plaies se sont amé­lio­rées, et parce qu’on dis­pose d’un vac­cin aus­si ef­fi­cace que sûr. Au­jourd’hui, il y a en moyenne 3,3 cas de tétanos par an au Ca­na­da.

Dans les pays en dé­ve­lop­pe­ment, la ma­la­die tue en­core en­vi­ron 50 000 per­sonnes chaque an­née, sur­tout des nou­veau-nés de mères por­teuses de la bac­té­rie. En 20 ans, le nombre de dé­cès a ce­pen­dant di­mi­nué de 96 %, grâce à la gé­né­ra­li­sa­tion du vac­cin, que re­çoivent au­jourd’hui 86 % des bé­bés dans le monde.

Au Qué­bec, quatre doses de vac­cin doivent être don­nées aux en­fants à 2, 4, 6 et 18 mois, puis une entre 4 et 6 ans et une autre entre 14 et 16 ans. On re­com­man­dait en­suite de re­ce­voir une dose de rap­pel tous les 10 ans. Mais après un ré­exa­men de l’im­mu­ni­té confé­rée par les vac­cins et une ana­lyse des pra­tiques dans d’autres pays, le CIQ a es­ti­mé qu’une seule dose de rap­pel vers l’âge de 50 ans of­fri­rait la même pro­tec­tion aux adultes qui ont été vac­ci­nés dans l’en­fance. Seuls deux Qué­bé­cois sur cinq sont à jour dans leurs rap­pels de vac­cin contre le tétanos, et cette nou­velle fa­çon de faire, plus simple à mé­mo­ri­ser, pro­té­ge­ra mieux la po­pu­la­tion. Une preuve que les au­to­ri­tés savent éli­mi­ner les vac­cins quand ils ne sont plus né­ces­saires. (Va­lé­rie Borde)

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