Le sexe, ça se passe de mots ?

L’actualité - - PAR ALEC CASTONGUAY -

Dans la fou­lée des dé­non­cia­tions, bon nombre d’ex­perts ont in­sis­té sur l’im­por­tance de re­voir les normes en ma­tière de consen­te­ment sexuel. Les zones grises qui sub­sistent entre sé­duc­tion, ma­laise et contrainte s’ame­nui­se­raient sans doute si cha­cun for­mu­lait plus clai­re­ment ses in­ten­tions, et vé­ri­fiait les dé­si­rs de l’autre avec plus de di­li­gence. Mais dans la réa­li­té, qu’est-ce que les hommes et les femmes com­prennent des si­gnaux de leur par­te­naire ? Que per­çoivent-ils comme une in­vi­ta­tion à l’in­ti­mi­té sexuelle ?

La ma­jo­ri­té des ré­pon­dants jugent que si quel­qu’un les em­brasse ou se désha­bille de­vant eux, ils peuvent ten­ter un rap­port sexuel sans re­cueillir d’abord son consen­te­ment ver­bal. En re­vanche, sim­ple­ment in­vi­ter quel­qu’un chez soi ou ac­cep­ter d’al­ler chez lui/elle ne consti­tue pas, pour la plu­part des gens, un in­dice sûr de consen­te­ment ; mieux vaut, se­lon eux, le confir­mer de vive voix.

Sur ces points, les hommes et les femmes sont du même avis ou à peu près. Mais il y a une si­tua­tion qu’ils n’in­ter­prètent pas de la même ma­nière, et qui pour­rait être source de mal­en­ten­du : le sex­tage. Si leur par­te­naire leur en­voie une pho­to sexuel­le­ment ex­pli­cite, les hommes sont deux fois plus en­clins (46 %) que les femmes (23 %) à consi­dé­rer qu’ils n’ont pas be­soin d’ob­te­nir son consen­te­ment ver­bal à une re­la­tion sexuelle.

Il faut tou­te­fois sou­li­gner que, pour toutes les ques­tions re­la­tives au consen­te­ment, une part éle­vée de par­ti­ci­pants se sont abs­te­nus de ré­pondre, signe qu’au­tour de ces en­jeux le ma­laise et la con­fu­sion per­sistent.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.