LUXE ET SO­BRIÉ­TÉ

L'APPART - - Edito - Sté­phane Ma­la­gnac

Dans l’uni­vers nu­mé­rique et hy­per­bo­lique dans le­quel nous vi­vons, il n’est pas une mi­nute de notre at­ten­tion qui ne soit at­ti­rée – cer­tains di­ront dé­tour­née – par des ac­croches ta­pa­geuses, des mes­sages em­pha­tiques nous pro­met­tant, presque au sens propre, monts et mer­veilles !

Qui n’a ja­mais sou­ri à cer­tains mes­sages publicitaires aux atours si al­lé­chants ? Qui n’est ja­mais res­té du­bi­ta­tif de­vant l’ac­cu­mu­la­tion d’ad­jec­tifs élo­gieux et pom­peux ap­po­sés sous une image, une marque ? Pour­quoi de­vrions-nous cé­der à cette sur­abon­dance de su­per­la­tifs pour étayer notre mes­sage ? D’au­cuns di­ront que c’est pour mieux se faire en­tendre dans la ca­co­pho­nie am­biante, d’au­cunes en­core qu’il s’agit de faire com­prendre à l’autre – au sens de l’al­té­ri­té – qu’il ou elle fait le bon choix et, même, un ex­cellent choix.

Charles Beau­de­laire écri­vait « luxe, calme et vo­lup­té », tra­duit en pein­ture par Hen­ri Ma­tisse quelques an­nées plus tard. A L’AP­PART, nous pré­fé­rons lui sub­sti­tuer – sans na­tu­rel­le­ment oser nous com­pa­rer – le trip­tyque de « luxe, confort et so­brié­té ». Car il n’est rien tant pré­cieux que de pou­voir écar­ter l’os­ten­ta­toire au pro­fit d’une juste so­brié­té. La san­té pu­blique ne nous as­sène-t-elle pas en per­ma­nence que « (man­ger, boire, jouer, etc.) avec ex­cès com­porte des risques » ? Gar­dons-nous dès lors d’être dans l’ex­cès !

En­trer dans l’uni­vers de L’AP­PART, c’est l’as­su­rance de dé­cou­vrir, au gré de nos ru­briques et au coeur d’une mise en page toute en élé­gance… et so­brié­té, com­ment le luxe peut (doit) être sy­no­nyme de so­brié­té. Et si celle-ci est heu­reuse, comme le pro­pose Pierre Rabhi… quel luxe !

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