BRE­GUET ET LE MÉ­CÉ­NAT

L'APPART - - Breguet -

Bre­guet sou­tient l’art et la culture de­puis de nom­breuses an­nées, à tra­vers di­vers par­te­na­riats et mé­cé­nats ex­cep­tion­nels.

En 2004, Bre­guet ex­pose un nombre im­pres­sion­nant de pièces an­ciennes et rares au mu­sée de L’er­mi­tage à St-pé­ters­bourg, en cé­lé­bra­tion des liens sé­cu­laires qui lient la marque à la Rus­sie.

Après une ex­po­si­tion au mu­sée du Louvre à Paris en 2009, qui a mar­qué les es­prits, et a comp­té plus de 110'000 vi­si­teurs en deux mois et de­mi, la pré­cieuse col­lec­tion de gardes-temps an­ciens est ac­cueillie au Mu­sée na­tio­nal suisse en 2011. Cette ex­po­si­tion de pres­tige est pré­sen­tée au Châ­teau de Pran­gins, puis au Landes mu­seum de Zu­rich.

En 2008, la marque fait éga­le­ment re­naître un joyau de l’ar­chi­tec­ture néo­clas­sique fran­çaise : le Pe­tit Tria­non. Les tra­vaux de res­tau­ra­tion du Pe­tit Tria­non, en­ta­més en 2007, re­couvrent plu­sieurs as­pects, tels que la res­tau­ra­tion des dé­cors d’ori­gine, la créa­tion d’amé­na­ge­ments mu­séo-gra­phiques com­plé­men­taires, la re­mise à neuf de l’en­semble des ins­tal­la­tions tech­niques, ou en­core la ré­fec­tion des me­nui­se­ries ex­té­rieures, per­rons et ailes Est et Ouest du bâ­ti­ment. Une se­conde série de tra­vaux, ache­vés en juin 2010, ap­porte la touche fi­nale à ce projet d’en­ver­gure.

Montres Bre­guet est par ailleurs l’un des mé­cènes ma­jeurs dans la res­tau­ra­tion du Louvre, avec no­tam­ment la ré­no­va­tion de l’aile Louis XIV de la Cour Car­rée et de ses salles dé­vo­lues au mo­bi­lier du XVIIIÈME siècle.

Bre­guet a tou­jours mis au ser­vice de la femme sa maî­trise de l’art hor­lo­ger et joaillier. Quoi de plus na­tu­rel que de conti­nuer à rendre hom­mage à la gent fé­mi­nine ? Et, au-de­là de la sé­duc­tion et de l’hom­mage, c’est la femme elle-même qui est, pour Bre­guet, muse et égé­rie.

Ain­si, si l’art de Bre­guet s’ex­prime en pre­mier lieu dans l’horlogerie, la mai­son pré­sente éga­le­ment des pièces de Haute Joaille­rie éla­bo­rées sur la base d’un sa­voir-faire et d’un es­thé­tisme an­ces­tral. Chaque an­née, Bre­guet pro­pose des pièces ex­cep­tion­nelles, qui n’ont pas man­qué de plaire à la pres­ti­gieuse clien­tèle fé­mi­nine qui ja­lonne son his­toire. De nos jours, la Ma­nu­fac­ture peut faire ap­pel à sa riche his­toire pour ins­pi­rer de nou­velles créa­tions, mais elle s’ef­force aus­si de sur­prendre avec des tech­niques ex­cep­tion­nelles, ré­vo­lu­tion­nant l’ap­proche du ser­tis­sage. La mai­son a ain­si in­tro­duit la tech­nique du ser­ti mo­bile, ani­mant les oeuvres d’une vie jus­qu’alors uni­que­ment ef­fleu­rée. Au­jourd’hui, Bre­guet re­pousse les li­mites du sa­voir-faire joaillier vers de nou­veaux ter­ri­toires pour re­dé­fi­nir le con­cept d’élé­gance.

De­puis plus de deux siècles, les in­ven­tions et dé­ve­lop­pe­ments tech­no­lo­giques de la Mai­son Bre­guet fa­çonnent le monde de l’horlogerie. Plus de 200 bre­vets dé­po­sés de­puis 1775 ont trans­for­mé la science de la me­sure du temps et la ma­nière de l’abor­der, dont voi­ci une in­fime par­tie : Le Tour­billon pro­pulse Bre­guet au fir­ma­ment des in­ven­teurs dès 1801, lorsque l’hor­lo­ger de gé­nie ob­tient du Mi­nistre de l’in­té­rieur fran­çais un bre­vet pour ce nou­veau type de ré­gu­la­teur. Grâce à lui, il est dé­sor­mais pos­sible de pal­lier les ef­fets per­tur­ba­teurs de l’at­trac­tion ter­restre sur les per­for­mances des montres, per­met­tant ain­si aux garde-temps d’af­fi­cher une pré­ci­sion no­toi­re­ment amé­lio­rée.

Quelques an­nées après cette in­croyable dé­cou­verte, alors que les montres de poche sont la règle, Bre­guet crée, sur de­mande de Ca­ro­line Mu­rat, Reine de Naples, une pièce à l’ar­chi­tec­ture unique : la pre­mière montre-bra­ce­let. De forme ovale, cette pièce com­pli­quée à nulle autre pa­reille est mon­tée sur un bra­ce­let en che­veux gar­nis d’or. En 1812, Bre­guet réus­sit l’ex­ploit de bou­le­ver­ser la concep­tion des garde-temps. D’un ob­jet que l’on cache dans sa poche, la montre de­vient et reste un bi­jou que l’on ar­bore au poi­gnet.

Si cette in­ven­tion unique a per­mis d’ap­por­ter un cer­tain confort en fa­ci­li­tant la consul­ta­tion du temps, elle n’est pas la seule. En 1830, Bre­guet fils vend au comte Charles de L’es­pine la pre­mière montre do­tée d’un re­mon­toir sans clé, au­jourd’hui plus com­mu­né­ment connu sous le nom de « cou­ronne ». La montre Bre­guet N° 4952 est ain­si équi­pée d’un « bou­ton mo­le­té » que l’on fait tour­ner entre le pouce et l’in­dex, de la gauche vers la droite jus­qu’à une bu­tée et qui rem­plit deux fonc­tions : re­mise à l’heure des ai­guilles et re­mon­tage de la montre. Le re­mon­toir mo­derne est né.

Au­jourd’hui en­core, Bre­guet n’a de cesse de per­pé­tuer l’es­prit pion­nier de son fon­da­teur en ré­vo­lu­tion­nant dif­fé­rentes fa­cettes de l’horlogerie. La Mai­son est no­tam­ment à l’ori­gine du pre­mier dis­po­si­tif à double fu­seau ho­raire ins­tan­ta­né. Bre­guet ré­in­ter­prète ici la montre de voyage et, grâce à cette fonc­tion, per­met d’af­fi­cher l’heure de deux fu­seaux ho­raires pré sé­lec­tion­nés en pas­sant de l’un à l’autre de ma­nière ins­tan­ta­née, par simple pres­sion sur un pous­soir.

Pa­ral­lè­le­ment, la Ma­nu­fac­ture se sert de la haute fré­quence pour ac­croître les per­for­mances du ba­lan­cier de cer­tains de ses mo­dèles. Ren­due pos­sible grâce à l’em­ploi de com­po­sants plus lé­gers fa­bri­qués en si­li­cium, l’aug­men­ta­tion de la fré­quence de l’os­cil­la­teur – at­tei­gnant 72'000 al­ter­nances par heure pour cer­tains garde-temps – confère aux montres une marche beau­coup plus pré­cise. L’uti­li­sa­tion du si­li­cium, élé­ment a ma­gné­tique, per­met en outre aux in­gé­nieurs de Bre­guet d’en­vi­sa­ger l’in­té­gra­tion d’ai­mants à l’in­té­rieur des mé­ca­nismes hor­lo­gers pour en amé­lio­rer les per­for­mances. C’est ain­si que le mo­dèle Clas­sique La Mu­si­cale se voit do­té du pre­mier ré­gu­la­teur ma­gné­tique de l’his­toire hor­lo­gère. Ce mé­ca­nisme in­gé­nieux écarte les ques­tions d’usure, de bruits pa­ra­sites et de be­soin de grande quan­ti­té d’éner­gie tout en of­frant une pré­ci­sion ac­crue.

L’in­tro­duc­tion de com­po­sants ma­gné­tiques pa­rais­sant jusque-là une hé­ré­sie hor­lo­gère ouvre de nou­veaux ho­ri­zons. Con­sé­quem­ment, le 9 no­vembre 2010, Bre­guet dé­pose le bre­vet consa­cré au pi­vot ma­gné­tique. Com­po­sée de deux contre-pi­vots in­té­grant un mi­cro-ai­mant par­ti­cu­liè­re­ment puis­sant à chaque ex­tré­mi­té de l’axe du ba­lan­cier, cette in­no­va­tion tech­no­lo­gique per­met no­tam­ment de créer un sys­tème dynamiquement stable qui se centre et se cor­rige de lui-même. En 2012, Bre­guet offre son pre­mier écrin à cette in­ven­tion sur­pre­nante. La Clas­sique Ch­ro­no­mé­trie, pré­sen­tant des ré­sul­tats de marche ex­cep­tion­nels, est dé­voi­lée.

La col­lec­tion Tra­di­tion de Bre­guet voit le jour en 2005. Lors de sa sor­tie, le mo­dèle 7027 est le pre­mier garde-temps contemporain à dé­voi­ler les or­ganes du mou­ve­ment au-des­sus de la pla­tine. Cette ar­chi­tec­ture ex­tra­or­di­naire qui offre le loi­sir d’ad­mi­rer les prin­ci­paux com­po­sants du mou­ve­ment po­si­tion­ne­ra ra­pi­de­ment la Tra­di­tion en tant qu’icône ab­so­lue. Au-de­là de cette ca­rac­té­ris­tique in­édite, les montres Tra­di­tion af­fichent une forte iden­ti­té gra­phique grâce à une ha­bile dis­po­si­tion, tout en sy­mé­trie, des com­po­sants du mou­ve­ment. La plu­part des mo­dèles com­portent un ba­rillet au centre, un ca­dran si­tué à 12 heures avec des ai­guilles en­traî­nées di­rec­te­ment de­puis le ba­rillet, un ba­lan­cier et des roues in­ter­mé­diaires for­mant un arc dont la por­tée s’étend de 4 à 8 heures. Le pare-chute – sys­tème de pro­tec­tion contre les chocs in­ven­té par Abra­ham-louis Bre­guet –, vi­sible sur bon nombre des créa­tions Tra­di­tion, contri­bue à leur re­con­nais­sance im­mé­diate et ancre à la fois la col­lec­tion dans l’his­toire qui l’a ins­pi­rée.

En 1796, Abra­ham-louis Bre­guet fi­na­lise un nou­veau mo­dèle de garde-temps, la montre de sous­crip­tion. De dia­mètre re­la­ti­ve­ment grand, à une seule ai­guille et ca­dran d’émail, elle est do­tée d’un mou­ve­ment spé­cial d’une grande sim­pli­ci­té pou­vant être pro­duit en quan­ti­té im­por­tante. Dans le pre­mier cha­pitre de son trai­té d’horlogerie, dont la ré­dac­tion dé­bu­te­ra une di­zaine d’an­nées avant sa mort, A.-L. Bre­guet dé­cri­ra la montre de sous­crip­tion en ces termes qui trouvent écho dans la ligne Tra­di­tion : « La dis­po­si­tion du mou­ve­ment est telle qu’un ama­teur de mé­ca­nique peut en suivre tous les ef­fets par le cô­té dé­cou­vert (…). » Sa com­mer­cia­li­sa­tion se­ra ba­sée sur le prin­cipe de la sous­crip­tion, ex­pli­qué par l’hor­lo­ger dans un pros­pec­tus pu­bli­ci­taire qu’il fe­ra im­pri­mer en 1797 : « Le prix des montres se­ra de 600 livres ; le quart de cette somme se paie­ra en sous­cri­vant (…). » L’ar­gent ain­si col­lec­té par avance ser­vi­rait à ache­ter les four­ni­tures né­ces­saires à ce qui res­semble fort à une pro­duc­tion en série. Fiable et d’un prix abor­dable, la montre de sous­crip­tion ren­con­tre­ra un vif suc­cès et at­ti­re­ra une clien­tèle nou­velle. Il s’en fa­bri­que­ra 700 exem­plaires en­vi­ron, à boîte d’or ou d’ar­gent. A.-L. Bre­guet uti­li­se­ra le ca­libre des montres de sous­crip­tion pour réa­li­ser ses pre­mières montres à tact trois ans plus tard.

Ca­rac­té­ri­sées par une flèche ex­té­rieure au boî­tier qui re­pro­duit la po­si­tion de l’ai­guille des heures et de douze re­pères saillants si­tués au­tour de la boîte, les montres à tact donnent la pos­si­bi­li­té d’une lec­ture de l’heure au tou­cher. La lec­ture conven­tion­nelle de l’heure s’ef­fec­tue à l’aide d’un ca­dran tra­di­tion­nel pour­vu de deux ai­guilles. De concep­tion ré­duite et ex­cen­tré sur cer­taines pièces, ce type de ca­drans se re­trouve sur les montres contem­po­raines Tra­di­tion, qui té­moignent d’une ex­cep­tion­nelle ca­pa­ci­té à in­no­ver. Un in­di­ca­teur de ré­serve de marche, un tour­billon à fu­sée, une ré­pé­ti­tion minutes tour­billon, un ch­ro­no­graphe indépendant, une fonc­tion GMT ou un af­fi­chage de la pe­tite se­conde ré­tro­grade sont au­tant de com­pli­ca­tions ve­nues en­ri­chir la ligne Tra­di­tion au fil des ans, en pa­ral­lèle à l’uti­li­sa­tion de ma­té­riaux ul­tra­mo­dernes comme le si­li­cium ou le ti­tane.

Le 27 oc­tobre 1815, Abra­ham-louis Bre­guet fut nom­mé Hor­lo­ger de la Ma­rine Royale par le roi de France Louis XVIII. Ce titre n’était pas uni­que­ment un sym­bole de re­con­nais­sance et de pres­tige mais une vé­ri­table fonc­tion pri­mor­diale pour le pays. En ef­fet, à cette époque, les chro­no­mètres de ma­rine étaient d’une im­por­tance ca­pi­tale pour les flottes puis­qu’ils per­met­taient de cal­cu­ler la po­si­tion des na­vires. Ils se de­vaient donc d’être pré­cis et de ré­sis­ter aux mou­ve­ments constants des ba­teaux. In­ves­ti par sa tâche, Bre­guet conçut de nom­breux chro­no­mètres de ma­rine ex­cep­tion­nels pour l’époque, mon­tés sur un boi­tier spé­cial fait de bois d’aca­jou ou de noyer. Grâce à un sys­tème de sus­pen­sion à car­dans, le chro­no­mètre pou­vait gar­der une po­si­tion ho­ri­zon­tale stable quelles que soient les cir­cons­tances. La col­lec­tion Ma­rine rend hom­mage à cette par­tie de l’his­toire de la Mai­son et ré­pond aux exi­gences de la clien­tèle ac­tuelle. D’al­lure spor­tive et ro­buste, les montres Ma­rine pré­sentent un de­si­gn contemporain tout en conser­vant cer­tains codes es­thé­tiques propres à la marque.

A l’oc­ca­sion du bi­cen­te­naire de la no­mi­na­tion de Bre­guet comme Hor­lo­ger de la Ma­rine Royale, la Ma­nu­fac­ture a réa­li­sé un ch­ro­no­graphe très exclusif, le mo­dèle Ma­rine Ch­ro­no­graphe « 200 ans de Ma­rine » 5823. Li­mi­té à 200 exem­plaires, ce garde-temps abrite un mou­ve­ment mé­ca­nique à re­mon­tage au­to­ma­tique et se dis­tingue par un boî­tier en pla­tine. Sa masse os­cil­lante en or, guillo­chée à la main, a quant à elle la par­ti­cu­la­ri­té d’être bi­co­lore noir et rho­dié. Le ca­dran noir mat en or af­fiche les heures et les minutes ain­si que les ai­guilles des se­condes et des minutes du ch­ro­no­graphe au centre. Cette édi­tion li­mi­tée est en outre pour­vue de deux comp­teurs, l’un à 9 heures pour l’af­fi­chage de la pe­tite se­conde, l’autre à 6 heures pour le dé­compte des heures du ch­ro­no­graphe. Un gui­chet de date si­tué éga­le­ment à 6 heures vient com­plé­ter l’en­semble de ces in­for­ma­tions. D’un dia­mètre de 42mm, ce garde-temps est li­vré sur un bra­ce­let en ca­ou­tchouc noir.

Louis Bre­guet re­pré­sente la cin­quième gé­né­ra­tion de la fa­mille de­puis l’ar­ri­vée en France en 1762 de son tri­saïeul Abra­ham-louis Bre­guet (1747-1823), membre de l’aca­dé­mie des sciences, qui a fait car­rière à Paris où, avec son fils Antoine-louis (1776-1858), il a por­té à son apo­gée l’art de l’horlogerie. Son grand-père Louis-clé­ment Bre­guet (1804-1883), membre de l’aca­dé­mie des sciences, a créé d’in­nom­brables ins­tru­ments élec­triques. Il a in­ven­té et construit un té­lé­graphe à ca­dran adop­té par de nom­breux pays ; il a mis au point plu­sieurs sys­tèmes de té­lé­com­mu­ni­ca­tion qui ont ac­cru la sé­cu­ri­té des che­mins de fer, et en re­con­nais­sance de ses nom­breux mé­rites, son nom fi­gure sur la tour Eif­fel. Son père, Antoine Bre­guet (1851-1882), po­ly­tech­ni­cien, un des in­gé­nieurs les plus pro­met­teurs de sa gé­né­ra­tion, a in­tro­duit en France le té­lé­phone de Bell avant de mou­rir pré­ma­tu­ré­ment à l’âge de 31 ans.

Na­tu­rel­le­ment des­ti­né à re­prendre les ac­ti­vi­tés fa­mi­liales dans le do­maine des té­lé­com­mu­ni­ca­tions et des mo­teurs élec­triques, l’ac­ti­vi­té hor­lo­gère ayant été cé­dée par son grand-père en 18701, Louis Bre­guet, fraî­che­ment di­plô­mé de l’école su­pé­rieure d’élec­tri­ci­té, sur­pren­dra les siens en se tour­nant ré­so­lu­ment vers la conquête de l’air. Si, en plus de l’horlogerie, le nom Bre­guet ré­sonne de ma­nière fa­mi­lière dans l’aé­ro­nau­tique, c’est à Louis Bre­guet (1880-1955), un des grands pion­niers de l’avia­tion mon­diale qu’on le doit, et lors­qu’on se de­mande si Abra­ham-louis Bre­guet et Louis Bre­guet étaient de la même fa­mille, la ré­ponse est po­si­tive.

Ré­su­mer la car­rière de Louis Bre­guet en quelques lignes n’est pas ai­sé, tant lui-même et la So­cié­té ano­nyme des ate­liers d’avia­tion Louis Bre­guet qu’il créa et ani­ma, de­ve­nue plus tard Bre­guet Avia­tion, furent des ac­teurs mar­quants du monde aé­ro­nau­tique pen­dant presque un siècle. In­gé­nieur et chef d’en­tre­prise, Louis Bre­guet est en­tré de son vi­vant dans l’his­toire, tri­ple­ment pour­rai­ton dire, pour son oeuvre de pion­nier de l’hé­li­co­ptère, pour sa contri­bu­tion ma­jeure à l’his­toire de l’avia­tion mi­li­taire et pour son rôle de bâ­tis­seur du trans­port aé­rien ci­vil2.

Con­çus dans les an­nées 1950 pour l’ar­mée de l’air et l’aé­ro­nau­tique Na­vale fran­çaises, les chro­no­graphes TYPE XX ont in­té­gré la col­lec­tion Bre­guet dans une ver­sion ci­vile contem­po­raine, avec un mou­ve­ment mé­ca­nique à re­mon­tage au­to­ma­tique. Leur style spor­tif et leurs ca­rac­té­ris­tiques in­édites ont d’em­blée conquis un pu­blic exi­geant à la re­cherche d’un pro­duit pur, ori­gi­nal et tech­nique. Équi­pée de la fa­meuse fonc­tion “Retour en vol” ou “Fly-back” par­ti­cu­lière à l’aé­ro­nau­tique, la ligne TYPE XX se dé­cline en ver­sions Aé­ro­na­vale et Trans­at­lan­tique, avec date.

Créer un garde-temps Bre­guet re­pose sur l’ou­vrage d’une tren­taine de mé­tiers ar­ti­sa­naux, re­pré­sen­ta­tifs du sa­voir-faire sé­cu­laire de la Mai­son. L’hor­lo­ger, qui joue un rôle es­sen­tiel dans la pro­duc­tion, n’est pas seul à par­ti­ci­per à la réa­li­sa­tion d’une montre. De nom­breux ar­ti­sans-dé­co­ra­teurs, sou­vent mé­con­nus, contri­buent à fa­çon­ner des garde-temps d’une ex­cep­tion­nelle beau­té.

Au XVIIIÈME siècle dé­jà, Abra­ham-louis Bre­guet at­tache une im­por­tance par­ti­cu­lière à la dé­co­ra­tion de ses oeuvres. Les garde-temps du cé­lèbre hor­lo­ger af­fichent tous dif­fé­rents mo­tifs qui re­haussent la beau­té tant de leur mou­ve­ment, que de leur boîte ou leur ca­dran. Mais les mo­ti­va­tions aux­quelles ré­pond ce tra­vail ar­tis­tique mi­nu­tieux s’ins­crivent avant tout dans un sou­ci de fonc­tion­na­li­té. Très sou­vent, la dé­co­ra­tion des montres per­met d’évi­ter leur ter­nis­se­ment pré­ma­tu­ré et re­mé­die à la fra­gi­li­té des sur­faces nettes ou po­lies fa­ci­le­ment su­jettes aux rayures, égra­ti­gnures et agressions de toutes sortes.

Avec les an­nées, la ten­dance a évo­lué : les consi­dé­ra­tions es­thé­tiques pré­valent au­jourd’hui sur les rai­sons pra­tiques à l’ori­gine de la dé­co­ra­tion des garde-temps. Outre la tech­nique, les ar­ti­sans Bre­guet, qu’ils soient an­gleurs, gra­veurs ou guillo­cheurs, mettent dé­sor­mais leurs compétences au ser­vice de la beau­té, tout en per­pé­tuant un sa­voir-faire an­ces­tral.

Par­mi ces tech­niques de fi­ni­tion, celle de gra­vure en re­lief, le guillo­chage, est très pri­sé des maîtres hor­lo­gers dès son ap­pa­ri­tion au Xvième siècle. D’abord uti­li­sé pour su­bli­mer la beau­té des boîtes, Abra­ham-louis Bre­guet in­tro­duit le guillo­chage sur le ca­dran des montres. Vé­ri­tables oeuvres d’art, les ca­drans Bre­guet té­moignent d’une in­fi­nie pa­tience au ser­vice d’une im­pres­sion­nante maî­trise tech­nique. Leur réa­li­sa­tion est ma­nuelle, se­lon des mé­thodes de tra­vail an­ces­trales, et la fi­nesse des dé­tails ré­sulte en­core au­jourd’hui de se­crets de fa­bri­ca­tion ja­lou­se­ment gar­dés. Le « guillo­ché » exé­cu­té à l’an­cienne sur un tour (pour les dé­cors cir­cu­laires) ou une ma­chine ligne droite (des­ti­née aux mo­tifs li­néaires) est sans conteste l’un des signes de re­con­nais­sance d’un garde-temps Bre­guet. D’abord lisse, le disque du ca­dran en or 18 ca­rats ou en nacre na­tu­relle est sculp­té au burin. Les «li­se­rés» alors ob­te­nus mettent en évi­dence les di­verses zones qui ac­cueille­ront les in­di­ca­tions du temps – ré­serve de marche, phases de lune, pe­tite se­conde, comp­teur de date, etc. Le ca­dran est alors prêt pour la dé­co­ra­tion, qui lui of­fri­ra une sur­face mate fi­ne­ment tex­tu­rée, exempte de re­flets, et dé­li­mi­te­ra les zones par des dé­cors va­riés – clou de Paris, flin­qué, grain d’orge, vague, vieux pa­nier, etc.

Pe­tit Tria­non

Pi­vots ma­gné­tiques

Bre­guet 14 et montre Type XXI

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.