Conflits au con­seil mu­ni­ci­pal de Browns­burg-Cha­tham

L'Argenteuil - - LA UNE - ALEXAN­DRA MONTMINY alexan­dra.montminy@eap.on.ca

À la suite de l’élec­tion par­tielle te­nue à Browns­burg-Cha­tham, le 22 mai dernier, les ci­toyens pen­saient en­fin avoir de l’uni­té à la table du con­seil mu­ni­ci­pal. Mais cette co­hé­sion a été de courte du­rée puisque de nou­veaux conflits se sont dé­cla­rés dès la séance de juin. La si­tua­tion a at­teint des sommets dis­pro­por­tion­nés, en­core une fois, lors de la séance du 6 sep­tembre dernier, alors que la mai­resse Ca­the­rine

Tri­ckey et le conseiller Louis Quevillon se sont re­ti­rés avant le dé­but de la réunion pu­blique.

En ef­fet, la mai­resse a quit­té avant le dé­but de l’as­sem­blée puis­qu’elle « n’était pas d’ac­cord avec les ajouts faits à l’ordre du jour quelques mi­nutes avant le dé­but de la réunion », se­lon ce qu’on peut lire dans un com­mu­ni­qué en­voyé le mar­di 13 sep­tembre par la prin­ci­pale in­té­res­sée. Par la suite, des ru­meurs ont cir­cu­lé cette se­maine à l’ef­fet qu’elle sou­hai­tait dé­mis­sion­ner de son poste de mai­resse de

la ville de Browns­burg-Cha­tham. « Je n’ai pas l’in­ten­tion de dé­mis­sion­ner (...) Je vais conti­nuer, car je le dois aux ci­toyens qui m’ont élue », a com­men­té Mme Tri­ckey, le 14 sep­tembre dernier.

Les trois points ajou­tés à l’ordre du jour de la séance du 6 sep­tembre dernier étaient une ré­so­lu­tion de blâme à l’égard de la mai­resse ain­si que deux ré­so­lu­tions afin de re­mettre sur pied le co­mi­té de Veille tech­no­lo­gique et du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, qui avait été abo­li à la séance de juin dernier.

Le blâme for­mu­lé à l’en­droit de la mai­resse lui re­pro­chait de gé­rer cer­tains dos­siers de fa­çon « uni­la­té­rale ». « Pu­bli­que­ment, la mai­resse est blâ­mée par rap­port à cette si­tua­tion », s’est pro­non­cé le di­rec­teur gé­né­ral de la ville de Browns­burg-Cha­tham. Se­lon le pré­sident de la séance pour l’oc­ca­sion, le conseiller Gilles Ga­lar­neau, les conseillers de­mandent seule­ment « plus de clar­té et de trans­pa­rence » de la part de la mai­resse.

De son cô­té, la mai­resse s’est dite sur­prise et bles­sée de la ré­so­lu­tion de blâme à son égard et a te­nu à ras­su­rer les ci­toyens au fait qu’elle « a tou­jours agi dans les in­té­rêts de la ville, à l’in­té­rieur du cadre lé­gal confé­ré aux maires, et (la mai­resse) n’a ja­mais re­fu­sé de trans­mettre de l’in­for­ma­tion aux membres du con­seil », peut-on lire dans le com­mu­ni­qué.

Réins­tau­ra­tion du co­mi­té de Veille tech­no­lo­gique et du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique

Lors de la séance de sep­tembre, il a éga­le­ment été dé­cré­té que le co­mi­té de Veille tech­no­lo­gique et du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique re­prenne ses ac­ti­vi­tés. Ce co­mi­té avait été pré­si­dé par le conseiller Mar­tin Char­ron pen­dant une du­rée d’en­vi­ron six mois, et ce, avant le dé­clen­che­ment de l’élec­tion par­tielle de mai dernier. Il a de nou­veau été nom­mé par le con­seil mu­ni­ci­pal afin de re­prendre les rênes du co­mi­té.

Lors de la pre­mière séance du nou­veau con­seil, le 7 juin dernier, ce co­mi­té avait été abo­li par les élus mu­ni­ci­paux. Lors de l’as­sem­blée de sep­tembre, cer­tains ci­toyens ont po­sé la ques­tion à sa­voir pour­quoi le co­mi­té a été re­mis en place seule­ment trois mois après avoir été re­ti­ré. « C’est un chan­ge­ment d’opi­nion, a ex­pli­qué le conseiller Ke­vin Bush. Lors du pre­mier vote en juin, je n’avais pas toutes les in­for­ma­tions exactes (à propos de ce co­mi­té) et main­te­nant, oui. Donc j’ai chan­gé d’idée », a-t-il dé­cla­ré lors de la séance du 6 sep­tembre dernier.

Une sa­ga qui dure de­puis trop long­temps

À la suite du re­trait du co­mi­té de Veille tech­no­lo­gique et du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, en juin dernier, le conseiller Mar­tin Char­ron avait fait part de son mé­con­ten­te­ment face à cette si­tua­tion. En ef­fet, alors qu’il tra­vaillait pour le co­mi­té, il avait su mettre ses contacts à pro­fit afin de ten­ter d’ame­ner des pro­mo­teurs à s’éta­blir dans la ville de Browns­burg-Cha­tham. Un frein a été mis à ses pro­jets lors de l’abo­li­tion du co­mi­té. S’en ait sui­vi une contro­verse qui a per­du­ré jus­qu’à ce jour, pre­nant tant la forme de lettres pu­bliées dans les jour­naux lo­caux que de ru­meurs dif­fu­sées par­mi les ci­toyens.

Le 11 juillet dernier, dans une en­tre­vue ac­cor­dée à notre jour­na­liste, M. Char­ron avait in­di­qué : « Je ne com­prends pas pour­quoi on ne veut pas par­ler des bonnes choses qui ont été faites dans notre ville (du­rant le temps où j’étais maire sup­pléant). D’ailleurs une des pre­mières ques­tions po­sées à la mai­resse lors de la tran­si­tion à la suite de l’élec­tion était de conti­nuer les dos­siers qui étaient dé­jà en place (…) Le co­mi­té de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, c’est moi qui l’ai créé à la Ville, c’est moi qui ai écrit ses rè­gle­ments. D’ailleurs, j’avais un man­dat très clair (da­té du 12 avril 2016) de la part du di­rec­teur gé­né­ral pour deux as­pects dont les mai­sons de per­sonnes âgées et le

dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal (...) Il n’y a pas de conflit de mon cô­té. Tout ce que je de­mande, c’est de conti­nuer mes man­dats et de conti­nuer à tra­vailler », avait-il conclu à l’époque.

De son cô­té, la mai­resse es­time que « le rôle de conseiller n’en est pas un de cour­tier, mais de représentant de la po­pu­la­tion », ce qu’a éga­le­ment af­fir­mé le conseiller Ga­lar­neau lors de la séance. « Je ne doute pas de l’in­té­gri­té de M. Char­ron, mais je ne crois pas que ce soit le man­dat d’un conseiller », a-t-il dé­cla­ré.

Un ci­toyen a sou­li­gné l’ap­pa­rence de conflit d’in­té­rêt dans cette his­toire, mais le di­rec­teur gé­né­ral a ap­por­té quelques pré­ci­sions. « Se­lon nos conseillers ju­ri­diques, un conseiller mu­ni­ci­pal peut ré­fé­rer des pro­mo­teurs (…) afin de ve­nir s’éta­blir à Browns­burg-Cha­tham. C’est là que s’ar­rête son man­dat ; ré­fé­rer des pro­mo­teurs po­ten­tiels », a-t-il ex­pli­qué.

La mai­resse a dit avoir trou­vé cette épreuve dif­fi­cile, mais elle es­time s’en sor­tir plus forte. « Je tra­vaille pour les ci­toyens et j’aime mon tra­vail. Je vais conti­nuer pour eux », a-t-elle conclu.

—photo d’ar­chives

Le con­seil mu­ni­ci­pal de Browns­burg-Cha­tham.

—photo d’ar­chives

La mai­resse de Browns­burg-Cha­tham, Ca­the­rine Tri­ckey.

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