Une sai­son en dents de scie pour les agri­cul­teurs

L'Argenteuil - - ACTUALITÉS - KRIS­TI­NA SER­VANT kris­ti­na.ser­vant@eap.on.ca

Les tem­pé­ra­tures qu’ont connues le Québec et l’est de l’On­ta­rio le prin­temps der­nier ont eu une in­ci­dence sur les ré­coltes cette an­née.

Les tem­pé­ra­tures froides et les abon­dantes pré­ci­pi­ta­tions de pluie qu’a connues la ré­gion entre avril et juin ont re­tar­dé les se­mis des agri­cul­teurs.

« Je suis une se­maine plus tard que la nor­male, mais mon ter­rain est ro­cheux, donc ça aide un peu » a ex­pli­qué John McCart, pré­sident de l’As­so­cia­tion qué­bé­coise des agri­cul­teurs et pré­sident du syn­di­cat de l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA) pour la ré­gion d’Ar­gen­teuil, ren­con­tré sur sa ferme de maïs et de soya si­tuée à Gren­vil­le­sur-la-Rouge.

Ce re­tard de se­mis a pour consé­quence une perte de la qua­li­té dans les ré­coltes, no­tam­ment des épis de maïs plus pe­tits lors des pre­mières ré­coltes, à la fin juillet. Ce­pen­dant, la si­tua­tion s’est amé­lio­rée.

« Tu as quand même per­du deux ou trois se­maines pour avoir la chance de te faire de l’ar­gent avec ! » a men­tion­né le pro­duc­teur agri­cole.

Éga­le­ment, cer­tains types de récolte, comme le concombre, le chou et le chou­fleur, étaient plus à risque de contrac­ter des ma­la­dies et des cham­pi­gnons, compte te­nu de l’hu­mi­di­té des sols. C’est la tem­pé­ra­ture qui dé­ter­mine le suc­cès ou non de la sai­son, car chaque an­née, les agri­cul­teurs com­mandent les mêmes se­mences et les mêmes en­grais. Dame Na­ture s’oc­cupe du reste.

En plus d’avoir du re­tard, cer­tains agri­cul­teurs mal­chan­ceux ont vu leur récolte dé­truite du­rant le mois de juillet ou août, en­core à cause de la tem­pé­ra­ture.

« La grêle a éga­le­ment af­fec­té des pro­duc­teurs dans cer­taines ré­gions du Québec, no­tam­ment à Na­pier­ville le mois der­nier, a ajou­té M. McCart. Cet agri­cul­teur a per­du en­vi­ron 400 acres de ses ré­coltes en une quin­zaine de mi­nutes. »

Des so­lu­tions pos­sibles

Mal­gré tout, il est pos­sible pour les agri­cul­teurs de li­mi­ter les dé­gâts cau­sés par dame Na­ture et de mi­ni­mi­ser la perte de re­ve­nus.

« J’ai par­lé avec un pro­duc­teur de lé­gumes bio­lo­giques de la ré­gion d’Ar­gen­teuil et lui-même ac­cuse un re­tard d’une ou deux se­maines sur cer­tains lé­gumes. Ce­pen­dant, il a une di­ver­si­té sur ses terres, donc cer­tains lé­gumes qu’il cultive aiment la pluie. C’est idéal pour ré­gler les impacts d’une sai­son comme cette an­née », a in­di­qué John McCart.

Il est éga­le­ment pos­sible pour des agri­cul­teurs de rat­tra­per leurs pertes en re­fai­sant des se­mis au cours de l’été avec des cultures qui poussent plus ra­pi­de­ment.

De­puis quelques dé­cen­nies, des agri­cul­teurs ont mis en place des sys­tèmes d’ir­ri-

ga­tion et de drai­nage pour contrô­ler les foudres de dame Na­ture. Dans le cas d’une sai­son de sé­che­resse, le sys­tème d’ir­ri­ga­tion per­met d’em­me­ner l’eau sur les terres agri­coles. Ce sys­tème est lar­ge­ment uti­li­sé pour les cultures de lé­gumes. Dans le cas d’une sai­son de pluie abon­dante, le sys­tème de drai­nage sou­ter­rain per­met d’éli­mi­ner l’eau du sol jus­qu’à une cer­taine li­mite.

Si­tua­tion si­mi­laire dans l’Est on­ta­rien

Il n’y a pas qu’au Québec où les ré­coltes ont été af­fec­tées au cours de l’été 2017, dans l’Est on­ta­rien éga­le­ment.

Se­lon Ré­jean Pom­main­ville, di­rec­teur pro­vin­cial de la Fé­dé­ra­tion des agri­cul­teurs de l’On­ta­rio (FAO) pour les sec­teurs de Stor­mont, Glen­gar­ry, Pres­cott et Rus­sell, la ré­gion a éga­le­ment été vic­time des nuits fraîches et de la pluie abon­dante. Dans son sec­teur, des re­tards ont aus­si été no­tés.

La récolte du foin dans ce sec­teur a aus­si été re­tar­dée; la pre­mière coupe a été faite der­niè­re­ment et la qua­li­té est mé­diocre.

« C’est dom­mage, mais cette an­née dame Na­ture ne co­opère pas », a fait re­mar­quer M. Pom­main­ville.

Du cô­té de Saint-Al­bert, le pro­duc­teur de maïs et de soya, Marc La­flèche, a in­di­qué que la si­tua­tion dé­pend des ré­gions, de la quan­ti­té de pluie re­çue et de la com­pac­tion du ter­rain. Dans sa ré­gion, le drai­nage des ter­rains de plu­sieurs agri­cul­teurs a bien fonc­tion­né mais à Cas­sel­man, M. La­flèche

a consta­té qu’il y avait des pe­tits lacs un peu par­tout sur les terres agri­coles, parce que la terre était trop com­pacte.

Du cô­té d’Al­fred et de Le­faivre, l’agri­cul­ture est plus dif­fi­cile cette an­née à cause du ter­rain ar­gi­leux dans cette ré­gion, se­lon Marc La­flèche.

Bref, un dé­but de sai­son dif­fi­cile pour les agri­cul­teurs mais les belles tem­pé­ra­tures de­puis mi-juillet ont per­mis de rat­tra­per cer­taines ré­coltes…si dame Na­ture ne com­met pas de foudres !

—pho­to Kris­ti­na Ser vant

Un prin­temps froid et des pluies abon­dantes ont cau­sé bien des maux de tête aux agri­cul­teurs. En ef­fet, la plu­part des pro­duc­teurs ont connu des re­tards dans les se­mis ou ont vu la qua­li­té de leur récolte di­mi­nuer. Cer­tains agri­cul­teurs ont per­du leur récolte en­tière en l’es­pace de 15 mi­nutes dans cer­taines ré­gions du Québec. Heu­reu­se­ment, les tem­pé­ra­tures plus agréables de­puis la mi-juillet ont per­mis à cer­tains d’entre eux de rat­tra­per les pertes.

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