L’aven­ture amé­ri­caine de Ja­son Char­ron

L'Argenteuil - - PORTRAIT - KRIS­TI­NA SER­VANT kris­ti­na.ser­vant@eap.on.ca —pho­to four­nie

Le lan­ceur Ja­son Char­ron, âgé de 18 ans et dont la fa­mille vit tou­jours dans Ar­gen­teuil, vient de quit­ter le Ca­na­da pour pour­suivre ses études aux États-Unis et par­faire sa tech­nique dans son sport. Ja­son Char­ron a 18 ans. Il est né à Lachute et a vé­cu dans la ré­gion jus­qu’à l’âge de cinq ans, mo­ment où ses pa­rents ont dé­mé­na­gé à Saint-Jé­rôme. Sa fa­mille vit tou­jours dans Ar­gen­teuil et de­puis quelques jours, un seul mot est sur les lèvres de la fa­mille : fier­té.

C’est que le jeune homme vient tout juste de quit­ter le Ca­na­da pour pour­suivre ses études aux États-Unis, au McCook Com­mu­ni­ty Col­lege, si­tué dans un pe­tit vil­lage de moins de 8000 ha­bi­tants au Ne­bras­ka, afin de par­faire son ba­se­ball. Il va ten­ter, dans les pro­chains jours, d’ob­te­nir un poste dans l’uni­forme des In­dians de McCook, dans la ligue NJCAA Di­vi­sion 1.

Ja­son Char­ron se­ra dans cette école pour les deux pro­chaines an­nées puis­qu’il s’agit d’un col­lège ju­nior. Il au­ra donc deux ans pour se faire ap­pro­cher par une uni­ver­si­té pour pour­suivre en sport-études au ba­se­ball dans la NCAA.

Une adap­ta­tion dif­fi­cile pour les pa­rents, qui ont vu leur unique en­fant quit­ter vers un nou­veau pays. « Ça prend des pi­lules ! Des Toms et du Ga­vis­con », ont ad­mis ses pa­rents, Alain Char­ron et Di-Ann Moore, en ri­go­lant.

Ce­pen­dant, les pa­rents et la grand-mère sont fiers de leur lan­ceur pré­fé­ré et de son choix d’aven­ture. D’ailleurs, se­lon son père,

ça fai­sait de nom­breuses an­nées que l’idée de quit­ter vers les États-Unis pour conti­nuer ses études et s’amé­lio­rer dans son sport mi­jo­tait dans la tête de son gar­çon.

De nom­breuses ex­pé­riences

Mal­gré son jeune âge, le lan­ceur a vé­cu de nom­breuses ex­pé­riences que pas tous les joueurs de ba­se­ball ont eu la chance de vivre. À l’âge de 16 ans, il a quit­té le nid fa­mi­lial pour s’ins­tal­ler à Trois-Ri­vières afin de faire par­tie de l’équipe des Dra­gons du Col­lège La­flèche dans le pro­gramme sport-études.

« Ça l’a ai­dé un peu, le fait qu’il aille deux ans à Trois-Ri­vières », a men­tion­né sa grand­mère, Mo­nique Char­ron, en ré­fé­rence à son dé­part au Ne­bras­ka.

En 2017, il a re­joint la Ligue de ba­se­ball ju­nior élite du Québec (LBJEQ), la plus haute ca­té­go­rie au Québec, en jouant pour les Bi­sons Des­jar­dins de Saint-Eus­tache. Les joueurs sont âgés de 18 à 22 ans et peuvent res­ter cinq ans dans la ligue. Ce­pen­dant, il avait joué dans cette ligue en fin de sai­son 2016 alors qu’il n’avait que 17 ans !

En juillet der­nier, il a eu l’oc­ca­sion de jouer contre l’Équipe na­tio­nale ju­nior de Cu­ba, alors que l’équipe cu­baine était en tour­née au Québec pour se pré­pa­rer pour les Cham­pion­nats mon­diaux de ba­se­ball.

En août der­nier, il a eu la chance de lan­cer un match com­plet lors du Cham­pion­nat ca­na­dien ju­nior de ba­se­ball à Ga­ti­neau, en re­pré­sen­tant l’équipe Québec. Comme il de­vait quit­ter pour les États-Unis le lende- main, il n’a par­ti­ci­pé qu’à un seul match, qui a ce­pen­dant per­mis de don­ner la vic­toire à Québec contre l’On­ta­rio cette jour­née-là.

Plu­sieurs Qué­bé­cois aux États-Unis

De nom­breux jeunes ath­lètes du Québec quittent le pays pour étu­dier aux États-Unis. Cette an­née, une cin­quan­taine de joueurs de ba­se­ball du Québec ont pris la di­rec­tion de nos voi­sins du sud pour se par­faire et es­pé­rer faire car­rière dans la Ligue ma­jeure de ba­se­ball.

« Cer­tains y re­tournent pour une deuxième ou une troi­sième an­née, a ajou­té Alain Char­ron, le père de Ja­son, pour d’autres c’est leur pre­mière an­née. »

« Le ba­se­ball n’est pas notre sport. Ici, c’est le ho­ckey, a com­men­té Di-Ann Moore, la mère de Ja­son. Là-bas (aux États-Unis), c’est leur sport. »

Le père de Ja­son a éga­le­ment ex­pli­qué que si le joueur sou­haite se faire voir par une uni­ver­si­té amé­ri­caine, il doit jouer aux États-Unis. Les re­cru­teurs sportifs ne vien­dront pas au Québec ou au Ca­na­da voir les jeunes ta­lents. C’est donc une des rai­sons qui poussent de nom­breux jeunes à po­ser leurs va­lises aux États-Unis. Chaque fois que l’équipe se rend dans un col­lège pour af­fron­ter une équipe, des dé­pis­teurs du NCAA sont pré­sents. Il est donc fa­cile pour les joueurs de se faire voir par un des dé­pis­teurs et se voir of­frir une bourse d’une uni­ver­si­té amé­ri­caine.

« J’ai hâte à Noël ! », a confié sa mère, car le jeune homme re­vien­dra au pays pen­dant en­vi­ron un mois. Les pa­rents ont aus­si l’in­ten­tion de se rendre au Ne­bras­ka pour dé­cou­vrir la nou­velle vie du jeune homme.

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