L’HAL­LO­WEEN DANS LES GÈNES

Des per­son­nages ef­frayants au pre­mier de­gré, dans un dé­cor étrange à faire dé­ta­ler à la vi­tesse grand V l’homme le plus cou­ra­geux : c’est la mai­son han­tée de Steve O’Brien qui fait fris­son­ner de peur à Browns­burg-Cha­tham.

L'Argenteuil - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC HOUNTONDJI fre­de­ric.hountondji@eap.on.ca

Des per­son­nages ef­frayants au pre­mier de­gré, dans un dé­cor étrange à faire dé­ta­ler à la vi­tesse grand V l’homme le plus cou­ra­geux : c’est la mai­son han­tée à Browns­burg-Cha­tham, en­tiè­re­ment réa­li­sée par

l’an­cien Olym­pien Steve O’Brien. À 53 ans, cet Ar­gen­teuillois a choi­si de re­tom­ber en en­fance à chaque Hal­lo­ween, et voi­là 30 ans que ce­la dure.

À chaque édi­tion, l’homme, qui est aus­si pré­sident d’une fon­da­tion qui porte son nom, met quatre à cinq se­maines pour écha­fau­der, dans les moindres dé­tails, son chef-d’oeuvre qui a dé­jà drai­né dans le pas­sé quelque 1000 per­sonnes, à ses dires. Dans son agen­da, oc­tobre ne rime qu’avec une seule ac­ti­vi­té : la fête de l’Hal­lo­ween. Ne cher­chez donc pas à bou­cler dans ce mois un autre ren­dez-vous avec lui, s’il ne s’agit pas de cette fête-là. C’est juste un con­seil d’ami.

« Moi, je ne prends pas de ren­dez-vous au mois d’oc­tobre parce que je veux faire ce que j’aime, c’est une pas­sion. Je suis comme un en­fant, je m’amuse à faire ça. La der­nière fois, j’ai fi­ni de pré­pa­rer les af­faires, la bou­cane et le reste, à mi­nuit et de­mi. On a mis beau­coup, beau­coup de temps à faire ça. Ce n’est pas comme si je tra­vaillais, c’est une pas­sion », a ra­con­té le quin­qua­gé­naire, les yeux étin­ce­lants d’une rare joie de vivre.

Pas­sion­né

Cinq se­maines de dur la­beur pour construire un uni­vers hors du com­mun, pris en otage par les clowns, les sor­cières, les fan­tômes et autres vam­pires qui ont soif de don­ner la chair de poule aux vi­si­teurs, dans un ca­fouillis bien pen­sé de sque­lettes, de crânes, de cer­cueils, de mo­mies, de hur­le­ments, de sons, de lu­mières…Et tout ce­la juste pour un jour. C’est pour­tant loin de faire bais­ser la pous­sée de fièvre hal­lo­wee­nesque de Steve.

« L’Hal­lo­ween dure une jour­née, ça ne dure pas une se­maine comme Noël et les gens me demandent : ‘‘Ce­la vaut-il la peine ?’’ Oui, ça vaut vrai­ment la peine. Je pas­sais en­core l’Hal­lo­ween à l’âge de 20 ans, ma mère a 77 ans et passe en­core l’Hal­lo­ween », a-t-il dit avec en­thou­siasme.

Ber­nard Mal­lette

Il n’en­tend re­cu­ler de­vant rien pour per­pé­tuer la tra­di­tion, et ce­ci en hom­mage à son ami Ber­nard Mal­lette dé­cé­dé en 2012. Il était lui aus­si un fé­ru de la fête avec une sa­crée mai­son han­tée, dans la même ville. Il a beau­coup ins­pi­ré Steve.

« C’était un gé­nie d’idées, j’étais tom­bé en amour avec ce gars. Quand il est dé­cé­dé, j’étais al­lé voir son épouse pour lui de­man­der si la tra­di­tion al­lait conti­nuer et elle m’a ré­pon­du ‘‘non’’. J’étais tel­le­ment dé­çu et je me suis dit qu’on al­lait conti­nuer la tra­di­tion en l’hon­neur de Ber­nard », a-t-il rap­por­té, tout en nous mon­trant les pho­tos du dé­funt et de sa mai­son han­tée.

Il a alors ra­che­té la col­lec­tion d’ob­jets de M. Mal­lette pour en­ri­chir sa dé­co­ra­tion et mieux amu­ser les vi­si­teurs. Cette année en­core, ceux-ci, es­ti­més à en­vi­ron 400, n’ont pas bou­dé leur plai­sir de la peur. Steve O’Brien, avec l’aide du Club Op­ti­miste de Browns­burg-Cha­tham, qui a of­fert du cho­co­lat chaud, du ca­fé, des bon­bons et de la barbe à pa­pa, leur a fait vi­si­ter les coins et re­coins de sa mai­son han­tée.

Il es­père avoir réus­si à com­mu­ni­quer à la foule de cu­rieux sa pas­sion, lui qui est de­ve­nu un mor­du de l’Hal­lo­ween grâce aux films d’hor­reur, dont il a ci­té en quelques mi­nutes une ky­rielle de titres, sans que la langue lui ait four­ché une fois.

La mai­son han­tée de Steve O’Brien, le jour

—pho­tos Fré­dé­ric Hountondji

Steve O’Brien dans la grange de sa mai­son han­tée

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