EVE­LYNE BER­GE­RON

L'Argenteuil - - ACTUALITÉS - Eve­lyne.ber­ge­ron@eap.on.ca —photo Bri­gitte Tho­mas

Que des par­ti­cu­liers puissent gar­der en cap­ti­vi­té un ani­mal sau­vage, comme un cerf de Vir­gi­nie par exemple, re­lève d’une très rare ex­cep­tion.

C’est ce que le mi­nis­tère des Fo­rêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a te­nu à rap­pe­ler à la suite de la pu­bli­ca­tion de l’ar­ticle Un an plus tard, May file le par­fait bon­heur, dans notre nu­mé­ro du 8 dé­cembre. Fré­dé­rick Le­lièvre, bio­lo­giste au MFFP, af­firme qu’il n’est gé­né­ra­le­ment pas sou­hai­table que des ani­maux sau­vages soient gar­dés en cap­ti­vi­té. « Ce­ci s’ex­plique prin­ci­pa­le­ment en rai­son des risques de sé­cu­ri­té et de santé, tant pour les ani­maux que pour les ci­toyens », a-t-il in­for­mé lors d’une conver­sa­tion té­lé­pho­nique plus tôt cette se­maine.

M. Le­lièvre sou­tient que les gens ne sont pas tou­jours conscients du réel dan­ger que peut re­pré­sen­ter la garde d’un ani­mal sau­vage. Dans l’exemple du cerf de Vir­gi­nie, il ex­plique que les mâles peuvent être très dan­ge­reux en pé­riode de rut.

« Ils peuvent consi­dé­rer l’homme comme un ri­val. C’est d’au­tant plus vrai lors­qu’ils ont gran­di au­près d’eux », a-t-il ex­po­sé. Il ajoute que les ani­maux sau­vages gar­dés en cap­ti­vi­té ont be­soin de soins par­ti­cu­liers. Ain­si, il af­firme que les per­sonnes qui tentent de May, la biche de Went­worth-Nord, re­pré­sente une ex­cep­tion à la règle de la garde des ani­maux sau­vages en cap­ti­vi­té. On la voit ici s’amu­sant avec son maître, Yves Mar­tel. prendre soin d’un ani­mal sau­vage n’ont pas gé­né­ra­le­ment les connais­sances ni les com­pé­tences, pour y par­ve­nir adé­qua­te­ment.

« Sou­vent, des gens nous ap­pellent pour nous dire qu’ils ont trou­vé un ani­mal aban­don­né. Or, trop sou­vent, ces gens se trouvent à avoir kid­nap­pé l’ani­mal plu­tôt que de le

sau­ver. » Fré­dé­rick Le­lièvre ex­plique que cer­tains ani­maux ont comme tech­nique de pro­tec­tion de lais­ser leurs bé­bés seuls, ca­mou­flés dans les herbes, et par­fois même dis­per­sés, afin de li­mi­ter les risques d’at­taques. C’est le cas no­tam­ment des cerfs de Vir­gi­nie et des lièvres. Ain­si, il re­com­mande aux gens de ne pas prendre trop d’ini­tia­tives lors­qu’ils trouvent un ani­mal. « Le mieux est sou­vent de ne rien faire », a-t-il es­ti­mé.

M. Le­lièvre re­con­naît que cer­tains per­mis par­ti­cu­liers peuvent être dé­li­vrés pour la garde en cap­ti­vi­té d’ani­maux sau­vages, mais ce sont ha­bi­tuel­le­ment des or­ga­nismes ou des en­tre­prises spé­cia­li­sés qui en sont dé­ten­teurs. Par exemple, ces per­mis peuvent

Dans le cas de Bri­gitte Tho­mas et Yves Mar­tel, qui se sont vu ac­cor­der un per­mis spé­cial pour la garde en cap­ti­vi­té de leur biche May, Fré­dé­rick Le­lièvre rap­pelle que le dos­sier a fait l’ob­jet d’une ana­lyse très poin­tue. Cer­tains élé­ments ont joué en fa­veur du couple Tho­mas-Mar­tel, comme le fait qu’il s’agisse d’une fe­melle, que l’ani­mal ait été trou­vé dans la même ré­gion, qu’elle re­çoive de très bons soins et qu’elle bé­né­fi­cie de grandes ins­tal­la­tions. M. Le­lièvre in­siste sur le fait qu’il s’agisse là d’une si­tua­tion hors norme.

Si­non, les ci­toyens qui sou­haitent adop­ter un ani­mal sau­vage peuvent se ra­battre sur plu­sieurs es­pèces au­to­ri­sées, comme de nom­breux ani­maux exo­tiques ven­dus en ani­ma­le­rie, et cer­taines autres es­pèces in­di­gènes comme la gre­nouille verte, le oua­oua­ron, la cou­leuvre rayée ou en­core l’écu­reuil gris.

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