DES VI­DÉOS SUR FA­CE­BOOK FONT JA­SER

L’eau a eu le temps de re­prendre son cours nor­mal, mais plu­sieurs si­nis­trés des inon­da­tions du prin­temps 2017 n’en ont pas fi­ni avec leurs dos­siers d’in­dem­ni­sa­tion.

L'Argenteuil - - ACTUALITÉS - EVE­LYNE BER­GE­RON eve­lyne.ber­ge­ron@eap.on.ca

Si la ma­jo­ri­té des per­sonnes suivent la voie tra­di­tion­nelle pour faire che­mi­ner leur dos­sier au­près du gou­ver­ne­ment, d’autres tentent de faire bou­ger les choses en at­ti­rant l’at­ten­tion mé­dia­tique. Le wee­kend der­nier, une si­nis­trée de la ter­rasse Ro­billard à Saint-An­dré-d’Ar­gen­teuil, Anne-Ma­rie For­get, pu­bliait sur sa page Fa­ce­book deux vi­déos re­ven­di­ca­trices de son gendre, Alexandre Ca­sa­vant. Ce­lui-ci an­non­çait qu’il en­ta­mait une grève de la faim à l’in­té­rieur de la maison si­nis­trée jus­qu’à ce que le gou­ver­ne­ment vienne en aide à ses beaux-pa­rents. Dans ces vi­déos, on voit M. Ca­sa­vant à l’in­té­rieur de la maison sans mur, sans iso­la­tion, sans plan­cher. Mar­di der­nier, les vi­déos avaient été vues par près de 180 000 in­ter­nautes et par­ta­gées plus de 6600 fois. Elles avaient aus­si réus­si à at­ti­rer l’at­ten­tion de cer­tains mé­dias na­tio­naux. Pour le maire de Saint-An­dré-d’Ar­gen­teuil, Marc-Oli­vier La­belle, cette fa­çon de faire est re­gret­table. In­ter­pel­lé au cours de la fin de se­maine, M. La­belle est al­lé à la ren­contre des pro­prié­taires. Il a aus­si ren­con­tré M. Ca­sa­vant. Le dé­pu­té d’Ar­gen­teuil, Yves StDe­nis, est aus­si in­ter­ve­nu. L’avan­ce­ment du dos­sier a été ana­ly­sé. Bref, les prin­ci­paux ac­teurs se sont mo­bi­li­sés. « Ils nous au­raient ap­pe­lés pour une ren­contre (plu­tôt que de pu­blier des vi­déos), nous au­rions agi de la même fa­çon, a dé­cla­ré le maire La­belle en en­tre­vue. Là, toute l’éner­gie et tout le temps qu’on met à gé­rer la si­tua­tion, on ne les met pas pour faire avan­cer leur dos­sier et ce­lui des autres si­nis­trés », a-t-il dé­plo­ré. Il re­con­naît tout de même les la­cunes du sys­tème. « C’est vrai que c’est trop long, c’est vrai que c’est com­pli­qué, c’est vrai qu’il y a trop de monde d’im­pli­qué, mais quand bien même on chia­le­rait pen­dant un an… Mon but, c’est que leur si­tua­tion et celle de tous les autres si­nis­trés soient ré­glées », a-t-il dé­cla­ré. Même son de cloche du cô­té du dé­pu­té. « Ça ne va pas as­sez vite à mon goût, a-t-il ad­mis. Mais il faut se rap­pe­ler que les inon­da­tions du prin­temps, c’est du ja­mais vu au Qué­bec. Ça a un ca­rac­tère ex­cep­tion­nel. » Les deux élus se sont mon­trés com­pré­hen­sifs quant à la ré­ac­tion émo­tive de M. Ca­sa­vant pour la cause de ses beaux-pa­rents. Ce­ci dit, ils ne com­prennent pas la rai­son de cette sor­tie mé­dia­tique alors que le dos­sier che­mi­nait, se­lon eux, plu­tôt bien. Mar­di, le Jour­nal de Mon­tréal écri­vait «Un si­nis­tré du prin­temps der­nier veut que Qué­bec verse l’ar­gent pro­mis ». Pour­tant, Yves St-De­nis a af­fir­mé que les sommes au­to­ri­sées dans ce dos­sier avaient dé­jà été ver­sées ou si­non au­to­ri­sées avant même la pu­bli­ca­tion des vi­déos. Il in­dique qu’en date du 30 jan­vier, An­neMa­rie For­get et son conjoint avaient re­çu plus de 92 % du mon­tant pro­mis du gou­ver­ne­ment. Ce­ci est sans comp­ter l’aide fi­nan­cière pour l’hé­ber­ge­ment qui leur est ac­cor­dée de­puis le mois d’avril. La ba­lance de l’in­dem­ni­sa­tion leur a été confir­mée mar­di et de­vrait leur par­ve­nir d’ici les deux pro­chaines se­maines. « On est content ! On va être en me­sure de faire ce qu’il y a à faire pour ré­in­té­grer notre maison », a dé­cla­ré Mme For­get en en­tre­vue té­lé­pho­nique mar­di soir. La même soi­rée, Alexandre Ca­sa­vant pu­bliait une der­nière vi­déo, de re­tour chez lui, an­non­çant que le dos­sier était ré­glé, et ce, « grâce à tous ceux qui ont li­ké, tous ceux qui ont par­ta­gé et tous ceux qui ont vu les vi­déos ». Mme For­get re­con­naît qu’il y avait dé­jà un bon bout de che­min de fait dans son dos­sier avant la sor­tie pu­blique de son gendre. Mais se­lon elle, les choses com­men­çaient à traîner du cô­té du mi­nis­tère. « Le but était de son­ner la cloche », a-t-elle in­di­qué. Comme son gendre, elle es­time que les vi­déos peuvent avoir eu un ef­fet sur l’is­sue du dos­sier.

—pho­to Ar­chives

La ter­rasse Ro­billard à Saint-An­dré-d’Ar­gen­teuil est un sec­teur qui été du­re­ment tou­ché par les inon­da­tions du prin­temps 2017.

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