NÉ­GO­CIA­TIONS DIF­FI­CILES CHEZ AU­TO­BUS CAMPEAU

Le syn­di­cat des Team­sters chez Au­to­bus Campeau ac­cuse la com­pa­gnie de trans­port sco­laire d’in­ti­mi­da­tion en­vers ses sa­la­riés.

L'Argenteuil - - LA UNE - EVELYNE BER­GE­RON evelyne.ber­ge­ron@eap.on.ca

Bien qu’au­cune grève ne soit pré­vue pour le mo­ment dans le sec­teur d’Ar­gen­teuil, le pro­prié­taire de l’en­tre­prise, Jacques Campeau, a tout de même fait par­ve­nir à tous ses chauf­feurs d’au­to­bus une lettre dont l’ob­jet est un pré­avis de mise à pied.

« La pré­sente et (sic) pour vous avi­ser qu’en rai­son de la pos­si­bi­li­té de grève gé­né­ral illi­mi­té (sic) qui touche votre ac­cré­di­ta­tion syn­di­cale, nous sommes dans l’obli­ga­tion de vous pré­sen­ter votre pré­avis de mise à pied », peut-on lire dans cette lettre.

Le porte-pa­role du syn­di­cat des Team­ster Sté­phane La­croix, qui re­pré­sente les chauf­feurs d’Au­to­bus Campeau, a in­di­qué à notre jour­nal que des né­go­cia­tions sont en cours de­puis quelques se­maines entre les tra­vailleurs et l’em­ployeur. Il a in­di­qué que ces né­go­cia­tions n’avaient pas avan­cé ra­pi­de­ment, mais que « les tra­vailleurs étaient confiants de trou­ver un ter­rain d’en­tente ». Ce­la dit, les chauf­feurs du sec­teur de La­chute ont vo­té à forte ma­jo­ri­té, si ce n’est à la ma­jo­ri­té se­lon des uni­tés d’ac­cré­di­ta­tion syn­di­cales, un man­dat de grève. « Le but était de mettre un peu plus de pres­sion sur la table des né­go­cia­tions pour que les choses ac­cé­lèrent », a in­di­qué M. La­croix. Au mo­ment de mettre sous presse, ces membres n’avaient pas l’in­ten­tion d’exer­cer leur droit de grève. M. La­croix a in­di­qué que les tra­vailleurs sou­hai­taient don­ner une der­nière chance aux né­go­cia­tions, contrai­re­ment à leurs col­lègues de l’Ou­taouais qui sor­ti­ront les pi­quets de grève lun­di, si les pour­par­lers n’avancent pas. Main­te­nant, M. La­croix a té­moi­gné que la lettre en­voyée par Jacques Campeau à ses em­ployés pour­rait faire mon­ter le ton au­tour de la table des né­go­cia­tions. « C’est très mal ac­cueilli par les tra­vailleurs, a-t-il dé­cla­ré. La di­rec­tion d’Au­to­bus Campeau uti­lise la même tac­tique de bul­lying pour contraindre les tra­vailleurs à ac­cep­ter les offres qui ont été mises sur la table au cours des der­niers jours, des der­nières se­maines. »

C’est la ré­mu­né­ra­tion qui est au coeur du li­tige. Le syn­di­cat des Team­sters dé­plore no­tam­ment les aug­men­ta­tions sa­la­riales de 1 % à 1,5 % ac­cor­dées aux chauf­feurs d’au­to­bus, alors que le taux d’in­fla­tion de 2017 se si­tue à 1,8 %. M. La­croix a aus­si sou­li­gné qu’un tran­spor­teur de la Rive-Sud avait ré­cem­ment conclu une en­tente de trois ans com­pre­nant une aug­men­ta­tion sa­la­riale beau­coup plus si­gni­fi­ca­tive. Il rap­pelle qu’un chauf­feur d’au­to­bus gagne entre 20 000 $ et 25 000 $ par an­née. Les chauf­feurs d’Au­to­bus Campeau dans Ar­gen­teuil sont re­pré­sen­tés par cinq uni­tés syn­di­cales dif­fé­rentes, dont trois sont af­fi­liées aux Team­sters.

Au mo­ment de mettre sous presse, Jacques Campeau n’avait pas re­tour­né notre ap­pel.

—pho­to Evelyne Ber­ge­ron

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