DES OU­TILS POUR UNE PLUS GRANDE RÉUS­SITE

Croire au po­ten­tiel de réus­site est sans doute le pre­mier pas vers la réus­site elle-même.

L'Argenteuil - - DOSSIER - EVE­LYNE BER­GE­RON eve­lyne.ber­ge­ron@eap.on.ca

Dans un ar­ticle pa­ru dans nos pages le 6 avril der­nier (La re­cette de la CSRDN pour

la réus­site des élèves), nous rap­por­tions la nette amé­lio­ra­tion de la réus­site édu­ca­tive des élèves d’Ar­gen­teuil, no­tam­ment de l’École po­ly­va­lente La­vigne (ÉPL). Cette pro­gres­sion n’est pas le fruit du ha­sard. Elle est at­tri­buable à plu­sieurs fac­teurs, dont la mise en place de stra­té­gies de réus­site.

La réus­site. Voi­là un mot qui ré­sume bien le dis­cours du di­rec­teur de l’éta­blis­se­ment se­con­daire la­chu­tois, Ka­rim Ad­jaï­lia. « Il faut tout le temps se re­mettre en ques­tion », a-t-il dé­cla­ré lorsque nous l’avons ren­con­tré à son bureau. C’est dans cette optique qu’un co­mi­té de vi­gie de la réus­site, com­po­sé d’une dou­zaine de per­sonnes de dif­fé­rents corps d’emploi, se ren­contre pé­rio­di­que­ment pour éva­luer le suc­cès des dif­fé­rentes pra­tiques mises en place.

Les cours de rattrapage ont été les pre­mières pra­tiques à être ex­pé­ri­men­tées sous l’ini­tia­tive du nou­veau di­rec­teur. Dès son ar­ri­vée en poste en jan­vier 2017, M. Ad­jaï­lia avait la cer­ti­tude que tous les élèves avaient la ca­pa­ci­té de réus­sir, tout en étant conscient qu’Ar­gen­teuil est un mi­lieu dé­fa­vo­ri­sé.

À ce mo­ment, plus de 400 élèves, sur quelque 800, étaient en si­tua­tion d’échec dans au moins un cours. « Il y avait un gros dé­fi sur le plan de la réus­site », a té­moi­gné M. Ad­jaï­lia. Afin de per­mettre à ces élèves de se re­prendre, le di­rec­teur et son équipe ont mis en place les cours de rattrapage. Une fa­çon pour les élèves de ré­vi­ser les no­tions pour les­quelles ils ont de la dif­fi­cul­té, de re­prendre des exa­mens et de mo­di­fier leur note. « On leur donne les moyens pour avoir une image po­si­tive d’eux-mêmes », a fait va­loir le di­rec­teur. Au­pa­ra­vant, les élèves ayant su­bi des échecs pou­vaient ten­ter de se re­prendre en s’ins­cri­vant à des cours d’été. Des cours pour les­quels il y avait des frais d’ins­crip­tion im­por­tants. Au­jourd’hui, la nou­velle fa­çon de pro­duire les bul­le­tins per­met de ré­agir en cours d’an­née.

Les cours de rattrapage, aux­quels les élèves s’ins­crivent sur une base vo­lon­taire, sont of­ferts avant ou après l’ho­raire ré­gu­lier des classes. Les élèves s’y pré­sentent pen­dant dix se­maines, à rai­son de 50 mi­nutes par cours. Ils peuvent s’ins­crire à plus d’un cours par semaine. L’école offre même de payer le trans­port des élèves si né­ces­saire.

« Ce n’est pas gra­tuit. L’élève doit se ré­veiller le ma­tin, il doit se pré­sen­ter à l’école, il doit étu­dier, pas­ser un exa­men. S’il réus­sit, il nous a mon­tré qu’il est ca­pable. Donc on peut re­ve­nir sur son bul­le­tin et mo­di­fier sa note », a ex­pli­qué M. Ad­jaï­lia. Ce der­nier a in­di­qué qu’il y a une très bonne par­ti­ci­pa­tion à ces cours de rattrapage. Ce­la va même au-de­là de ses at­tentes. Il a re­con­nu que la ré­ac­tion po­si­tive des pa­rents a un grand rôle à jouer dans la réus­site du pro­jet.

JIMINY, LA VOIX DE LA CONSCIENCE

Ka­rim Ad­jaï­lia croit beau­coup aux don­nées pro­bantes, aux ex­pé­riences qui ont été tes­tées et pour les­quelles il y a des preuves de ré­sul­tats. Ain­si, à tout pro­jet qui lui est pré­sen­té, il pose la ques­tion : « En quoi ça va amé­lio­rer la réus­site ? » C’est ain­si qu’il a ac­cueilli fa­vo­ra­ble­ment la pro­po­si­tion de deux en­sei­gnants de mettre en place le pro­jet Jiminy. Il s’agit de ju­me­ler deux élèves. L’un de­vient en quelque sorte la conscience de l’autre, à l’image de Jiminy Cri­cket dans Pi­noc­chio. Il est ce­lui qui rap­pelle constam­ment les règles, les stra­té­gies, les mé­thodes.

À tel point que ces règles, ces stra­té­gies et ces mé­thodes en viennent à se gra­ver dans l’es­prit de l’ap­pre­nant. « On rit, mais les ré­sul­tats se sont amé­lio­rés. Il s’agit d’une stra­té­gie mé­ta­cog­ni­tive », a pré­ci­sé M. Ad­jaï­lia.

Ce pro­jet-pi­lote est ac­tuel­le­ment dé­ployé avec une ving­taine d’élèves de se­con­daire 5, en fran­çais. De­vant les bons ré­sul­tats, le di­rec­teur pré­voit étendre le pro­jet à d’autres ma­tières l’an pro­chain. Et pour que le pro­jet soit ga­gnant-ga­gnant, les élèves qui jouent le rôle de Jiminy ver­ront leur par­ti­ci­pa­tion ré­com­pen­sée avec une par­tie de leur bal de fi­nis­sants qui leur se­ra rem­bour­sée.

Voi­là donc deux stra­té­gies de réus­site qui ont ré­cem­ment été mises en place. Et M. Ad­jaï­lia n’en­tend pas en res­ter là. D’autres pro­jets sont sur la table.

S’il a de bons mots pour les élèves et qu’il croit en leur po­ten­tiel, le di­rec­teur est aus­si re­con­nais­sant en­vers son équipe d’en­sei­gnants et de pro­fes­sion­nels. « J’ai une équipe dy­na­mique. Ce sont des gens de coeur », a-t-il sou­li­gné.

—pho­to Eve­lyne Ber­ge­ron

Le di­rec­teur de l’École po­ly­va­lente La­vigne, Ka­rin Ad­jaï­lia.

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