Jean-Yves Ber­nard : pour que la Côte-de-Beaupré avance plus vite

L'Autre Voix - - LA UNE -

«Étant col­lés à Qué­bec, beau­coup de gens tra­vaillent et dé­pensent là-bas, ce qui fait qu’avoir des com­merces de proxi­mi­té est dif­fi­cile. […] Nous avons un mode de vie de type ban­lieue, mais avec peu de ser­vice», dé­plore le ré­sident de Saint-Joa­chim.

Il pro­pose dans un pre­mier temps de réa­li­ser une étude de fai­sa­bi­li­té pour of­frir un train de ban­lieue. Une étude sur le su­jet réa­li­sée il y a quelques an­nées avait conclu que ce type de ser­vice se­rait trop coû­teux pour la ré­gion, no­tam­ment en rai­son de l’achat du train et des coûts de fonc­tion­ne­ment et d’en­tre­tien. M. Ber­nard juge pour sa part que l’étude «ne re­po­sait pas sur grand-chose». Il sou­haite qu’une étude de mar­ché soit réa­li­sée pour vé­ri­fier com­bien de per­sonnes se­raient in­té­res­sées à prendre le train et à quel prix en fonc­tion des coûts d’en­tre­tien et de fonc­tion­ne­ment. «Nous avons un mode de vie de ban­lieue, mais nous al­lons tous en ville en voi­ture. On sait qu’à moyen et à long terme, ce ne se­ra pas la bonne fa­çon de faire», croit-il.

Le can­di­dat ob­serve que de plus en plus de per­sonnes âgées viennent s’ins­tal­ler sur la Cô­tede-Beaupré, alors que la po­pu­la­tion en gé­né­ral vieillit. Af­fir­mant que ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de se payer une place dans une ré­si­dence pri­vée, il pro­pose la créa­tion de ré­si­dences mul­ti­gé­né­ra­tion­nelles, un concept bien connu aux États-Unis et en Eu­rope. Les per­sonnes âgées ha­bi­te­raient ain­si avec des fa­milles et souf­fri­raient moins de l’iso­le­ment.

«Les per­sonnes âgées se sentent moins dans un ghet­to. Elles sont avec les fa­milles, peuvent ai­der les en­fants avec leurs de­voirs. C’est beau­coup plus in­té­res­sant en terme de qua­li­té de vie», avance-t-il. Tra­vaillant dans le do­maine des or­ga­nismes com­mu­nau­taires et coopératifs de­puis 25 ans, il croit qu’il se­rait pos­sible de mon­ter ce genre de pro­jet en co­opé­ra­tive pour per­mettre aux usa­gers de dé­ter­mi­ner la concep­tion de la ré­si­dence.

Éco­tou­risme

M. Ber­nard croit qu’il y a de la place pour dé­ve­lop­per de pe­tites en­tre­prises qui pro­fi­te­raient des atouts na­tu­rels de la ré­gion. Il cite les ac­ti­vi­tés de pa­ra­pente au Mont-Sainte-Anne et de ca­nyo­ning au Ca­nyon Sainte-Anne comme étant des exemples à suivre. «Ce sont de pe­tites en­tre­prises qui ont uti­li­sé la na­ture et ça marche. Il fau­drait fa­vo­ri­ser ce type d’em­ploi», sug­gère-t-il, en ajou­tant que les ef­forts pour mettre de l’avant les at­traits et le patrimoine de la ré­gion «ne sont pas suf­fi­sants».

L’en­jeu de la san­té en est un im­por­tant aux yeux de M. Ber­nard sur la Côte-de-Beaupré. «Nous avons un bel hô­pi­tal neuf avec un Centre lo­cal de ser­vices com­mu­nau­taires (CLSC), mais quand nous n’avons pas de ma­la­die grave ou que nous ne sommes pas pris tout de suite à l’ur­gence, on perd des heures à at­tendre un mé­de­cin. [...] Pour­tant, nous avons tout ce qu’il faut. Nous avons du très bon per­son­nel, mais nous n’y avons pas ac­cès», croit M. Ber­nard. C’est pour­quoi il es­time que la pro­po­si­tion de Qué­bec so­li­daire d’ou­vrir 24 heures par jour les CLSC pren­drait tout son sens dans la ré­gion.

(Pho­to Jean-Ma­nuel Téo­to­nio)

Jean-Yves Ber­nard re­pré­sente Qué­bec so­li­daire dans Char­le­voix-Côte-de-Beaupré.

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