Luc Ri­cher, un mi­racle à la fois

« Une grosse an­née pour Mo­ti­vac­tion jeu­nesse »

L'Autre Voix - - VIE COMMUNAUTAIRE - CHARLES LA­LANDE re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

COM­MU­NAU­TÉ. À 51 ans, Luc Ri­cher cu­mule des tonnes de pe­tits mi­racles à son ac­tif. Par le biais de son or­ga­nisme Mo­ti­vac­tion jeu­nesse, fon­dé à l’au­tomne 1998, sa mo­deste équipe de 12 per­sonnes et lui se servent de l’ac­ti­vi­té phy­sique pour faire bou­ger les jeunes des mi­lieux dé­fa­vo­ri­sés.

Il se dé­crit comme un en­tre­pre­neur so­cial. Au­pa­ra­vant, il était in­ter­ve­nant dans les écoles. Un peu mar­gi­nal, il a vou­lu fon­der son propre pro­jet. C’est de cette fa­çon que Mo­ti­vac­tion jeu­nesse a vu le jour.

«Nous n’avons pas un cha­peau d’au­to­ri­té. Nous vou­lons être l’al­lié du jeune, se rap­pro­cher de lui et le faire bou­ger. Il n’y a rien de mieux que de vivre une réus­site à tra­vers le dé­pas­se­ment de soi. »

Sa­voir oser, c’est ce qui a fait la force de ses suc­cès. « À nos dé­buts, les gens nous di­saient que ça ne mar­che­rait pas, mais nous y avons tou­jours cru. »

Gra­duel­le­ment, il convainc cer­taines écoles de l’ac­cueillir. À ce jour, il col­la­bore avec vingt éta­blis­se­ments sco­laires de la ré­gion. L’or­ga­nisme a fait ses preuves au fil des ans, étant main­te­nant re­con­nu, mais le plus grand dé­fi reste – et res­te­ra – tou­jours le fi­nan­ce­ment.

DES BELLES HIS­TOIRES À N’EN PLUS FI­NIR

Quand on lui de­mande de ra­con­ter cer­taines réus­sites en­gen­drées par ses ac­ti­vi­tés, il doit ré­flé­chir un peu. « J’en ai des tonnes », a lan­cé avec fier­té le fon­da­teur et di­rec­teur gé­né­ral.

Puis, il se rap­pelle d’un gar­çon de 14 ans, vi­vant dans un foyer de groupe. Sa vie se ré­su­mait à une suc­ces­sion d’échecs. Sou­dai­ne­ment, il ma­ni­feste haut et fort son dé­sir d’ac­com­plir le Chal­lenge de l’es­poir, un par­cours de 500 km de vé­lo, né­ces­si­tant six mois de pré­pa­ra­tion.

« Les gens riaient de lui. Per­sonne dans son foyer de groupe ne vou­lait l’en­cou­ra­ger, mais lui, il était mo­ti­vé. Il s’en­traî­nait trois fois par se­maine, il s’est trans­for­mé en per­dant 25 livres. Quand il a ter­mi­né le dé­fi, il était rayon­nant et son en­tou­rage est ve­nu le fé­li­ci­ter. »

Ra­pi­de­ment, il en­chaîne avec un autre exemple de réus­site. Un ado­les­cent pe­sant 250 livres. Il avait toutes les mi­sères du monde à cou­rir une seule mi­nute, mais au terme d’un en­traî­ne­ment de neuf mois, il a com­plé­té son pre­mier ma­ra­thon avec 50 livres de moins à sa char­pente.

« Il l’a fait en cinq heures, mais il l’a fait. Un gars re­je­té et in­ti­mi­dé toute sa vie. Cette même an­née, il est de­ve­nu pré­sident de son école. Au­jourd’hui, il est as­sis­tant-édu­ca­teur dans une gar­de­rie. »

Son sa­laire, c’est ce­la. De belles his­toires de réus­site et de per­sé­vé­rance. Mal­gré tout, des fois, il n’y peut rien. Il a vu des jeunes re­fu­ser de s’en­ga­ger ou d’aban­don­ner après un suc­cès.

«Ça me touche, c’est plate. C’est une dé­cep­tion, mais il ne faut pas le prendre per­son­nel », a en­chaî­né ce mé­daillé de l’as­sem­blée na­tio­nale.

BÉ­BÉ DE­VIENT ADULTE

Ce qu’il ap­pelle son « bé­bé » est main­te­nant de­ve­nu adulte. Dix-huit ans plus tard, il voit l’an­née 2017 comme étant « une grosse » pour Mo­ti­vac­tion jeu­nesse. Son équipe et lui ont mon­té un plan stra­té­gique avant d’amor­cer une grande ré­flexion.

« On garde le bon et on tasse le moins bon. On amène de nou­velles idées, de nou­veaux pro­jets pour que les jeunes conservent de bons sou­ve­nirs. »

Il met lui-même en ques­tion son ave­nir au sein du pro­jet au­quel il a consa­cré la grande par­tie de sa vie. Chose cer­taine, quel que soit la fa­çon, il y res­te­ra lié.

(Pho­to TC Me­dia – Charles La­lande)

À 51 ans, Luc Ri­cher consi­dère qu’un jour, il de­vra cé­der sa place, mais qu’il res­te­ra lié à Mo­ti­vac­tion jeu­nesse jus­qu’à la fin de ses jours.

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