Spar­tan Race : une course par­mi l’élite pour Cyn­thia Trem­blay

L'Autre Voix - - SPORTS - PRIS­CA BE­NOIT re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

DÉ­FI SPOR­TIF. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Cyn­thia Trem­blay car­bure aux dé­fis. Ama­trice de Spar­tan Race de­puis quelques an­nées, elle a par­ti­ci­pé à sa pre­mière com­pé­ti­tion mon­diale le 1er oc­tobre der­nier.

À la re­cherche de l’ex­pé­rience qui lui per­met­trait de se dé­pas­ser, Cyn­thia Trem­blay a ra­pi­de­ment été tentée par les Spar­tan Race, ces courses qui mêlent la course en mon­tagne et les obs­tacles. « Cou­rir, c’est ben l’fun, mais un mo­ment don­né, ça me ten­tait de vivre quelque chose de plus», ex­plique-t-elle. En 2014, son conjoint et elle se sont ins­crits à leur pre­mière course en classe ou­verte, un 10km avec 25 obs­tacles. Ar­ri­vée 6e dans sa ca­té­go­rie, elle a dé­ci­dé de faire le saut dès cet ins­tant dans la ca­té­go­rie élite.

Après une pre­mière an­née fruc­tueuse où elle s’est qua­li­fiée pour les Cham­pion­nats du monde, mais sans y par­ti­ci­per, l’ath­lète re­com­mence de plus belle. Elle se donne comme dé­fi de réa­li­ser les trois dis­tances du Spar­tan Race en une an­née, un 5km, un 10km et un 21km, en plus de se re­qua­li­fier pour les mon­diaux. «Je ne vou­lais pas ra­ter ma chance cette fois-ci, confie-t-elle. J’ai 37 ans, je ne sais pas si je vais pou­voir y re­tour­ner. » Mal­gré les règles de plus en plus strictes, elle ob­tient sa qua­li­fi­ca­tion pour les mon­diaux en Ca­li­for­nie. « J’étais en san­glot en re­ce­vant mon je­ton de qua­li­fi­ca­tion», se rap­pelle-t-elle dé­sor­mais avec le sou­rire aux lèvres.

DI­REC­TION LES ÉTATS-UNIS

Après plu­sieurs se­maines d’en­traî­ne­ment et une cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment pour l’ai­der à payer les dé­penses re­liées à la com­pé­ti­tion, Cyn­thia Trem­blay s’en­vole vers la Ca­li­for­nie, ac­com­pa­gnée de son conjoint pour l’en­cou­ra­ger. Un froid de ca­nard l’y at­ten­dait, sans comp­ter les nom­breux bas­sins d’eau dans les­quels elle de­vait plon­ger. « Je n’ai gar­dé qu’un short et un t-shirt pour ne pas traî­ner trop de mor­ceaux mouillés avec moi », re­late-t-elle.

La course « Beast » qu’elle a vé­cue là-bas n’a pas sim­ple­ment été l’une des plus en­le­vantes qu’elle a eu à faire, elle a aus­si été la plus dif­fi­cile de l’ath­lète jus­qu’à ce jour. « Ce n’est pas pour rien que leur slo­gan dit qu’on va le sa­voir quand on est ar­ri­vé à la fin », rap­porte-t-elle en riant. Les obs­tacles étaient plus hauts, les charges à trans­por­ter plus grosses et les mon­tées, plus abruptes. «C’était dif­fi­cile, mais ja­mais au­tant que je n’au­rais pu pen­ser», ren­ché­rit-elle, sem­blant en­core sur l’adré­na­line. Lors­qu’une épreuve était ra­tée, c’était les fa­meux bur­pees, un push-up sui­vi d’un saut, qui l’at­ten­daient.

Entre les tra­pèzes et les bar­be­lés à tra­ver­ser, les bûches et les sacs à traî­ner, les cordes et les murs à grim­per, l’épreuve du lac a sans au­cun doute été la plus dif­fi­cile, aux dires de la com­pé­ti­trice. Dé­jà ex­té­nuée par les pre­mières épreuves, elle de­vait tra­ver­ser le lac à 10 de­grés Cel­sius. « Juste avant moi, j’ai vu une femme qui avait com­men­cé l’épreuve, mais qui a dû être éva­cuée par les se­cou­ristes, ra­conte-t-elle pour ajou­ter au stress. J’ai vrai­ment sen­ti mon corps Spar­tan Race, fai­blir à ce mo­ment-là. Je me suis mise en mode éco­no­mie d’éner­gie. »

UN TEMPS AP­PRÉ­CIABLE

Ex­té­nuée par les pré­cé­dentes épreuves, l’ath­lète de Boi­scha­tel a dé­ci­dé de fi­nir sa course avec un nou­vel ob­jec­tif per­son­nel. « Je me suis ren­du compte que je vou­lais m’amu­ser, ex­plique Cyn­thia Trem­blay. J’ai dé­ci­dé de suivre une ath­lète ca­na­dienne qui réa­lise des meilleurs temps que moi ha­bi­tuel­le­ment. » Quelle ne fut pas sa sur­prise quand, à la fin de sa course, elle s’aper­çut qu’elle avait dé­pas­sé la­dite com­pé­ti­trice. « Ça m’a don­né le der­nier boost d’éner­gie qu’il fal­lait », ré­sume-t-elle. Elle s’en est sor­tie avec un temps ap­pro­chant les 5 h 30.

Dé­jà, la com­pé­ti­trice pense à sa pro­chaine course. « Même si, quand on fi­nit une course, on se dit que c’était la pire ex­pé­rience de notre vie et que c’était la der­nière fois qu’on par­ti­ci­pait, on est tou­jours ap­pe­lé pour cette en­vie d’adré­na­line », ré­sume-t-elle. L’adré­na­line, le dé­pas­se­ment de soi et l’ap­pel de l’in­con­nu lui font rê­ver à sa pro­chaine course à obs­tacles.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Une co­horte de Ca­na­diens s’est ren­due au cham­pion­nat mon­dial de course ex­trême au lac Ta­hoe en Ca­li­for­nie. Cyn­thia Trem­blay, tout sou­rire, se trouve au centre de la troi­sième ran­gée à par­tir du bas.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Spar­tan Race)

Dès les pre­miers obs­tacles, Cyn­thia Trem­blay a dû af­fron­ter les bas­sins d’eau gla­cée de la course.

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