L’épi­lep­sie : une ma­la­die dif­fi­cile à ac­cep­ter pour les jeunes

L'Autre Voix - - ACTUALITÉS - MA­RIE-PAS­CALE FORTIER re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

TÉ­MOI­GNAGE. On était as­sis dans l’au­to, en route pour le res­tau­rant pen­dant une pe­tite frin­gale de fin de soi­rée. Pen­dant un mo­ment de si­lence, il m’a dit qu’il avait quelque chose à m’avouer:il a re­çu un diag­nos­tic d’épi­lep­sie. Il ne vou­lait pas que j’en parle au reste de la fa­mille, puis­qu’ils ne sont pas en­core au courant. Lui-même com­mence à peine à l’ac­cep­ter, et ce, plus de trois ans après sa pre­mière crise.

Pour lui, un grand gaillard tra­vaillant, re­ce­voir un diag­nos­tic d’épi­lep­sie, c’était la fin du monde. Je ne com­pre­nais pas pour­quoi il pre­nait la nou­velle aus­si du­re­ment parce que dans 70 % des cas, l’uti­li­sa­tion d’un simple mé­di­ca­ment est suf­fi­sant pour pré­ve­nir les crises.

Y a-t-il quelque chose de hon­teux à être épi­lep­tique ? Ni­cole Bé­lan­ger, di­rec­trice d’épi­lep­sie Qué­bec croit que les jeunes vivent mal avec l’épi­lep­sie puis­qu’elle est en­core très stig­ma­ti­sée.

« Les gens pensent tout de suite à la crise gé­né­ra­li­sée, celle avec des convul­sions. Les jeunes ne veulent pas dire qu’ils font de l’épi­lep­sie, parce qu’ils ne veulent pas être as­so­ciés à quel­qu’un qui fait des convul­sions par terre», ex­plique Mme Bé­lan­ger qui rap­pelle qu’il existe plu­sieurs types d’épi­lep­sie.

Par­fois, les jeunes peuvent aus­si être gê­nés de prendre la mé­di­ca­tion, ou en­core d’avoir des troubles de la mé­moire ou d’ap­pren­tis­sage. C’est sans par­ler des jeunes qui font de l’épi­lep­sie pho­to­sen­sible et qui se sentent ex­clus de ne pas pou­voir sor­tir dans les clubs avec leurs amis en rai­son des stro­bo­scopes, ou même de jouer trop long­temps aux jeux vi­déo.

Ils ne veulent pas dire à leurs amis qu’ils ont ce pro­blème-là, ils veulent vivre une vie nor­male et prendre de la bière. Mais avant tout, ils ne veulent sur­tout pas perdre leur per­mis de conduire, ce qui peut par­fois en en­traî­ner cer­tains à ca­cher leur ma­la­die, même aux mé­de­cins.

Se­lon l’as­so­cia­tion qué­bé­coise des neu­ro­psy­cho­logues, 80 % des per­sonnes diag­nos­ti­quées chaque an­née ont moins de 18 ans. Ça fait beau­coup de jeunes. Beau­coup de jeunes conduc­teurs qui re­fusent de voir la ma­la­die en face et de re­ce­voir les soins né­ces­saires à leur condi­tion. Beau­coup d’ac­ci­dents aus­si, bien que la SAAQ ne pos­sède au­cune sta­tis­tique à ce su­jet.

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