Des vê­te­ments cer­ti­fiés bios et équi­tables? Oui c’est pos­sible.

L'Autre Voix - - ACTUALITÉS - PRISCA BE­NOIT re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

ÉCO­LO­GIE. Il n’y a pas que dans l’as­siette qu’on peut être bio, il y a aus­si avec les vê­te­ments qu’on porte sur nos épaules. L’en­tre­prise Éthix pro­pose de vendre des t-shirts cer­ti­fiés éco­lo­giques dont les des­sins sont des créa­tions d’ar­tistes d’ici et d’ailleurs.

Éthix, c’est d’abord l’idée de Da­mien Ma­this, un étu­diant de 24 ans au doc­to­rat des sciences du bois à l’uni­ver­si­té La­val, qui cher­chait à s’ha­biller de fa­çon plus res­pon­sable. «J’avais pris l’ha­bi­tude de faire at­ten­tion aux ha­bits que j’ache­tais, ra­conte-t-il. Quand je suis ar­ri­vé ici, j’ai eu du mal à trou­ver une offre qui me conve­nait. L’offre est plus dé­ve­lop­pée pour les femmes dans la mode éthique et du­rable. Pour les hommes, il n’y a pas grand-chose.»

Le jeune en­tre­pre­neur a vu dès lors une niche à ex­ploi­ter. «L’in­dus­trie de la mode peut al­ler jus­qu’à cau­ser des morts», dé­nonce-t-il. Les vê­te­ments des grandes chaînes por­tés au quo­ti­dien sont fa­bri­qués la plu­part du temps par des em­ployés sous-payés de pays en dé­ve­lop­pe­ment et dont les condi­tions de tra­vail sont exé­crables. «Il y a eu l’exemple avec le Ra­na Pla­za au Ban­gla­desh il y a quelques an­nées où un bâ­ti­ment s’est car­ré­ment ef­fon­dré. Il y avait des mil­liers de per­sonnes qui y tra­vaillaient. Mal­gré les grandes fis­sures sur le bâ­ti­ment ce ma­tin-là les contre­maîtres ont obli­gé les em­ployés à tra­vailler.»

C’est sans par­ler des ma­té­riaux uti­li­sés comme tis­sus qui eux aus­si en­traînent leur lot de pol­lu­tion. «L’en­vi­ron­ne­ment, c’est pa­reil. On prend du co­ton gé­né­ti­que­ment mo­di­fié qu’on fait pous­ser avec des en­grais chi­miques et qu’on traite avec des pes­ti­cides chi­miques. On ar­rive à l’usine et on uti­lise des pro­duits de blan­chi­ment qui vont être vrai­ment chi­miques, même chose pour les tein­tures.» Les em­ployés tra­vaillant la ma­tière comme l’en­vi­ron­ne­ment ne sont pas épar­gnés par les im­pacts du tra­vail du tis­su.

TROU­VER LA PERLE RARE

Da­mien Ma­this s’est donc mis à la re­cherche du four­nis­seur idéal pour des t-shirts qui ré­pon­draient à ses at­tentes en tant que consom­ma­teur. «Je me suis dit que ça ne ser­vait à rien de lan­cer autre chose si c’était pour faire juste quelque chose de moyen, ex­plique-t-il. Si je lan­çais quelque chose, je vou­lais vrai­ment trou­ver quelque chose de bien.» Il s’est fi­na­le­ment tour­né vers HAE Now, l’acro­nyme de Hu­man Ani­mal En­vi­ron­ment Now, une en­tre­prise ca­li­for­nienne dont les nom­breuses cer­ti­fi­ca­tions et les échanges ré­pé­tés l’ont convain­cu de lui faire confiance.

Pour rendre ses t-shirts plus co­lo­rés, Da­mien Ma­this s’est tour­né vers huit ar­tistes qui agré­mentent les vê­te­ments de leurs oeuvres. Neuf des­sins dif­fé­rents ornent les t-shirts d’éthix, dont deux sur des vê­te­ments noirs et bleus. Im­pri­mé avec une encre à l’eau, le des­sin ne pour­ra pas se dé­col­ler avec le temps, l’encre étant lo­gée dans la fibre du tis­su. Chaque vente de t-shirt pro­cure 2$ à l’ar­tiste der­rière le des­sin.

(Pho­to TC Me­dia – Prisca Be­noit)

Da­mien Ma­this, fon­da­teur de l’en­tre­prise Éthix, pré­sen­tant le t-shirt de l’ar­tiste El moot moot.

(Pho­to TC Me­dia – Prisca Be­noit)

Da­mien Ma­this, fon­da­teur de l’en­tre­prise Éthix, avec deux créa­tions, l’une de l’ar­tiste Nel­la et l’autre d’elsa Bra­chet.

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