Com­ment ai­der les jeunes à vivre un deuil ?

L'Autre Voix - - ACTUALITÉS - GEOFFRÉ SAM­SON re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

TRIS­TESSE. Le deuil est sou­vent as­so­cié à la mort, mais une dis­pa­ri­tion, une ma­la­die grave, et même une sé­pa­ra­tion pa­ren­tale peuvent en­gen­drer des mo­ments éprou­vants. De nom­breuses res­sources au Qué­bec offrent des ser­vices d’ac­com­pa­gne­ment, mais les groupes de sou­tien pour ju­vé­niles sont plu­tôt rares.

Une di­zaine de ser­vices com­mu­nau­taires, pu­blics et pa­ra­pu­blics sont of­ferts dans la Ca­pi­tale-na­tio­nale, et per­mettent aux en­deuillés d’y ren­con­trer psy­cho­logues, tra­vailleurs so­ciaux et pro­fes­sion­nels de la san­té dans un che­mi­ne­ment per­son­nel à la suite de la perte d’un être cher. Deuil-jeu­nesse à Char­les­bourg est le seul or­ga­nisme de la ré­gion à ve­nir en aide spé­ci­fi­que­ment aux en­fants.

ON NE TRA­VERSE PAS UN DEUIL, ON LE VIT

La di­rec­trice de Deuil-jeu­nesse, Jo­sée Mas­son, dit ne ja­mais par­ler d’étapes comme le dé­ni, la co­lère, la tris­tesse, ou l’ac­cep­ta­tion. Elle men­tionne qu’un deuil est unique à cha­cun, et ne se vit pas de la même fa­çon pour tout le monde. Le Centre de pré­ven­tion du sui­cide abonde dans le même sens en ex­pli­quant que le vé­cu d’un jeune ayant per­du un être cher dé­pen­dra prin­ci­pa­le­ment de son stade de dé­ve­lop­pe­ment. Adultes comme en­fants tra­ver­se­ront les mêmes phases de deuil, mais celles-ci se­ront dif­fé­rentes, par­fois de fa­çon in­ter­mit­tente et cy­clique.

L’IM­POR­TANCE D’UN DER­NIER « AU RE­VOIR »

« Il ne faut pas avoir peur d’in­clure les en­fants de tous âges dans la pré­pa­ra­tion d’un rite fu­né­raire, et de lais­ser le jeune faire des adieux », men­tionne Mme Mas­son. Elle ajoute que ce mo­ment leur per­met­trait no­tam­ment d’as­si­mi­ler la réa­li­té de l’évé­ne­ment. As­sis­ter à cette étape in­cul­que­rait une meilleure com­pré­hen­sion de la si­tua­tion, et per­met­trait de ne pas avoir un sen­ti­ment d’aban­don ou de re­jet.

MALADRESSE D’AMOUR

Jo­sée Mas­son ex­plique que les pa­rents pro­tègent leurs en­fants par amour, c’est in­dé­niable. Par contre, leur ca­cher la vé­ri­té par rap­port à la mort n’est pas vrai­ment un geste pro­tec­teur. Les adultes ont ten­dance à par­ler de cette réa­li­té d’une fa­çon trop belle, en fai­sant ré­fé­rence au pa­ra­dis, entre autres. « Si on veut que nos jeunes vivent, on doit leur par­ler de la mort », conclut-elle.

(Pho­to TC Me­dia – Geoffré Sam­son)

Le deuil est unique à cha­cun, il peut nous di­ri­ger vers de nom­breux en­droits.

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