Contrer la pé­nu­rie de main-d’oeuvre en en­ga­geant des femmes

L'Autre Voix - - ACTUALITÉS - MA­RIE-PAS­CALE FORTIER re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

EM­PLOI. Le Re­grou­pe­ment des groupes de femmes de la ré­gion de la Ca­pi­tale-na­tio­nale croit que le main­tien des femmes dans les mé­tiers tra­di­tion­nel­le­ment mas­cu­lins pour­rait contrer la pé­nu­rie de main-d’oeuvre que connaît ac­tuel­le­ment le Qué­bec.

«Elles [les femmes] sont de plus en plus nom­breuses dans les écoles pro­fes­sion­nelles, mais elles peinent à se trou­ver un em­ploi à cause des nom­breux pré­ju­gés des em­ployeurs. Celles qui se trouvent un em­ploi se re­trouvent, dans beau­coup de cas, dans des mi­lieux de tra­vail peu ré­cep­tifs et près de la moi­tié quittent l’en­tre­prise, voire le do­maine », ex­plique Ju­dy Cou­lombe, agente de dé­ve­lop­pe­ment au re­grou­pe­ment des groupes de femmes de la ré­gion de la Ca­pi­tale-na­tio­nale.

Pour fa­vo­ri­ser leur in­té­gra­tion, mais aus­si leur main­tien, l’or­ga­nisme a mis sur pied le pro­jet Le main­tien des femmes dans les mé­tiers tra­di­tion­nel­le­ment mas­cu­lins : Re­le­vons le dé­fi ! La pre­mière phase consis­tait en une étude sur les femmes qui évo­luent dans les mé­tiers à pré­do­mi­nance mas­cu­line afin de re­cueillir des té­moi­gnages au­tant de pom­pières, que de ca­mion­neuses, d’in­gé­nieures ou de femmes qui tra­vaillent dans des usines.

Le constat : même si les mé­tiers sont très dif­fé­rents, les femmes ren­contrent les mêmes obs­tacles à leur main­tien en poste. Elles sont vic­times de pré­ju­gés, peuvent vivre du har­cè­le­ment et n’ont pas de me­sures qui per­mettent de conci­lier tra­vail et vie de fa­mille.

Se­lon Mme Cou­lombe, en rai­son de ces obs­tacles, 50 % des femmes dans des mé­tiers tra­di­tion­nel­le­ment mas­cu­lins quittent leur em­ploi pour se ré­orien­ter vers des sec­teurs sou­vent moins ré­mu­né­ra­teurs et peu créa­teurs de ri­chesse. « Il fau­drait que ce soit une op­tion pour elles d’al­ler tra­vailler dans une usine si elles ont en­vie de le faire. Les com­pé­tences ne sont pas ex­clu­sives aux hommes, il faut que les usines soient prêtes à les ac­cueillir. »

PRO­JET PI­LOTE

À la suite de cette étude, l’or­ga­nisme a dé­ve­lop­pé un ou­til, qui vise sur­tout les PME, afin de les ai­der à of­frir des mi­lieux de tra­vail «plus in­clu­sifs ». Il s’agit d’un ou­til qui per­met de faire un au­to­diag­nos­tic et qui fa­vo­rise la ré­flexion chez les em­ployeurs. « Ce qui man­quait chez beau­coup d’em­ployeurs, c’était la prise de conscience du pro­blème », ex­plique Ju­dy Cou­lombe. L’ou­til aide en­suite les en­tre­prises à se do­ter d’un plan d’ac­tion, à le mettre en oeuvre et à as­su­rer son sui­vi.

Trois en­tre­prises par­te­naires par­ti­cipent au pro­jet pi­lote et sont ac­com­pa­gnées pour dres­ser le bi­lan de leur si­tua­tion et iden­ti­fier concrè­te­ment ce qui fonc­tionne, ou non, dans leur en­tre­prise.

Cer­taines in­dus­tries en sont à par­ler du main­tien des femmes, alors que d’autres, comme la construc­tion où l’on re­trouve un très faible pour­cen­tage de femme, en sont en­core à par­ler d’in­té­gra­tion. «Il faut fa­vo­ri­ser l’em­bauche des femmes, mais aus­si qu’elles soient bien et qu’elles sou­haitent y de­meu­rer », ex­plique Mme Cou­lombe, en ajou­tant que plu­sieurs femmes es­saient de nom­breuses en­tre­prises avant d’en trou­ver une qui leur offre des condi­tions fa­vo­rables, no­tam­ment quant à la vie de fa­mille.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Vir­gi­nie a tou­jours rê­vé de tra­vailler en mé­ca­nique au­to­mo­bile.

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