Mort d’une icône

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J’ai lu mille fois tous les al­bums de Tin­tin. Mon hé­ros d’en­fance. Des ca­pi­taines Had­dock, des Du­pont, des Tour­ne­sol, j’en ai croi­sés. Ils existent dans la vraie vie ! Ado­les­cent, j’ai dé­cou­vert l’uni­vers de Bob Mo­rane. J’ai lu et re­lu ses aven­tures. Comme lui, j’au­rais ai­mé n’avoir peur de rien, et pou­voir comp­ter sur un ami pro­tec­teur comme Bill Bal­lan­tine.

Et là, James Bond est ar­ri­vé sur les grands écrans. Il al­lait de­ve­nir mon hé­ros. Une tren­taine de films plus tard, je suis en­core ac­cro de l’agent 007. Quand j’ai be­soin de ré­con­fort, quand je me sens im­puis­sant de­vant des actes de fo­lie meur­trière comme à Man­ches­ter, je sors au ha­sard un dvd de Bond. Avec lui, on sait que les ‘bons’ fi­nissent par ga­gner contre les ‘mé­chants’. Que les ‘mé­chants’ man­ge­ront une ra­clée, et se­ront pu­nis. Que le ‘bien’ l’em­porte sur le ‘mal’. Un dé­noue­ment sim­pliste, mais en­cou­ra­geant !

«Mon nom est Bond. James Bond». Plu­sieurs ac­teurs ont in­car­né ce per­son­nage de­ve­nu my­thique. Le par­fait gent­le­man an­glais, élé­gant, char­meur, culti­vé. Un homme de classe, avec un sens de l’hu­mour acé­ré. Et bien sûr, le meilleur des agents se­crets, qui sait se dé­brouiller dans les pires si­tua­tions, qui sait se dé­fendre et pro­té­ger les plus faibles. Un homme sur­tout in­cor­rup­tible. Les ma­gouilleurs de­vraient s’en ins­pi­rer !

Ro­ger Moore est mort, il y a quelques jours. À 89 ans, le cé­lèbre co­mé­dien bri­tan­nique au­ra eu une vie bien rem­plie. Il a joué sept fois le rôle de James Bond, après le règne de Sean Con­ne­ry, avant les in­ter­pré­ta­tions de George La­zen­by, de Ti­mo­thy Dal­ton, de Pierce Bros­nan, de Da­niel Craig.

Quel homme n’au­rait pas ai­mé res­sem­bler à Ro­ger Moore ? Être beau, grand, fort, in­tel­li­gent, élé­gant, connais­seur en tout. Un mar­ti­ni dans une main (‘stir­red, not sha­ken’), un long ci­gare cu­bain dans l’autre main (pro­ba­ble­ment un Co­hi­ba). Avec son sou­rire ir­ré­sis­tible, il au­ra conquis bien des coeurs. À cause lui, dans mes rêves, je suis de­ve­nu Ivan­hoé, le Saint, et presque James Bond !

Ano­bli par la Reine Éli­sa­beth 11, en 2003, Sir Ro­ger Moore était che­va­lier de l’ordre de l’em­pire bri­tan­nique. Pas mal pour un pe­tit gars du sud de Londres, dont le père était po­li­cier, et la mère cais­sière. Ro­ger Moore s’est consa­cré à de mul­tiples causes hu­ma­ni­taires, dont L’UNI­CEF. À chaque point de presse, il ré­pé­tait qu’être un am­bas­sa­deur ‘iti­né­rant’ à vie de L’UNI­CEF a été son plus grand ‘rôle’. Il au­ra mis des mil­lions de dol­lars dans le Fonds pour l’en­fance des Na­tions Unies, qui s’oc­cupe des en­fants pauvres, mal­trai­tés, ma­lades, or­phe­lins. Un don gé­né­reux digne du per­son­nage de James Bond.

Ro­ger Moore est mort. Je suis un brin triste. J’ai tou­jours cru que mon James Bond fa­vo­ri était éter­nel. Reste au moins le sou­ve­nir d’un flegme et d’une classe in­éga­lables.

LE GANT DE RICK HAN­SEN

Rick Han­sen, lui, c’est un vrai hé­ros. En chair et en os. Loin d’un per­son­nage de bande des­si­née, de ro­man, ou de ci­né­ma. Cette se­maine, l’ath­lète pa­ra­lym­pique qui se bat en­core pour la dé­fense et les droits des per­sonnes han­di­ca­pées, a fait un ca­deau au Mu­sée ca­na­dien de l’his­toire. Il a don­né l’un de ses gants. Un simple pe­tit gant. Mais ce gant de cuir usé à la corde est spé­cial. Il est lié à une his­toire de cou­rage et de per­sé­vé­rance.

C’est en le por­tant que Han­sen a pu rou­ler à tra­vers le monde, dans 34 pays. 40 000 ki­lo­mètres en fau­teuil rou­lant, en un peu plus de deux ans, à rai­son de 30 000 pous­sées en moyenne, par jour ! L’ex­ploit réa­li­sé il y a trente ans a per­mis d’amas­ser 26 mil­lions de dol­lars pour la re­cherche sur les greffes de moelle épi­nière.

Rick Han­sen a per­du ses jambes dans un ac­ci­dent de la route. Ori­gi­naire de la Co­lom­bieb­ri­tan­nique, comme son idole Ter­ry Fox, Han­sen fê­te­ra ses 60 ans, cet été. Tou­jours ac­tif, et dé­ter­mi­né dans ses ac­tions ci­toyennes, il ré­pond par­fai­te­ment à ma dé­fi­ni­tion d’un ‘vrai’ hé­ros.

L’ORDRE DE GA­TI­NEAU

Comme chaque an­née, j’ai as­sis­té avec beau­coup d’émo­tion à la re­mise de l’ordre de Ga­ti­neau, la plus haute dis­tinc­tion ho­no­ri­fique de la ville. Trois ci­toyens exem­plaires ont été ho­no­rés pour leur contri­bu­tion ex­cep­tion­nelle en­vers la com­mu­nau­té et la ré­gion. Un hom­mage sym­bo­lique a aus­si été ren­du à tous les bé­né­voles ga­ti­nois qui ont ai­dé sans re­lâche les si­nis­trés des inon­da­tions.

J’ap­plau­dis les choix de De­nis Beau­doin, fon­da­teur du Club Ka­ra­té Ga­ti­neau (plus de 40 ans à for­mer ath­lètes et cham­pions), de Pa­trick Du­guay, co­opé­ra­teur so­li­daire et mo­bi­li­sa­teur vi­sion­naire (la sau­ve­garde de la Lai­te­rie de l’ou­taouais), et de Louise Poirier, mon ex-com­plice mé­dia­tique ado­rée, femme de coeur en­ga­gée en sport et en san­té (la Ga­ti­neau Lop­pet et la Fon­da­tion San­té Ga­ti­neau).

«On est bien ici». C’est ain­si que Louise Poirier a ter­mi­né ses re­mer­cie­ments de­vant le maire, les conseillers, et quelques cen­taines d’in­vi­tés. Fi­chu beau slo­gan pour notre ville, vous ne trou­vez pas ?

Oui. «On est bien ici». Mal­heu­reu­se­ment, beau­coup de per­sonnes l’ou­blient trop sou­vent.

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