La cein­ture noire en taek­won­do… à 64 ans

Le Bulletin - - SPORTS - AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO an­to­ny.da­sil­va­ca­si­mi­ro@tc.tc

TAEK­WON­DO. Gi­nette Tur­geon n’est pas une sexa­gé­naire comme les autres.

En ap­pa­rence, on pour­rait dire que cette dame de 64 ans semble in­of­fen­sive. Sans dé­fense, pour­rait-on croire.

C’est tout le contraire.

Le 19 mai der­nier, Mme Tur­geon a re­çu sa cein­ture noire en taek­won­do WTF. Oui, oui: une cein­ture noire. Si quel­qu’un l’at­ta­quait, elle pour­rait ren­ver­ser la si­tua­tion et faire pas­ser son agres­seur pour une vic­time.

«Si ça ar­ri­vait, c’est sûr que je pour­rais me dé­fendre. (En fai­sant du taek­won­do), je me sens plus en confiance. J’ai les ou­tils pour me dé­fendre et je pour­rais faire des coups qu’il ne s’at­ten­drait pas», a-t-elle lan­cé en riant à la ques­tion.

Et ce n’est pas comme si elle pra­ti­quait le taek­won­do de­puis son jeune âge comme plu­sieurs autres élèves de maître Luc Mer­cier. La pro­té­gée du Club de taek­won­do WTF de Ga­ti­neau a com­men­cé sur le tard, à 57 ans.

Chaque fois qu’elle le dit à une per­sonne, celle-ci écar­quille les yeux et la même ques­tion suit: com­ment une per­sonne de l’âge d’or a dé­ci­dé de com­men­cer un art mar­tial?

La ré­ponse: son fils. Pen­dant des an­nées, elle le re­con­dui­sait à ses cours à l’édi­fice La­vigne de l’école de la Tra­ver­sée. Elle s’est ins­crite à un cours d’été avec un groupe d’amis qui as­sis­tait aus­si aux séances d’en­traî­ne­ments.

En­semble, ils sont dé­ci­dés de pour­suivre à l’au­tomne et de­puis, la Bu­cki­noise n’a ja­mais ces­sé. En fait, c’est la seule de son cercle à avoir conti­nué.

De plus, son fils ne cesse de la pous­ser. Si ha­bi­tuel­le­ment, c’est le scé­na­rio in­verse où l’en­fant imite le pa­rent, ici, ç’a été le contraire.

«Mon fils me dit tou­jours que j’ai com­men­cé, je dois le fi­nir. Je ne peux pas ar­rê­ter. Chaque fois que je réus­sis une cein­ture, il m’en­cou­rage à faire la pro­chaine.»

S’en­traî­nant deux fois par se­maine, cette gen­tille dame parle jus­te­ment du club ga­ti­nois comme étant une grande fa­mille. L’en­traide et l’es­prit d’équipe sont forts, a-t-elle sou­li­gné.

Et Mme Tur­geon a tou­jours été une adepte du sport. Pen­dant des an­nées, elle a fait du bal­lon-ba­lai au ni­veau com­pé­ti­tif, en plus du soc­cer, du bad­min­ton, du ten­nis, du rol­ler­blade, du pa­tin, etc.

Loin d’être le sté­réo­type de l’aî­né qui passe ses jour­nées au golf ou à jouer au bridge.

«Moi, il faut que ça bouge, que ça l’aille vite. J’ai es­sayé le golf. Je n’ai pas ai­mé. C’était trop lent. Je pré­fère les sports d’ac­tion. Et quand je com­mence quelque chose, je dois y al­ler jus­qu’au bout. Je ne peux pas juste ar­rê­ter. J’ai beau avoir 64 ans, je me sens plus comme si j’en avais 40-50», a-t-elle ajou­té, sou­rire en coin.

Dé­ten­trice d’une cein­ture noire, le sym­bole tant convoi­té dans les arts mar­tiaux, qu’elle est la pro­chaine étape pour Gi­nette Tur­geon?

Ob­te­nir sa deuxième dan. Car pour le mo­ment, bien qu’elle soit une taek­won­doïste cein­ture noire de 1re dan, ça n’ap­pa­raît pas sur le long tis­su au­tour de sa taille. Il faut at­tendre de pas­ser la deuxième dan pour ob­te­nir des or­ne­ments sur la cein­ture.

«Ça prend mi­ni­mum deux ans en avoir. Je vais donc en faire au mi­ni­mum pen­dant deux ans», a conclu la prin­ci­pale in­té­res­sée.

(Photo TC Media – An­to­ny Da Sil­va-casimiro)

Âgée de 64 ans, Gi­nette Tur­geon a dé­cro­ché la cein­ture noire en taek­won­do. Un ex­ploit peu ba­nal, a sou­li­gné son en­traî­neur Luc Mer­cier.

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