Un CPE qui ne met presque plus rien à la pou­belle

Le Bulletin - - ACTUALITÉS - LOUIS-CHARLES POULIN louis-charles.poulin@tc.tc

EN­VI­RON­NE­MENT. Le CPE Le Lièvre et la Tor­tue, si­tué au 6 che­min du Vol-à-voile à L’ange-gar­dien, est pas­sé d’une pou­belle remplie de dé­chets par jour à une pe­tite pou­belle et même par­fois seule­ment un pe­tit sac de dé­chets par se­maine.

Com­ment ont-ils fait? Prin­ci­pa­le­ment en com­pos­tant avec quatre types de com­pos­teurs dif­fé­rents que la mu­ni­ci­pa­li­té leur a ap­por­tés dans le cadre d’un pro­jet pi­lote vi­sant à tes­ter di­vers équi­pe­ments de com­pos­tage de dif­fé­rents for­mats pour éva­luer leur ef­fi­ca­ci­té.

Avant cette ini­tia­tive, le CPE Le Lièvre et la Tor­tue com­pos­tait dé­jà ses re­tailles de fruits et de lé­gumes. Avec l’ar­ri­vée des nou­veaux com­pos­teurs, no­tam­ment l’hexa­go­nal Jo­ra­can NE 401, il est main­te­nant pos­sible de com­pos­ter tous les res­tants de table, re­marque l’édu­ca­trice de sou­tien, Isa­belle Au­ber­tin, res­pon­sable du pro­jet de com­post au CPE.

L’en­droit qui ac­cueille 106 en­fants a même réus­si à ter­mi­ner une se­maine avec seule­ment un pe­tit sac Zi­ploc de dé­chets, men­tionne fiè­re­ment Mme Au­ber­tin.

«Il ne reste vrai­ment pas grand-chose dans les dé­chets. Il reste, par exemple, les en­ve­loppes de to­fu qui ne sont pas re­cy­clables et les en­ve­loppes de viandes vrai­ment souillées […] Les dé­chets sont gé­rés à la cui­sine et on va au mi­ni­mum trois fois par jour au bac de com­post por­ter nos choses», ex­plique celle qui est ai­dée par la cui­si­nière du CPE, Jes­si­ka Pa­quette, dans ce pro­jet de ges­tion des ma­tières ré­si­duelles.

«À chaque fois que je sors avec mon bac de com­post à l’ex­té­rieur, les en­fants se re­groupent au­tour de moi et me posent énor­mé­ment de ques­tions. Qu’est-ce que c’est? Qu’est-ce que tu fais? Est-ce que je peux voir?», in­dique Mme Au­ber­tin qui se fait un plai­sir de les édu­quer à ce su­jet.

«Je pense qu’il faut que ça de­vienne la norme. Si les en­fants nous voient faire du com­post tout le temps, ça va de­ve­nir la norme pour eux. En étant adultes, c’est ce qu’ils vont re­pro­duire», es­père-t-elle.

«Dé­jà les plus vieux chi­canent leur édu­ca­trice pour lui dire qu’est-ce qui va au re­cy­clage et au com­post.»

Mme Au­ber­tin re­marque qu’au­tant les adultes que les en­fants se ques­tionnent main­te­nant beau­coup avant de je­ter un dé­chet, à sa­voir s’il est re­cy­clable ou com­pos­table.

«Avant de mettre quelque chose à la pou­belle, tout le monde se ques­tionne. On s’im­prime des listes de ce qui est re­cy­clable ou com­pos­table», af­firme-t-elle en spé­ci­fiant qu’il y a tou­jours place On ne fait pas que du com­post. On es­saie aus­si de li­mi­ter notre uti­li­sa­tion de Sa­ran wrap, on em­balle dans des tup­per­wares, nos four­nis­seurs re­prennent leurs boîtes et on re­cycle énor­mé­ment.»

Isa­belle Au­ber­tin à l’amé­lio­ra­tion et que le CPE Le Lièvre et la Tor­tue conti­nue sans cesse d’es­sayer de trou­ver des fa­çons de ré­duire ses dé­chets qui vont à la pou­belle.

De­puis la mise en place du pro­jet pi­lote, le CPE a ins­tal­lé des bacs dans ses salles de bains pour ré­cu­pé­rer le pa­pier brun ser­vant à s’es­suyer les mains.

«On s’en sert pour gé­né­rer notre car­bone dans notre com­post», dit-elle en pré­ci­sant qu’il est es­sen­tiel d’avoir une cer­taine pro­por­tion d’azote et de car­bone dans le com­pos­teur.

«Ça balance le tout et ça per­met aux ma­tières de se dé­com­po­ser», dit-elle en pré­ci­sant que les ma­tières dé­com­po­sées par le com­pos­teur hexa­go­nal aident à faire pous­ser les ali­ments se trou­vant dans le po­ta­ger du CPE.

«Les en­fants adorent s’oc­cu­per du po­ta­ger». Mme Au­ber­tin men­tionne avoir un bon sou­tien de la mu­ni­ci­pa­li­té qui leur donne des conseils au ni­veau du com­post. Ré­cem­ment, des vers s’étaient in­vi­tés dans le bac de com­post et le Di­rec­teur de l’ur­ba­nisme et du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, Fran­çois Ro­chon, leur avait ap­por­té des gra­nules de bois pour ré­gler le pro­blème.

Ce der­nier est fier du CPE Le Lièvre et la Tor­tue pour leur im­pli­ca­tion dans ce pro­jet pi­lote.

«Les jeunes c’est l’ave­nir et c’est une bonne chose qu’ils soient sen­si­bi­li­sés aux pre­miers ru­di­ments du com­pos­tage dès le dé­part. Il y en a cer­tai­ne­ment, par­mi eux, qui vont en­cou­ra­ger leurs pa­rents à mettre la main à la pâte», croit-il.

M. Ro­chon men­tionne que de­puis le dé­but de l’an­née, qu’en­vi­ron 120 ci­toyens de L’an­ge­gar­dien se sont mu­nis d’un bac de com­post. Au to­tal, 625 com­pos­teurs sont ré­per­to­riés sur le ter­ri­toire de la mu­ni­ci­pa­li­té et, se­lon ses pré­vi­sions, ce nombre de­vrait grim­per jus­qu’à 1500 d’ici cinq ans.

«Le com­pos­tage, ça va cer­tai­ne­ment être l’une des plus grandes prio­ri­tés pour L’an­ge­gar­dien pour les pro­chaines an­nées», in­forme ce­lui qui ajoute que la mu­ni­ci­pa­li­té a «un plan de match as­sez so­lide» à cet ef­fet.

(Photo TC Media – Louis-charles Poulin)

Les en­fants adorent se re­grou­per au­tour de l’édu­ca­trice de sou­tien, Isa­belle Au­ber­tin, pour en sa­voir da­van­tage sur le com­pos­tage.

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