Inon­da­tions : «C’est mon rêve de re­traite qui vient de prendre le bord»

Le Bulletin - - ACTUALITÉS - LOUIS-CHARLES POU­LIN louis-charles.pou­lin@tc.tc

INON­DA­TIONS. Un couple sur le point de prendre leur re­traite avait l’in­ten­tion de s’ins­tal­ler à lon­gueur d’an­née dans leur ré­si­dence se­con­daire, si­tuée sur le che­min du Fer-à-che­val, mais leur plan est tom­bé à l’eau en rai­son de la crue prin­ta­nière.

«C’est mon rêve de re­traite qui vient de prendre le bord. Ça fait mal et ça fait même réel­le­ment mal. On es­saye d’ava­ler la pi­lule, mais ce n’est pas fa­cile», se plaint la ré­si­dente en com­pa­gnie de son ma­ri, qui tous deux pré­fèrent gar­der l’ano­ny­mat. Puisque leur ré­si­dence si­tuée à Mas­son-an­gers est leur mai­son de vil­lé­gia­ture, le couple de Ga­ti­neau men­tionne n’avoir droit à au­cune aide fi­nan­cière à l’ex­cep­tion de 18 000 $ en cré­dits d’im­pôt. Ce­la re­pré­sente bien peu com­pa­ra­ti­ve­ment à l’éten­due des dé­gâts cau­sés par les inon­da­tions his­to­riques de ce prin­temps. «On a eu fa­ci­le­ment quatre pieds d’eau dans notre cha­let et on a vrai­ment tout per­du. On a pu de plan­cher, les murs sont cou­pés à moi­tié et les meubles sont tous par­tis», fait re­mar­quer le couple de si­nis­trés vi­si­ble­ment en­core sous le choc de voir «la dé­so­la­tion» de leur pro­prié­té. «On au­rait pré­fé­ré pas­ser au feu et voir notre cha­let en cendre que de le voir dans cet état de dé­so­la­tion-là et de­voir le ra­mas­ser mor­ceau par mor­ceau à cause des inon­da­tions.»

Leur cha­let, où il pas­sait l’été et la pé­riode des fêtes pour se re­po­ser, res­semble da­van­tage à une vielle re­mise de ran­ge­ment. C’est d’ailleurs ce à quoi il ser­vi­ra do­ré­na­vant, in­diquent-ils. «La car­casse du cha­let tient en­core de­bout, donc ça va de­ve­nir une grosse re­mise ou ap­pelle ça comme tu vou­dras», s’at­triste le couple. «On ne sait pas si on peut re­bâ­tir ou non. Per­sonne n’est ve­nue nous voir, donc on s’est trou­vé un plan B», in­forment-ils en poin­tant leur toute nou­velle rou­lotte ins­tal­lée dans leur sta­tion­ne­ment où ils pré­voient y pas­ser leurs étés pour pro­fi­ter de la vue sur la ri­vière. «Qu’ils ne viennent pas nous dire qu’on a pas le droit d’avoir de rou­lotte sur notre ter­rain, parce que là ça va bras­ser […] Je ne sais pas ce qui va se pas­ser avec nos taxes, mais c’est cer­tain que je ne paye­rai plus de taxes pour un cha­let. On veut qu’ils viennent vi­si­ter et ré­éva­luer notre ter­rain», or­donnent les pro­prié­taires qui dé­plorent le manque d’in­for­ma­tions et de sou­tien du­rant la crue prin­ta­nière et ac­tuel­le­ment. «Le mi­ni­mum au­rait été de nous of­frir du sou­tien psy­cho­lo­gique», dé­nonce le couple qui ne sou­haite pas re­vivre une telle si­tua­tion.

Ils ne sont pas les seuls à vivre dif­fi­ci­le­ment la pé­riode post-inon­da­tion sur le che­min du Fer-àche­val, alors que plu­sieurs ont vu leur ré­si­dence prin­ci­pale être com­plè­te­ment ra­va­gée par les inon­da­tions. Plu­sieurs ont ap­pris ré­cem­ment qu’ils ne pour­raient pas re­ga­gner leur mai­son, alors que d’autres at­tendent de sa­voir s’ils pour­ront la ré­no­ver ou non. Cer­tains ont dé­ci­dé de payer de leur poche les tra­vaux afin de se re­bâ­tir sans avoir ob­te­nu d’ap­pro­ba­tion et de garantie de rem­bour­se­ment. «Même si on ob­tient les per­mis de construc­tion, il y a tou­jours l’in­quié­tude à sa­voir si on va pou­voir trou­ver des pro­fes­sion­nels pour faire le tra­vail dans les normes de prix qu’on nous donne. Je crois qu’on va tous de­voir dé­bour­ser une par­tie de notre poche», es­time une autre ré­si­dente dont le ter­rain et la ré­si­dence sont tou­jours dans un état pi­toyable. «On est plu­sieurs per­sonnes à avoir per­du tous les ac­quis de notre vie», dit celle qui prie la mu­ni­ci­pa­li­té et les deux pa­liers gou­ver­ne­men­taux de ne pas les ou­blier et de leur por­ter sou­tien.

La Di­rec­tion des com­mu­ni­ca­tions du mi­nis­tère des Af­faires mu­ni­ci­pales et de l’oc­cu­pa­tion du ter­ri­toire et du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique in­forme la po­pu­la­tion que des em­ployés sup­plé­men­taires ont été em­bau­chés par le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial pour trai­ter les dos­siers des si­nis­trés. «Chaque ana­lyste a en­vi­ron 200 dos­siers à sa charge. Mal­gré les congés de cer­tains em­ployés, d’autres per­sonnes as­surent la re­lève afin de ré­pondre aux ques­tions des si­nis­trés et de pro­cé­der au trai­te­ment du dos­sier lorsque ce­la est né­ces­saire. À au­cun mo­ment le dos­sier d’un si­nis­tré ne se­ra re­tar­dé en rai­son de l’ab­sence de la per­sonne res­pon­sable du dos­sier», fait sa­voir le Re­la­tion­niste mé­dias, Oli­vier Can­tin. Il pré­cise qu’il est im­por­tant d’ef­fec­tuer cer­tains tra­vaux ra­pi­de­ment, entre autres, le net­toyage et la dé­mo­li­tion des ma­té­riaux conta­mi­nés afin d’évi­ter des dom­mages ad­di­tion­nels et pour des rai­sons de san­té. On es­saye d’ava­ler la pi­lule, mais ce n’est pas fa­cile.»

(Pho­to TC Me­dia – Louis-charles Pou­lin)

Plu­sieurs si­nis­trés du che­min du Fer-à-che­val sont tou­jours in­quiets quant à l’ave­nir de leur pro­prié­té.

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