«Peu im­porte la sen­tence qu’il au­rait pu avoir, ça ne me re­don­ne­ra pas ma vie d’en­fant»

Le Bulletin - - ACTUALITÉS - MA­RIE PIER LÉ­CUYER ma­rie­pier.le­cuyer@tc.tc

JUS­TICE. Main­te­nant que son agres­seur est der­rière les bar­reaux, la vic­time d’yves Blais ten­te­ra dé­sor­mais de tour­ner la page.

Re­con­nu cou­pable en jan­vier der­nier, le ré­sident du Lac-simon, qui ha­bi­tait sur le ter­ri­toire du Bul­le­tin lors des évé­ne­ments, a re­çu sa sen­tence il y a quelques jours au Pa­lais de jus­tice de Ga­ti­neau.

«Peu im­porte la sen­tence qu’il au­rait pu avoir, ça ne me re­don­ne­ra pas ma vie d’en­fant», ra­conte la vic­time, dont on tai­ra l’iden­ti­té.

Cette der­nière a ac­cep­té de se confier sur le cau­che­mar qu’elle a vé­cu au tour­nant des an­nées 1970 et 1980. «Ce dont je suis le plus contente, c’est qu’il ne pour­ra pas être en contact avec les autres en­fants, confie la vic­time, qui a ac­cep­té de té­moi­gner. Ça me ras­sure beau­coup.»

C’est que l’homme ne pour­ra pas se re­trou­ver dans un rayon de 2 ki­lo­mètres du do­mi­cile de la vic­time, en plus de ne pas se re­trou­ver dans une zone pu­blique où peuvent se trou­ver des per­sonnes de moins de seize ans et d’avoir un in­ter­dit de contact avec des per­sonnes âgées de moins de seize ans sauf sous su­per­vi­sion. Il se­ra ins­crit au re­gistre des dé­lin­quants sexuels à per­pé­tui­té.

Mais il au­ra fal­lu quelques an­nées pour qu’une pres­sion de moins pèse sur les épaules de la vic­time dans cette his­toire. Les gestes po­sés par Yves Blais à la fin des an­nées 1970 et au dé­but des an­nées 1980 ont été dé­non­cés en 2009. Le pro­ces­sus ju­di­ciaire des huit der­nières an­nées a été éprou­vant, confie-t-elle. «Ça a été très très dif­fi­cile, je suis une per­sonne très vi­suelle et de re­vivre ce­la…»

Avec le sou­tien de sa fa­mille, elle es­père main­te­nant avoir la force de pas­ser à autre chose. «Je le fais pour mes en­fants et ma fa­mille.»

C’est d’ailleurs son ma­ri qui l’a ai­dé à por­ter plainte. Après lui en avoir par­lé quelques an­nées plus tôt à l’aube de leur ma­riage, ce der­nier a dé­ci­dé de dé­non­cer l’homme. «À cette épo­que­là et jus­qu’à l’an pas­sé, je pen­sais que c’était de ma faute. (…) Je suis contente main­te­nant, je pense que je n’au­rais pas eu le cou­rage de le faire toute seule.»

Cette der­nière ra­conte que l’ac­cu­sé me­na­çait de po­ser des gestes si­mi­laires sur son frère et sa cou­sine si elle en par­lait. «Il me di­sait aus­si que mes pa­rents n’al­laient pas me croire.» Il y a à peine un an, cette der­nière avait de la dif­fi­cul­té à voir plus d’un jour à la fois. Au­jourd’hui, elle es­père pou­voir conti­nuer sa vie. «J’es­saie juste de tour­ner la page, Ce dont je suis le plus contente, c’est qu’il ne pour­ra pas être en contact avec les autres en­fants»

La vic­time d’yves Blais confie-t-elle. Une chance que ma fa­mille était là, mon ma­ri, mes en­fants. À plu­sieurs re­prises, j’ai vou­lu lâ­cher, mais ma fa­mille me di­sait de ne pas lâ­cher»

Main­te­nant que c’est ter­mi­né, elle est contente d’être al­lée jus­qu’au bout. «Il va res­ter à moi d‘es­sayer de mettre les ou­tils en place pour être ca­pable de tour­ner la page et conti­nuer ma vie. Mais j’ai vrai­ment es­poir d’être ca­pable de la tour­ner.»

Rap­pe­lons que la vic­time a été agres­sée de l’âge de 5 à 13 ans. L’homme a de­man­dé à plu­sieurs re­prises à la jeune vic­time de po­ser des gestes de na­ture sexuelle. «Je me trouve en­core dé­gueu­lasse d’avoir fait ce­la, mais je com­prends que j’étais juste un en­fant. Mais c’est dif­fi­cile pa­reil à ac­cep­ter.»

(Photo - Deposit Pho­tos)

Main­te­nant que le cou­pable est der­rière les bar­reaux, sa vic­time veut tour­ner la page.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.