Sa­voir lâ­cher prise

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Je vous ai dé­jà par­lé d’un livre qui a chan­gé ma fa­çon de voir la vie. C’était un vieux livre de poche, jau­ni par les an­nées, que j’avais ache­té pour moins que rien dans un stand de bou­qui­nistes, le long de la Seine, à Pa­ris. Trot­toir my­thique, dans la plus belle ville du monde. J’ai ou­blié le titre de cet es­sai et le nom de l’au­teur, car trop im­pres­sion­né par son conte­nu, je l’ai aus­si­tôt ‘prê­té’ à un ami, et le livre ne m’est ja­mais re­ve­nu.

Ce livre dé­cri­vait six ‘clés’ es­sen­tielles pour as­pi­rer au bon­heur. Elles pro­ve­naient des grandes ci­vi­li­sa­tions in­cas, mayas, et az­tèques. Des ‘clés’ pleines de sa­gesse. La sixième ‘clé’ du bon­heur est sim­ple­ment le ‘lâ­cher prise’. Oui, il faut sa­voir lâ­cher prise à un mo­ment don­né. Quand on a le dos au mur, quand une si­tua­tion est ir­ré­ver­sible, quand une dis­cus­sion ne va nulle part. Sou­la­ge­ment pour soi. Et pour les autres.

Évi­dem­ment, quand il s’agit de l’ap­pli­quer dans le tour­billon quo­ti­dien de notre vie, j’ai réa­li­sé que c’était une toute autre his­toire ! Parce que l’être hu­main re­fuse d’ap­prendre de ses er­reurs. Il parle plus qu’il n’écoute. Il me­nace, juge, et condamne. Il veut tout contrô­ler, à sa ma­nière. Il s’acharne à dé­mon­trer que lui seul a rai­son, et que tous les autres ont tort. Il veut tou­jours ga­gner et prou­ver qu’il est le plus fort. Ne ja­mais lâ­cher prise, à l’image du chien qui mord dans son os, est res­pon­sable de toutes les guerres, des grands conflits so­ciaux, de­puis la nuit des temps.

Sa­voir lâ­cher prise est loin d’être un signe de fai­blesse. C’est une marque de grande in­tel­li­gence et de force in­té­rieure. Une stra­té­gie pa­ci­fiste qui pa­ra­lyse les op­po­sants et évite les ri­postes. Les plus im­por­tants lea­ders de ce monde et tous les po­li­ti­ciens en­tê­tés de­vraient for­te­ment s’en ins­pi­rer.

LE PRÉ­VI­SIBLE ET L’IM­PRÉ­VI­SIBLE

La Co­rée du Nord mul­ti­plie les es­sais nu­cléaires et en­voie des mis­siles nu­cléaires dans le Pa­ci­fique, à proxi­mi­té de l’île de Guam. Le pays de Kim Jong-un pos­sède un ar­se­nal puis­sant, no­tam­ment la bombe H. Elle pour­rait être pla­cé dans un mis­sile in­ter­con­ti­nen­tal dont la cible est l’amé­rique du Nord. Le dic­ta­teur nord-co­réen cherche par tous les moyens à nar­guer et à pro­vo­quer son pire en­ne­mi, les États-unis, à qui il re­proche un im­pé­ria­lisme en­va­his­sant.

Do­nald Trump, lui, ri­poste avec des ‘tweets’ me­na­çants et des dis­cours pleins de rage et de haine. On sait que le pré­sident amé­ri­cain a la mèche courte. Fi­gure de style ! Ce­la ne pren­drait pas grand-chose pour qu’il pèse sur le bou­ton rouge, et dé­clenche un conflit hors de contrôle. Il y a 80 000 mi­li­taires pos­tés en per­ma­nence en Co­rée du sud, dans la mer du Ja­pon, et en pé­ri­phé­rie.

Les amé­ri­cains pos­sèdent dix fois la puis­sance mi­li­taire de tous les autres pays oc­ci­den­taux réu­nis. Ce­la leur pren­drait 22 mi­nutes pour faire dis­pa­raître de la carte la Co­rée du Nord. Ima­gi­nez la suite. Une es­ca­lade sans fin. Des mil­lions de morts. Un scé­na­rio apo­ca­lyp­tique.

Les ten­sions aug­mentent chaque jour entre ces deux di­ri­geants. Un dia­logue construc­tif n’est pas à l’ordre du jour. Que pensent les pays voi­sins, la Rus­sie, la Chine, la Co­rée du Sud ? Un jour, ils crachent le chaud et le len­de­main, ils crachent le froid. Les autres puis­sances ? Elles ne font que par­ler. Bla­bla­bla. L’ONU ? To­ta­le­ment dé­pas­sée, comme trop sou­vent. Vous y voyez clair dans cet af­fron­te­ment ex­po­nen­tiel ? Crai­gnez­vous comme moi que ce­la dé­gé­nère ?

C’est quoi en­core la sixième ‘clé’ du bon­heur ? Le lâ­cher prise ! Ce­la se­rait une bonne idée.

VENTS MOR­TELS DE LA MER

J’ai beau­coup d’em­pa­thie pour les si­nis­trés des ou­ra­gans Har­vey, Ir­ma, et Jo­sé, qui ont frap­pé les Îles des Ca­raïbes et la Flo­ride. Les forces de la na­ture se­ront tou­jours plus fortes que l’homme.

Il faut trois élé­ments de base pour qu’un ou­ra­gan ma­jeur se forme : une eau de mer à plus de 26 de­grés, beau­coup d’hu­mi­di­té, et une ab­sence de vent, en al­ti­tude. Avec le ré­chauf­fe­ment de la pla­nète, la force de frappe des ou­ra­gans va em­pi­rer.

En langue in­dienne ca­raïbe, ‘hun­ra­ken’ (ou­ra­gan) veut dire ‘Dieu des tem­pêtes’. L’homme est bien pe­tit à cô­té.

UNI­VER­SI­TÉ DU TROI­SIÈME ÂGE

L’idée est gé­niale. Of­frir des cours et des confé­rences dans di­vers do­maines d’in­té­rêt aux plus de 50 ans, sans obli­ga­tions d’exa­mens préa­lables, sans cré­dits ac­cor­dés. L’uni­ver­si­té du troi­sième âge a été créée pour le simple plai­sir d’ap­prendre. Fon­dée à Sher­brooke, elle a main­te­nant des ra­mi­fi­ca­tions dans onze ré­gions du Qué­bec, dont l’ou­taouais.

Dès le 20 sep­tembre, une ses­sion d’au­tomne se­ra of­ferte à Ga­ti­neau (3, rue No­tredame), à Ri­pon (Place du Mar­ché), et à Ma­ni­wa­ki (salle des Hauts-bois). On vise 200 ins­crip­tions. Ce concept d’ap­prendre sans stress et sans com­pé­ti­tion est pas mal ins­pi­rant. Une for­mule ga­gnante qui pren­dra de l’ex­pan­sion, se­lon moi.

Je vous laisse sur une pen­sée d’abra­ham Lin­coln. » Si vous croyez que l’édu­ca­tion coûte cher, es­sayez l’igno­rance. »

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