Un week-end sa­cré

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Avez-vous des pro­jets pour le long wee­kend de l’ac­tion de grâce ? En pro­fi­tez-vous pour faire le mé­nage de la cour, du cha­let ? Al­lez-vous ra­mas­ser vos der­niers lé­gumes du po­ta­ger avant le gel ? Gar­dez-vous les feuilles de ba­si­lic pour les faire sé­cher? Faites-vous des conserves pour l’hi­ver ? Des pots de sauce to­mate ? Des ma­ri­nades ?

Moi, à cette pé­riode de l’an­née, j’ai sur­tout be­soin de cha­leur hu­maine. C’est dans mon ADN. Quand ma grand-mère (Mi­mi) vi­vait, le dî­ner fa­mi­lial du lun­di fé­rié de l’ac­tion de grâce était sa­cré. Un ren­dez­vous non né­go­ciable. Pa­rents, frères, soeurs, conjoints, en­fants, pe­tits-en­fants, de­vaient tous être pré­sents, peu im­porte l’agen­da per­son­nel du mo­ment (les amis à voir, ce­la se­rait pour un autre jour!), peu im­porte les en­ga­ge­ments pro­fes­sion­nels (il fal­lait les an­nu­ler!), peu im­porte la dis­tance géo­gra­phique à par­cou­rir (il n’y a pas de neige en oc­tobre!). Mi­mi nous té­lé­pho­nait in­di­vi­duel­le­ment quelques jours avant, pour s’as­su­rer qu’on se­rait tous là.

RE­TROU­VAILLES ET VIC­TUAILLES

Le re­pas ? De la dinde, de la farce, de la sauce ‘gra­vy’, des pa­tates pi­lées, des pe­tits pois, des ca­rottes, des can­ne­berges mai­son, une tarte à la ci­trouille, et des tartes aux pommes chaudes ser­vies avec de la crème gla­cée à la va­nille. Sur la nappe bro­dée, il y avait des chopes de bière, des pi­chets de vin, et de la gre­na­dine su­crée pour les plus jeunes. On se met­tait à table vers mi­di. On en sor­tait, re­pus, vers 16 heures, après avoir par­lé de tout et de rien, après s’être ra­con­té plein d’his­toires. C’était avant Net­flix, Fa­ce­book, Google, Twit­ter, les cel­lu­laires et les ta­blettes. Per­sonne n’avait le droit d’ou­vrir le té­lé­vi­seur dans le sa­lon.

À la fin du dî­ner, les plus vieux dé­bar­ras­saient la table et fai­saient la vais­selle en riant. On sor­tait en­suite les cartes. Les plus jeunes al­laient s’ac­crou­pir sur le ta­pis pour jouer au Monopoly. Ils se par­ta­geaient les liasses d’ar­gent et les pe­tites mai­sons rouges et vertes. À chaque lan­cer de dés, cris de joie ou de dé­cep­tion fu­saient.

J’ai sou­ve­nir en­core de ces mo­ments uniques de ‘grâce’. Se re­trou­ver sim­ple­ment en­semble par plai­sir. Man­ger, ja­ser, se ta­qui­ner, jouer. Ma grand-mère était le ci­ment de notre clan. Quand elle est morte, la tra­di­tion de se voir an­nuel­le­ment à l’ac­tion de grâce s’est éteinte peu à peu.

«Pas le temps. Pas la bonne jour­née. Trop d’obli­ga­tions. Trop loin. Trop fa­ti­gant. Trop froid. Trop pe­tit. Trop de ‘troubles’. Ho­raire im­pos­sible avec une nou­velle fa­mille. Etc.» La li­ta­nie des ex­cuses fa­ciles s’est éti­rée au fil des ans.

Vous sa­vez quoi ? Ce­la m’a pris des an­nées pour com­prendre que je de­vais es­sayer de re­lan­cer cette tra­di­tion fa­mi­liale du re­pas de l’ac­tion de grâce. Je com­mence mo­des­te­ment. Au moins, c’est un dé­but. J’ai in­vi­té mon fils et sa blonde, leurs deux en­fants. Même leur chien for­mat géant est le bien­ve­nu. J’ai in­sis­té pour qu’ils viennent dî­ner le lun­di 9 oc­tobre. Quand tout ce beau monde va dé­bar­quer dans la mai­son, après deux heures de route sous la pluie (?), je sais que l’on va s’amu­ser. La cha­leur hu­maine n’a pas de prix. Il ne man­que­ra que ma grandmère. Et son sou­rire.

LE BAL DES CI­TROUILLES

L’ac­tion de grâce cé­lèbre la fin des mois­sons et des ré­coltes. Au ca­len­drier, c’est la ligne de dé­mar­ca­tion, entre les ca­ni­cules de l’été, et le long hi­ver qui ap­proche. Le meilleur mo­ment de l’an­née pour al­ler faire des bal­lades dans la na­ture. Il y a bien sûr le Parc de la Ga­ti­neau. Mais aus­si les pay­sages val­lon­nés de la Pe­tite-na­tion, ses pa­no­ra­mas ma­gni­fiques, ses arbres mul­ti­co­lores, ses villages pa­tri­mo­niaux.

Chaque an­née, je me fais un de­voir de sou­li­gner un évé­ne­ment po­pu­laire ori­gi­nal : le Bal des ci­trouilles à Ri­pon. Il en est à sa 26e an­née. Les ac­ti­vi­tés s’étalent du 6 au 8 oc­tobre et sont re­grou­pées au mar­ché pu­blic, et au centre com­mu­nau­taire.

Si vous ai­mez goû­ter à dif­fé­rents pro­duits du ter­roir, si vous avez le goût d’échan­ger avec nos ar­ti­sans et d’ache­ter vos premiers ca­deaux de Noël, si vous dé­si­rez as­sis­ter à une vraie soi­rée de folk­lore tra­di­tion­nel, al­lez faire un tour à Ri­pon.

LE FLAM­BEAU

En ter­mi­nant, je veux fé­li­ci­ter Ma­nue­la Teixeira pour ses quatre ans pas­sés à la pré­si­dence de Tou­risme Ou­taouais. Elle y a in­suf­flé de l’éner­gie, des idées neuves, du leadership. Elle a em­bau­ché une for­mi­dable di­rec­trice gé­né­rale en France Bé­lisle. Un dy­na­mo avec qui j’ai eu le bon­heur de tra­vailler. La sou­riante pro­prié­taire du Chel­sea Pub et du Bis­cot­ti passe main­te­nant le flam­beau de la pré­si­dence et de l’en­ga­ge­ment ci­toyen à Ge­ne­viève Du­mas, di­rec­trice gé­né­rale du Fair­mont Le Châ­teau Mon­te­bel­lo. Une autre grosse poin­ture dans le pay­sage tou­ris­tique. Plus de vingt ans d’ex­pé­rience et de ré­seau­tage dans le sec­teur hô­te­lier.

Tou­risme Ou­taouais est un mo­dèle de gou­ver­nance ef­fi­cace quand on re­garde la liste des ad­mi­nis­tra­teurs qui y siègent: re­pré­sen­ta­ti­vi­té ré­gio­nale, ex­per­tise pro­fes­sion­nelle. Beau tra­vail. Belles réa­li­sa­tions. Conti­nuez.

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