Des lé­gumes bios à sa­veur so­ciale

Le Bulletin - - COMMUNAUTAIRE - LOUIS-CHARLES POU­LIN louis-charles.pou­lin@tc.tc

SERRES. Chaque jour, Les Serres Bio de l’ou­taouais ac­cueillent plus d’une ving­taine de per­sonnes vi­vant avec une dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle qui viennent dans ce mi­lieu d’in­té­gra­tion so­ciale pour y dé­ve­lop­per plu­sieurs com­pé­tences.

Dans cette co­opé­ra­tive à but non lu­cra­tif, des per­sonnes de tout âge se cô­toient afin de s’oc­cu­per de la pro­duc­tion de nom­breux lé­gumes bios va­riés qui sont en­suite re­ven­dus sur place, au 895 rue Dol­lard à Bu­ckin­gham, ou ex­pé­diés ailleurs. Les Serres Bio de l’ou­taouais pro­duisent des concombres an­glais et li­ba­nais, des poi­vrons, des ha­ri­cots, des fines herbes, des pousses de tour­ne­sol et pe­tit pois, des fleurs co­mes­tibles et sur­tout beau­coup de to­mates beef, ce­rises et ita­liennes. «On a vrai­ment une ex­cel­lente sai­son. Ça pro­duit très bien et on a même trop de stock. Notre pro­blème en ce mo­ment, c’est qu’on a de la dif­fi­cul­té à écou­ler notre in­ven­taire, parce qu’on n’est pas as­sez connu», fait savoir la di­rec­trice Ket­sia Johns. «On veut vrai­ment que la po­pu­la­tion s’ap­pro­prie de plus en plus le ma­ga­sin. Par rap­port à des pro­duits bios qu’on re­trouve à l’épi­ce­rie, nos prix sont presque tou­jours moins chers. En plus, c’est frais, c’est de bonne qua­li­té, c’est lo­cal et ça aide di­rec­te­ment des gens de la com­mu­nau­té», sou­ligne-t-elle.

Mme Johns croit qu’il de­vrait exis­ter plus d’en­droits comme Les Serres Bio de l’ou­taouais pour of­frir un mi­lieu d’épa­nouis­se­ment à da­van­tage de per­sonnes dans le be­soin. «Il y a peu de ser­vices pour les per­sonnes de plus de 18 ans avec une dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle. Ici, c’est un lieu où ces per­sonnes se sentent va­lo­ri­sées et sont très fières de ce qu’elles ac­com­plissent. Je pense que c’est un pro­jet qui de­vrait être ré­pli­qué ailleurs, parce que tra­vailler dans des serres c’est thé­ra­peu­tique pour n’im­porte qui», croit celle qui es­père pou­voir of­frir cette op­por­tu­ni­té à des per­sonnes avec un han­di­cap phy­sique éven­tuel­le­ment.

«L’un des ob­jec­tifs, c’est que les membres de la co­op réus­sissent à se trou­ver un autre em­ploi ailleurs par la suite. Il y en a cer­tains pour qui ça fonc­tionne et pour d’autres c’est plus dif­fi­cile», in­forme Mme Johns qui men­tionne que les per­sonnes avec une dé­fi­cience ne sont pas ré­mu­né­rées au même titre qu’un tra­vailleur, mais re­çoivent quand même un mon­tant d’ar­gent re­pré­sen­tant le maxi­mum qu’ils peuvent re­ce­voir pour ne pas se faire en­le­ver l’aide so­cial. En plus des usa­gers de la co­op, l’en­droit compte cinq per­sonnes sur son con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion, quelques em­ployés qui réa­lisent cer­taines tâches plus com­plexes et aus­si une en­sei­gnante de la CSCV qui ac­com­pagne les usa­gers.

Pro­dui­sant ma­jo­ri­tai­re­ment des to­mates, la di­rec­trice men­tionne que la co­opé­ra­tive na­vigue dans un mar­ché com­pé­ti­tif et sa­tu­ré. «Un des pro­blèmes au ni­veau des to­mates de serre, c’est qu’il y a des gros joueurs qui viennent d’em­bar­quer sur le mar­ché. De­puis en­vi­ron deux ans, ça a com­plè­te­ment ex­plo­sé et le mar­ché est plein. C’est vrai­ment dif­fi­cile, parce qu’on doit des­cendre nos prix, mais on n’a pas des in­fra­struc­tures qui nous per­mettent d’être aus­si com­pé­ti­tifs qu’ailleurs», ex­plique Mme Johns qui pré­voit peut-être di­ver­si­fier da­van­tage la pro­duc­tion de lé­gumes pour faire pous­ser moins de to­mates l’an pro­chain. Elle ai­me­rait éga­le­ment pou­voir ef­fec­tuer quelques ré­no­va­tions au ni­veau des in­fra­struc­tures qui ont une ving­taine d’an­nées.

Cet au­tomne, la di­rec­trice men­tionne qu’elle fe­ra plu­sieurs de­mandes de sub­ven­tions dans le but d’amé­lio­rer l’en­droit et ten­te­ra de dé­ve­lop­per de nou­velles idées. Elle in­vite la po­pu­la­tion à ve­nir en­cou­ra­ger Les Serres bio de l’ou­taouais en ve­nant ache­ter leurs pro­duits à leur ma­ga­sin de 8h30 à 15h30 du lun­di au ven­dre­di. Il faut que les gens viennent plus en ma­ga­sin et que je me trouve de gros clients.»

- Ket­sia Johns

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