Vo­tons, le 5 no­vembre

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Le di­manche 5 no­vembre, c’est jour d’élec­tions dans 1100 mu­ni­ci­pa­li­tés du Qué­bec. On est ap­pe­lé aux urnes, entre 10 heures et 20 heures, pour élire un to­tal de 8000 maires et conseillers mu­ni­ci­paux. À Ga­ti­neau, il y a 52 can­di­dats, dont un quart de femmes, pour 19 postes. À l’échelle de la pro­vince, on en­re­gistre un tiers de can­di­dates. Dans un monde idéal, il fau­dra at­teindre un jour la pa­ri­té. J’es­père vivre as­sez vieux pour voir ce­la.

De­puis 2005, les élec­tions mu­ni­ci­pales ont lieu à tous les quatre ans, le pre­mier di­manche de no­vembre. Je vous sou­ligne en pas­sant qu’on re­vient aus­si à l’heure nor­male en fin de se­maine. N’ou­bliez pas de mettre vos montres et ré­veils à la bonne heure !

Notre pre­mier de­voir de ci­toyen est d’al­ler vo­ter. Il est in­com­pré­hen­sible et in­con­ce­vable que le taux de par­ti­ci­pa­tion di­mi­nue à chaque élec­tion. On est sous la barre des 50%. Une per­sonne sur deux se prive de son droit de vote. Ou­bli ? Manque de vo­lon­té ? In­dif­fé­rence ? Pro­tes­ta­tion ? Ras-le­bol ? Triste constat. Je vous rap­pelle qu’il y a en­core plein de pays dans le monde où les ci­toyens se battent pour avoir ce droit dé­mo­cra­tique. Vous avez vo­té par an­ti­ci­pa­tion avant de par­tir pour la Flo­ride ? Bra­vo.

LE JEU DE LA PO­LI­TIQUE

Je vous avais pro­mis de par­ler de la cam­pagne élec­to­rale. À quelques jours du vote, je com­mence à voir plus clair dans les stra­té­gies, pro­grammes, et pro­messes des can­di­dats. Comme vous êtes des lec­teurs in­tel­li­gents et aver­tis, je n’ai nul­le­ment la pré­ten­tion de vous in­fluen­cer. On va juste ja­ser pour ja­ser. Comme on le fait entre amis dans la cui­sine et au sa­lon. Une bière ou un verre de vin à la main.

La po­li­tique, c’est comme le ho­ckey. Pour es­pé­rer ga­gner, il faut sa­voir pa­ti­ner, frap­per fort, mar­quer des points au mo­ment op­por­tun. On doit res­pec­ter les règles de base. Mais quand l’ar­bitre ferme les yeux, on donne par­fois quelques jam­bettes aux ad­ver­saires, en guise d’aver­tis­se­ment. Pour réus­sir en po­li­tique, il faut bien connaître la ‘game’. La po­li­tique est un jeu. Et c’est du sport ! Il faut suivre le plan de match, avoir de l’en­du­rance, faire montre de pa­tience, contrô­ler ses émo­tions. Il faut sa­voir fon­cer, at­ta­quer, dé­jouer, se re­plier, se dé­fendre. Seul et en équipe. Avoir de l’ex­pé­rience sur le ter­rain est un atout.

En po­li­tique, comme au ho­ckey, on re­marque ra­pi­de­ment les joueurs-clé. Ils sont ha­biles, cha­ris­ma­tiques, bons com­mu­ni­ca­teurs sur la glace. Ils ont du flair. Ils bougent sans cesse, passent à l’ac­tion. Ils dé­tiennent le se­cret de la ‘Ca­ra­milk’. Il y a aus­si les joueurs de sou­tien. Ce sont les in­dis­pen­sables guer­riers de l’ombre. Des tra­vailleurs à la couenne dure. Il en faut pour ga­gner. Et puis, il y a les joueurs mar­gi­naux, au ta­lent li­mi­té. Des ar­ri­vistes et des op­por­tu­nistes. Dans leur cas, la mo­rale d’une fable de Jean de La Fon­taine me re­vient à l’es­prit. C’est la Gre­nouille qui rêve de de­ve­nir comme le Boeuf. Grosse comme un oeuf, la Gre­nouille en­vieuse s’étend et s’enfle. Si bien qu’elle en cre­va. Pouf ! Et le Boeuf a conti­nué à brou­ter.

Vous re­trou­vez par­mi tous les can­di­dats aux élec­tions mu­ni­ci­pales ces trois ca­té­go­ries de po­li­ti­ciens-joueurs. À vous de mettre les bons noms sur les chan­dails. Comme les par­ti­sans de ho­ckey, les élec­teurs ont le choix d’ap­plau­dir ou de huer.

QUI L’EMPORTERA DI­MANCHE ?

Au cours des der­nières se­maines, j’ai écou­té à la ra­dio et à la té­lé plu­sieurs en­tre­vues. J’ai sui­vi les prin­ci­paux dé­bats. Les mêmes thèmes re­viennent tou­jours sur la table. Ils re­flètent les pré­oc­cu­pa­tions des élec­teurs: taxes, en­tre­tien des rues, dé­nei­ge­ment, dé­ve­lop­pe­ment de la ville, trans­port en com­mun, sé­cu­ri­té, qua­li­té de vie.

À Ga­ti­neau, comme à Cant­ley, Chel­sea, Plai­sance, Saint-an­dré-avel­lin, et d’autres mu­ni­ci­pa­li­tés des MRC, on dé­note sou­vent deux vi­sions op­po­sées au-ni­veau des orien­ta­tions des can­di­dats. Cer­tains fa­vo­risent le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique avec des in­ves­tis­se­ments adé­quats, et d’autres sont des adeptes pru­dents des ser­vices de base et du sta­tu quo.

Quelques maires et conseillers mu­ni­ci­paux ont été re­con­duits dans leur fonc­tion, sans op­po­si­tion. No­tam­ment à Thur­so, Na­mur, Du­ha­mel, Lo­cha­ber. Ce­la dé­montre un taux de sa­tis­fac­tion éle­vé des contri­buables à l’en­droit des élus. C’est une belle marque de confiance et de re­con­nais­sance.

Alors, qui l’emportera, di­manche ? Qui mé­rite d’être élu ou ré­élu comme maire et comme conseiller mu­ni­ci­pal dans votre ville et votre dis­trict ? Plu­sieurs luttes s’an­noncent ser­rées. Comment dé­par­ta­ger les qua­li­tés des can­di­dats? Quelques cri­tères peuvent ai­der. No­to­rié­té, po­pu­la­ri­té, cré­di­bi­li­té, in­té­gri­té, hon­nê­te­té, lien de confiance, réa­li­sa­tions. À vous de co­cher les bons noms.

Quant aux son­dages, je les prends avec des pin­cettes. Qui avait pré­dit la dé­faite d’yves Du­charme en 2005 ? Qui avait pré­vu la vic­toire de Maxime Ped­neaud-jo­bin contre Marc Bu­reau en 2013 ? Le seul vé­ri­table son­dage qui compte, c’est le to­tal de tous nos X, ce di­manche 5 no­vembre, dans les boîtes de scru­tin. Une res­pon­sa­bi­li­té ci­toyenne. C’est la beau­té de la dé­mo­cra­tie.

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