LES PA­RA­DIS PAYANTS

Le Bulletin - - ACTUALITÉS -

Il y a deux réa­li­tés sur terre, de­puis le dé­but des temps. La guerre et l’ap­pât du gain. Chaque ci­vi­li­sa­tion a ten­té d’im­po­ser ses va­leurs. Des peuples ont en­va­hi et oc­cu­pé les ter­ri­toires des autres. Les riches ont pris le pou­voir et ex­ploi­té les pauvres.

Au fil des siècles, les at­taques et tac­tiques guer­rières se sont raf­fi­nées. Gour­din. Arc. Épée. Fu­sils. Bombes. Au­jourd’hui, il suf­fi­rait du seul doigt d’un fou sur un bou­ton rouge, pour me­ner à l’es­ca­lade nu­cléaire. Scé­na­rio fi­nal d’un mau­vais film de sé­rie B.

Dans les der­nières dé­cen­nies, les tech­niques ban­caires sont aus­si de­ve­nues plus so­phis­ti­quées. Il suf­fit d’un seul pe­tit clic sur un or­di­na­teur, un code se­cret, et une par­tie des fonds d’une com­pa­gnie peuvent être trans­fé­rés en une frac­tion de se­conde d’un pays à l’autre. Un tran­sit d’ar­gent avec tous les avan­tages fis­caux qui y sont re­liés. Des trans­ferts qua­si im­pos­sibles à re­tra­cer et à chif­frer.

Mul­ti­na­tio­nales, ac­tion­naires, mil­liar­daires, pos­sèdent et contrôlent en 2017 plus de 80% de toutes les res­sources de la pla­nète. Où s’ar­rê­te­ra la soif in­sa­tiable des puis­sants et des mieux nan­tis, de dé­pos­sé­der les plus vul­né­rables ? De do­mi­ner, ma­ni­pu­ler, tri­cher, abu­ser, vo­ler.

L’ÉVA­SION FIS­CALE : UN FLÉAU CONTAGIEUX

400 jour­na­listes de 96 dif­fé­rents mé­dias se sont unis pour fouiller près de 7 mil­lions de do­cu­ments. Un tra­vail mi­nu­tieux qui s’est éta­lé sur plu­sieurs an­nées. Après l’ère des Pa­na­ma Pa­pers, voi­ci main­te­nant la sa­ga des Pa­ra­dise Pa­pers. Des co­lonnes de chiffres. Des preuves blin­dées. C’est noir sur blanc. L’en­quête des mé­dias et la fuite d’in­for­ma­tions dé­montrent en­core une fois que de nom­breuses mul­ti­na­tio­nales, d’im­por­tantes en­tre­prises, des com­pa­gnies à nu­mé­ro, des banques, des ve­dettes nan­ties, de ri­chis­simes par­ti­cu­liers, échappent au fisc avec des stra­ta­gèmes de plus en plus éla­bo­rés. De fait, 40% des pro­fits des plus grosses com­pa­gnies mon­diales sont ca­chés dans les pa­ra­dis fis­caux de pe­tits pays com­plices qui en tirent par­ti. On re­trouve évi­dem­ment dans cette liste des so­cié­tés ca­na­diennes, et des noms connus de par­ti­cu­liers.

Les lois ac­tuelles sont floues et contour­nables. Fis­ca­listes, comp­tables, avo­cats, en connaissent toutes les fi­celles. L’opé­ra­tion consiste à payer le moins d’im­pôt pos­sible, ou pas du tout, en dé­pla­çant les ca­pi­taux, en dé­jouant les règles du fisc. Cette éva­sion fis­cale re­pré­sente un manque à ga­gner an­nuel de 500 mil­liards de dol­lars pour une di­zaine de pays, dont le Ca­na­da. Ima­gi­nez si cet ar­gent était in­ves­ti en édu­ca­tion et en santé.

Ot­ta­wa au­ra-t-il le cou­rage d’in­ter­ve­nir avec plus de fer­me­té ? Rien n’em­pêche le gou­ver­ne­ment ca­na­dien d’amé­na­ger des lois plus strictes pour contrer l’éva­sion fis­cale. Le sta­tu quo ac­tuel est amo­ral. Payer équi­ta­ble­ment ses im­pôts en ci­toyen res­pon­sable n’est que pure jus­tice.

VOLS DE BOÎTES DE DONS DE VÊ­TE­MENTS

Ro­bin des Bois, per­son­nage my­thique du Moyen Âge, vo­lait les riches, pour re­don­ner leurs biens aux pauvres et aux op­pri­més. Un ban­dit au grand coeur qui ré­gnait dans la fo­rêt de Not­tin­gham. Évi­dem­ment, ce n’est qu’une lé­gende !

Ce­la dit, on est loin des vo­leurs de bacs à vê­te­ments de la Saint-vincent-de-paul et des Grands Frères et Grandes Soeurs qui ont sé­vi ré­cem­ment sur le ter­ri­toire de Ga­ti­neau. Quelle honte de vo­ler plus pauvres que soi ! J’es­père que la po­lice re­tra­ce­ra ces in­di­vi­dus sans scru­pules.

GAR­DONS LES EN­FANTS AU CHAUD

De gé­né­reux bé­né­voles or­ga­nisent la sep­tième cam­pagne ‘Gar­dons les en­fants au chaud’. Ils in­vitent la po­pu­la­tion de la Basse-lièvre à don­ner des vê­te­ments d’hi­ver, man­teaux, tuques, fou­lards, mi­taines. Des bacs ont été

Ins­tal­lés à l’en­trée de plu­sieurs com­merces de Bu­ckin­gham et Mas­son-an­gers. De­puis sa créa­tion, cette cam­pagne a per­mis d’ha­biller chau­de­ment plus de 2800 en­fants. Pour faire un don : (819) 360-7036

J’en pro­fite pour sou­li­gner les 40 ans du Club Op­ti­miste de Bu­ckin­gham. L’en­ga­ge­ment de ses membres dans la com­mu­nau­té est in­es­ti­mable.

LES 18ÈMES CULTURIADES DE L’OU­TAOUAIS

Il est ras­su­rant de consta­ter qu’il y a une re­lève ar­tis­tique de ta­lent en Ou­taouais. Mu­sique, lit­té­ra­ture, théâtre, hu­mour, arts vi­suels, ar­ti­sa­nat. Les plus jeunes font leur nid. Les plus vieux sont tou­jours ac­tifs et conti­nuent de tra­cer la voie avec dé­ter­mi­na­tion. Plu­sieurs de nos or­ga­nismes cultu­rels fêtent dé­jà plu­sieurs dé­cen­nies de suc­cès. Ils sont tou­jours bien vi­vants, mul­ti­pliant les pro­jets.

La rai­son d’être du Ga­la d’ex­cel­lence des Culturiades est de re­con­naître les ac­com­plis­se­ments des créa­teurs de l’an­née. La soi­rée a lieu le ven­dre­di 17 no­vembre à la Mai­son du Ci­toyen de Ga­ti­neau. Un 18ième ren­dez-vous. On y at­tri­bue­ra des prix dans plu­sieurs ca­té­go­ries. Notre quo­ti­dien se­rait bien gris sans le ta­lent et les réa­li­sa­tions de nos ar­tistes.

Le prix Hom­mage de la ville de Ga­ti­neau se­ra re­mis à une très grande dame de chez nous, Pier­rette Fro­ment-sa­voie. Pia­niste, com­po­si­trice, pro­fes­seure au Conser­va­toire de mu­sique de­puis 1967, ma­dame Fro­ment-sa­voie conti­nue de don­ner des ré­ci­tals et de s’en­ga­ger dans la com­mu­nau­té. Mé­daillée de l’ordre de Ga­ti­neau, elle est aus­si la ma­man de Ma­thieu, vio­lon­cel­liste pro­dige, dé­cé­dé d’un can­cer à l’âge de 13 ans. Une mai­son de soins pal­lia­tifs porte au­jourd’hui son nom en son hon­neur.

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