«Grand-ma­man mi­taine et bas de laine»

Le Bulletin - - ACTUALITÉS - LOUIS-CHARLES POULIN louis-charles.poulin@tc.tc

BÉ­NÉ­VO­LAT. Ireine La­jeu­nesse, ou plu­tôt «Grand-ma­man mi­taine et bas de laine» comme plu­sieurs la sur­nomment, adore tri­co­ter et of­frir ses créa­tions à la com­mu­nau­té.

«Le tri­cot et la lec­ture, ce sont mes deux passe-temps et c’est ce qui me garde jeune», ex­plique d’en­trée de jeu cette dame qui se dit chan­ceuse à son âge d’être en me­sure de ma­nier ses ba­guettes de tri­cot. Cette no­na­gé­naire ra­conte en­suite qu’elle a eu neuf en­fants, qu’elle a plus d’une ving­taine de pe­tits-en­fants, en­vi­ron une tren­taine d’ar­rière-pe­tits-en­fants et même quelques ar­rière-ar­rière-pe­tits-en­fants. «C’est cinq gé­né­ra­tions», lance-t-elle en di­sant qu’elle a «bien tri­co­té» sa fa­mille. Tous ont leurs propres pan­toufles, mi­taines, fou­lards et bas faits à la main par Mme La­jeu­nesse.

Ce­pen­dant, il n’y a pas que la soixan­taine de membres de son arbre gé­néa­lo­gique qui bé­né­fi­cient de sa pas­sion. Il y a aus­si plu­sieurs élèves fré­quen­tant des écoles du sec­teur, no­tam­ment grâce à l’une de ses pe­tites-filles, An­nie La­rocque, qui est di­rec­trice du CFP Re­lais de la Lièvre-sei­gneu­rie. Cette der­nière ap­porte les mi­taines et les bas confec­tion­nés par sa grand-mère aux ma­mans et pa­pas qui suivent une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle dans son éta­blis­se­ment sco­laire pour qu’elles puissent les don­ner à leurs en­fants. «Elle tri­cote sans ar­rêt», men­tionne Mme La­rocque au su­jet de Mme La­jeu­nesse qui grâce à sa pas­sion a aus­si ré­cem­ment per­mis à une école pri­maire de Bu­ckin­gham de re­ce­voir trois sacs de mi­taines en laine.

La Com­mis­sion sco­laire au Coeur-des-val­lées lui a même dé­jà re­mis une plaque pour sou­li­gner son im­pli­ca­tion bé­né­vole. «Ces heures de bé­né­vo­lat sont gran­de­ment ap­pré­ciées par tous les élèves qui ont eu les pieds et les mains au chaud cet hi­ver», peut-on lire sur la plaque. «Je sais que ça aide les gens et ça me fait du bien de tri­co­ter. Je ne compte pas les heures quand je fais du tri­cot», sou­ligne la prin­ci­pale in­té­res­sée, dont l’hor­loge fait des chants d’oi­seaux chaque heure. Il n’est pas rare que les oi­seaux chantent plu­sieurs fois pen­dant qu’elle tri­cote, ri­gole celle qui offre aus­si de pe­tites paires de pan­toufles à des bé­bés de la com­mu­nau­té lors de leur baptême. «Je leur donne des pe­tites pattes et tous mes pe­tits-en­fants en ont eu.»

Cette ré­si­dente de Bu­ckin­gham ra­conte que c’est dans sa jeu­nesse qu’elle a tou­ché à des ba­guettes de tri­cot pour la pre­mière fois. À cette époque, Mme La­jeu­nesse de­meu­rait sur une ferme à Notre-dame-de-la-sa­lette où elle a pas­sé en­vi­ron 50 ans de sa vie. «J’ai tou­jours tra­vaillé de­hors avec la scie mé­ca­nique, à faire des voyages de foin et d’avoine. C’était l’an­cien temps. On n’avait pas de ma­chine à la­ver dans ce temps-là et je tra­vaillais sept jours par se­maine pour 6 $ par mois à l’âge de 14 ans», se J’ai tou­jours ai­mé tri­co­ter.»

- Ireine La­jeu­nesse sou­vient-elle. «Dans ce temps-là, on avait notre mou­ton et on fi­lait notre laine nous-mêmes. Au­jourd’hui c’est plus simple, car on achète notre laine», in­dique la bé­né­vole en spé­ci­fiant que le ca­deau qu’elle re­çoit le plus sou­vent de ses proches, ce sont des pe­lotes de laine qui lui servent en­suite à son tour à faire des ca­deaux.

(Pho­to TC Me­dia – Louis-charles Poulin)

Pas­sion­née par le tri­cot, Ireine La­jeu­nesse offre ses mi­taines et ses bas de laine afin d’ai­der la com­mu­nau­té.

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