Le dé­sir d’une fa­mille de don­ner au sui­vant

Une chambre hy­per­bare pour ai­der un en­fant

Le Bulletin - - ACTUALITÉS - MA­RIE PIER LÉ­CUYER ma­rie­pier.le­cuyer@tc.tc

HIS­TOIRE. Si An­na-maude, une pe­tite fille qui souf­fle­ra bien­tôt quatre chan­delles, peut quo­ti­dien­ne­ment uti­li­ser une chambre hy­per­bare, c’est parce que la gé­né­ro­si­té des gens a per­mis de dé­pla­cer des mon­tagnes. À son tour, la fa­mille veut dé­sor­mais ai­der un autre en­fant de l’ou­taouais. «Pour moi c’est im­por­tant de re­don­ner au sui­vant», lance d’en­trée de jeu la mère de la jeune fille, Maude Gau­mont. Et le tout se tra­dui­ra par un spec­tacle-bé­né­fice, en jan­vier pro­chain et qui per­met­tra la lo­ca­tion d’une chambre hy­per­bare pour 40 jours, qui ai­de­ra un en­fant de la ré­gion.

L’ob­jec­tif avoué est de re­don­ner au sui­vant et de pou­voir sou­te­nir une autre fa­mille de l’ou­taouais, ex­plique la mère de fa­mille. Et pas seule­ment une fois. La fa­mille de Mayo, à quelques mi­nutes du sec­teur de Bu­ckin­gham, rêve de voir l’évé­ne­ment re­ve­nir d’une an­née à l’autre. Et pour­quoi pas une fon­da­tion pour conti­nuer à ai­der les en­fants de l’ou­taouais et ai­der les fa­milles à amor­tir les coûts de lo­ca­tion d’une chambre hy­per­bare.

Mais c’est aus­si pour An­na-maude. Du haut de ses presque quatre ans, elle com­prend le geste qu’elle va po­ser. «Je veux mon­trer à ma fille qu’on a re­çu, mais qu’on re­donne, ra­conte Maude Gau­mont. Ça lui donne aus­si de l’es­time de soi, elle sent qu’elle fait quelque chose de bon pour la so­cié­té.»

UN COUP DE POUCE

An­na-maude a trois ans et est at­teinte de dys­praxie, un trouble neu­ro­lo­gique qui af­fecte entre autres la co­or­di­na­tion des mou­ve­ments né­ces­saires soit pour par­ler ou ef­fec­tuer dif­fé­rentes ac­tions. «Ça af­fecte la ca­pa­ci­té à pla­ni­fier des mou­ve­ments, ex­plique Maude Gau­mont. (…) Tout ce qui est quo­ti­dien, qu’on fait sans pen­ser, pour eux ça de­mande plus d’ef­fort.»

En fé­vrier, elle a com­men­cé des trai­te­ments en chambre hy­per­bare, que la jeune fille ap­pelle sa «fu­sée». D’abord en lo­ca­tion pour qua­rante jours, grâce à la gé­né­ro­si­té de l’en­tou­rage de la jeune fille. Parce que ces quelques se­maines d’uti­li­sa­tion coûtent plus de 4000$.

Voyant les bien­faits de l’ap­pa­reil, qui fa­vo­rise l’oxy­gé­na­tion des cel­lules et per­met une meilleure vas­cu­la­ri­sa­tion des tis­sus cé­ré­braux, la fa­mille a vou­lu s’en pro­cu­rer une. Et en trente jours, la gé­né­ro­si­té in­croyable des gens a per­mis d’en avoir une per­ma­nente pour An­na-maude, avec au-de­là de 20 000$ qui ont été amas­sés.

«Et main­te­nant elle parle da­van­tage, dort mieux, se ré­jouit sa mère. C’est in­croyable, les chan­ge­ments sont as­sez ra­pides. Elle a beau­coup plus d’éner­gie pour mettre en ap­pli­ca­tion ce qu’elle ap­prend au quo­ti­dien en or­tho­pho­nie et en er­go­thé­ra­pie.»

UNE JOUR­NÉE DE PLAI­SIR

Le 20 jan­vier, dès 13h, l’au­di­to­rium Al­phon­se­des­jar­dins ac­cueille­ra le spec­tacle-bé­né­fice An­na-maude et sa fu­sée qui of­fri­ra une di­ver­si­té d’ac­ti­vi­tés pour les fa­milles. Ma­quilleurs, sculp­teurs de bal­lons, prin­cesses et su­per­hé­ros am­bu­lants di­ver­ti­ront les en­fants. La jour­née se ter­mi­ne­ra avec le spec­tacle de la chan­teuse rock jeu­nesse At­choum! à 14h30, puis le ti­rage de la lo­ca­tion de la chambre hy­per­bare par­mi les en­fants qui au­ront été ins­crits.

Mais au-de­là de tout ce­la, elle y voit aus­si une belle oc­ca­sion de sen­si­bi­li­ser les en­fants. «On va par­ler de la dif­fé­rence, mais aus­si que c’est en sou­te­nant qu’on ar­rive à dé­pla­cer de grandes mon­tagnes, d’ai­der d’autres per­sonnes», conclut-elle. Pour s’ins­crire: www.an­na­mau­deet­sa­fu­see.com. Pour le spec­tacle-bé­né­fice: www.le­point­de­vente. com/billets/an­na­mau­deet­sa­fu­seeen­mis­sion

(Pho­to: Gra­cieu­se­té)

An­na-maude avec sa «fu­sée», qui l’aide gran­de­ment au quo­ti­dien.

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