Un nou­veau dé­fi créa­tif pour Na­tha­lie Lau­zon

Le Bulletin - - CULTURE - MA­RIE PIER LÉCUYER mple­cuyer@lexis­me­dia.ca

ART VI­SUEL. Na­tha­lie Lau­zon aime se lan­cer des dé­fis. Et son plus ré­cent l’a ame­née à sor­tir lar­ge­ment de sa zone de confort afin de lais­ser al­ler sa créa­ti­vi­té au pin­ceau, elle qui n’avait pour­tant ja­mais ex­po­sé de toiles.

L’ar­tiste de Thur­so est pho­to­graphe, mais aus­si au­teure de cinq livres. Na­tha­lie Lau­zon a dé­sor­mais une corde de plus à son arc, alors que ces neuf pre­mières toiles à être ex­po­sées le sont au Ca­fé des ar­tistes de la Lièvre, pour tout le mois de mars, sous le thème M’en­tends-tu?.

C’est une soi­rée «paint nite» qui au­ra été son pre­mier contact avec la pein­ture. Un mé­dium qui l’a ra­pi­de­ment in­ter­pel­lé.

De créer des pein­tures était dé­jà un dé­fi. Mais à ce­la, elle en a ajou­té un autre, ce­lui de ne se fier que sur ce qu’elle avait à l’in­té­rieur d’elle pour créer. «Quand je fais de la pho­to, j’ai tou­jours un mo­dèle de­vant moi, ça part de quelque chose, ra­conte-t-elle. Pour la pein­ture, je me suis don­né le dé­fi de sor­tir ce que j’avais à l’in­té­rieur de moi. C’est ce qui était beau dans ce pro­ces­sus-là, je ne sa­vais au­cu­ne­ment ce qui al­lait sor­tir de là, ce n’était ins­pi­ré de rien à l’ex­té­rieur de moi.»

L’ar­tiste y voit une forme d’in­tros­pec­tion. «C’est vrai­ment pur comme créa­tion», note-t-elle.

NEUF FEMMES POR­TEUSES D’UN MES­SAGE

On peut donc dé­cou­vrir une sé­rie de toiles co­lo­rées com­po­sées de têtes de femmes. Sur chaque vi­sage, au­cune bouche n’est vi­sible et les yeux sont fer­més. La tête est quant à elle rem­plie de sym­boles et de des­sins, une fa­çon d’illus­trer la charge men­tale qui est in­vi­sible à l’oeil.

Elle ra­conte avoir d’abord créé des femmes sans bouche et les yeux fer­més pour une rai­son bien simple. «Je me suis heur­tée à mon ta­lent qui est res­treint», ri­gole-t-elle.

Ces neuf femmes aux yeux fer­més sont tou­te­fois por­teuses d’un mes­sage bien plus grand. «Les femmes sur ces toiles se sont dé­voi­lées, comme si on peut connaître sans sa­voir et leur par­ler ce qu’elles ex­priment, on voit dans leur tête. (…) C’est comme si je leur ai don­né une voix mal­gré que mes femmes n’ont pas de bouche.»

Des pein­tures qui ont trou­vé un écho chez ceux qui ont vu les toiles. «Plu­sieurs femmes se sont confiées à moi. J’ai juste re­flé­té ce que j’avais en de­dans de moi. Les femmes se sont sen­ties com­prises lors de la vi­site. Ça me touche vrai­ment beau­coup.

Une par­tie de l’ar­gent re­cueilli par la vente des toiles se­ra of­ferte à la Mai­son d’hé­ber­ge­ment pour Elles des Deux Val­lées de Bu­ckin­gham par l’ar­tiste.

Les toiles res­tent ac­cro­chées au mur du Ca­fé des ar­tistes de la Lièvre. Par la suite, elle ne sait pas en­core si son pro­chain pro­jet par­ti­ra d’une page ou d’une toile blanche. Pa­ral­lè­le­ment, elle suit une for­ma­tion pour de­ve­nir coach pro­fes­sion­nelle de ges­tion. «J’ai­me­rais prendre cette di­rec­tion-là pour ac­com­pa­gner des gens qui ont des pro­jets, mais ne savent pas par où com­men­cer.» In­fos au na­tha­lie­lau­zon.ca

(Pho­to Gra­cieu­se­té)

Na­tha­lie Lau­zon s’ex­prime pour une pre­mière fois par la pein­ture

(Pho­to Gra­cieu­se­té)

La toile Vi­vian a été la pre­mière réa­li­sée par Na­tha­lie Lau­zon.

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