Le tir spor­tif, une dis­ci­pline «sé­cu­ri­taire»

Pra­ti­quée à L’ange-gar­dien

Le Bulletin - - SPORTS - LOUIS-CHARLES POU­LIN lc­pou­lin@lexis­me­dia.ca

PRÉ­CI­SION. De­puis cinq ans, le Centre de for­ma­tion et pra­tique du tir de l’ou­taouais, ba­sé à L’ange-gar­dien, ac­cueille les adeptes du tir au fu­sil dans un mi­lieu en­ca­dré et sé­cu­ri­taire.

Plus de 500 membres ac­tifs s’y rendent ré­gu­liè­re­ment, de même que dif­fé­rents corps po­li­ciers, gardes de sécurité ou agents de la faune, pour des for­ma­tions, puis­qu’un do­jo y est amé­na­gé ain­si que plu­sieurs chan­tiers de tir.

Se­lon le pré­sident du Centre, Pierre Pha­rand, l’en­droit est consi­dé­ré par plu­sieurs au sein de la Fé­dé­ra­tion Qué­bé­coise de Tir comme étant «le plus beau centre de tir au Qué­bec». Il a été construit au coût de 1,3 mil­lion $ en 2013 après quatre ans de re­cherche afin d’étu­dier le mar­ché et de trou­ver com­ment sa­tis­faire aux nom­breuses normes de sécurité.

M. Pha­rand qui a fon­dé l’en­droit avec Yves Char­ron et éga­le­ment avec l’aide de deux autres in­ves­tis­seurs, Paul Beau­seigle et Syl­vain Ma­jor, men­tionne qu’il s’agis­sait d’un pa­ri ris­qué d’ou­vrir un centre de tir.

«On s’est fait dire qu’il y avait sept groupes qui avaient es­sayé d’en ou­vrir un avant nous, mais que ça n’avait pas fonc­tion­né.»

Les fon­da­teurs du club se sont ins­pi­rés du Club de tir de La­nau­dière, à Jo­liette, en amé­lio­rant cer­tains as­pects à leur guise.

La ven­ti­la­tion s’est avé­rée un défi, mais elle de­meure à la fine pointe de la tech­no­lo­gie. «Ç’a coû­té au-des­sus de 200 000$ la ven­ti­la­tion ici. Le Mi­nis­tère de l’environnement de­mande trois chan­ge­ments à l’heure et moi, j’ai 37 chan­ge­ments à l’heure pour suivre les normes amé­ri­caines», dit-il en ajou­tant que ses chan­tiers de tir se dé­marquent éga­le­ment grâce à l’uti­li­sa­tion de pneus re­cy­clés pour amor­tir les balles. Après cinq ans d’exis­tence, l’en­droit com­mence à bien rou­ler, même s’il ne s’agit pas d’une mine d’or, af­firme le pro­prié­taire.

UN SPORT «SÉ­CU­RI­TAIRE»

Avec les tue­ries ré­cur­rentes aux États-unis et l’ac­ci­dent qui s’est pro­duit à Ma­ni­wa­ki ré­cem­ment, M. Pha­rand re­con­nait qu’un club de tir comme le sien peut être craint par cer­tains.

«Ce n’est pas parce que tu as une arme de pointe et que tu fais du tir de pré­ci­sion que tu es un ban­dit», sou­tient-il. M. Pha­rand in­siste sur le fait que le tir de pré­ci­sion est une dis­ci­pline aux Jeux olym­piques.

Il com­pare ce sport aux dards, car se­lon lui le prin­cipe est sen­si­ble­ment le même. Il fait re­mar­quer que les membres de son club uti­lisent des cibles si­mi­laires à un jeu de dards, puis­qu’il in­ter­dit l’uti­li­sa­tion de cibles en forme de per­sonne.

«Tout ce qu’on fait ici c’est de faire des trous dans du pa­pier», sou­ligne Pierre Pha­rand qui main­tient qu’une arme n’est pas quelque chose qu’il faut craindre lors­qu’elle est entre bonnes mains. «Si je dé­pose une arme char­gée sur une table pen­dant 100 ans, il n’ar­ri­ve­ra ja­mais rien. Ce n’est pas l’arme qui est dan­ge­reuse, mais la per­sonne qui l’uti­lise qui peut l’être.»

Se­lon lui, les per­sonnes qui com­mettent des mé­faits ont sou­vent des armes non en­re­gis­trées, contrai­re­ment à celles uti­li­sées par son club de tir.

M. Pha­rand as­sure que «la sécurité est la prio­ri­té» pour son en­tre­prise. «Si tu te pro­mènes avec une arme ici, elle est bar­rée dans un coffre barré.»

Aus­si, un of­fi­ciel de tir est pré­sent en tout temps sur le chan­tier, les ti­reurs dé­bu­tants doivent être ac­com­pa­gnés par un membre ex­pé­ri­men­té du club de tir et tous les membres doivent suivre plu­sieurs for­ma­tions, no­tam­ment, pour les sen­si­bi­li­ser à la sécurité. Ce n’est pas parce que tu as une arme de pointe et que tu fais du tir de pré­ci­sion que tu es un ban­dit.» Pierre Pha­rand

«C’est très convi­vial. J’ai beau­coup de couples qui viennent ti­rer et il y en a qui amènent leur en­fant», ob­serve-t-il en ajou­tant qu’il s’agit d’un sport abor­dable, car la carte de membre coûte 392$ an­nuel­le­ment.

«Tu dois ache­ter tes mu­ni­tions et ton arme, comme tu achètes tes balles et ton sac quand tu vas au golf», ex­plique-t-il. Ceux qui ne sou­haitent pas en­tre­po­ser un fu­sil dans leur mai­son peuvent la lais­ser sur place dans une voute ou en louer une pour leur ses­sion de tir.

Pour fi­nir, M. Pha­rand confie que l’en­droit pour­rait être agran­di d’ici quelques an­nées et que les pro­prié­taires cherchent pré­sen­te­ment de la re­lève pour as­su­rer la conti­nui­té de l’en­tre­prise dans le fu­tur. Pour plus d’in­for­ma­tions, il est pos­sible de se rendre di­rec­te­ment sur place au 268, che­min In­dus­triel à L’ange-gar­dien, de té­lé­pho­ner au 819 986-3584 ou de vi­si­ter le www. club­ti­rou­taouais.com.

(Pho­to Le Bul­le­tin – Louis-charles Pou­lin)

Le vice-pré­sident, Yves Char­ron, et le pré­sident du Centre de for­ma­tion et pra­tique du tir de l’ou­taouais, Pierre Pha­rand, ont dé­mar­ré l’en­tre­prise il y a cinq ans.

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