Pour­quoi pas l’humour ?

Le Carillon - - La Une - ALEXANDRA MONTMINY alexandra.montminy@eap.on.ca

Eve­lyne Roy-Mol­gat, 14 ans, est une ha­bi­tuée de la scène. Elle par­ti­ci­pe­ra à la fi­nale de l’édi­tion 2016 du Concours LOL de l’ACFO-SDG, le 28 avril pro­chain à Or­léans. Por­trait d’une jeune hu­mo­riste en de­ve­nir.

Ajou­tez une pluie de ta­lents à un grand coeur et une per­son­na­li­té char­mante, vous ob­tien­drez cer­tai­ne­ment Eve­lyne RoyMol­gat, 14 ans, une élève de 9e an­née de l’École se­con­daire pu­blique Le Som­met de Haw­kes­bu­ry.

Ré­cem­ment, l’ado­les­cente, ori­gi­naire de L’Ori­gnal, a par­ti­ci­pé aux de­mi-fi­nales du Concours LOL, or­ga­ni­sé en par­te­na­riat avec l’As­so­cia­tion ca­na­dienne-fran­çaise de l’On­ta­rio (ACFO) des com­tés de Stor­mont, Dun­das et Glen­gar­ry (SDG), qui en­cou­rage les jeunes de 14 à 18 ans dans les com­tés de Stor­mont, Dun­das, Glen­gar­ry, Pres­cott et Rus­sell a faire leurs pre­miers pas en humour. Elle par­ti­ci­pe­ra à la fi­nale du concours qui se dé­rou­le­ra le 28 avril pro­chain à Or­léans.

« J’étais al­lé voir les fi­nales l’an pas­sé et ça fai­sait long­temps que je m’in­té­res­sais à l’humour, mais je n’avais ja­mais eu l’oc­ca­sion d’en faire, alors je me suis dit ‘voi­là ma chance’ » a ra­con­té Eve­lyne à pro­pos du mo­ment dé­ci­sif où elle s’est je­té à l’eau en s’ins­cri­vant à son tout pre­mier Concours LOL.

Le Concours LOL, créé du­rant l’an­née sco­laire 2014-2015 par l’ACFO-SDG, se veut un trem­plin pour les hu­mo­ristes en herbe fran­co­phones, afin de leur don­ner la chance de faire leurs pre­miers pas sur scène.

Mais pour Eve­lyne, la scène est un mi­lieu as­sez connu. « Je fais beau­coup d’im­pro­vi­sa­tion et d’art dra­ma­tique, donc je connais­sais dé­jà la scène, mais l’humour ça re­pré­sen­tait comme un pe­tit dé­fi à re­le­ver », a af­fir­mé l’ado­les­cente.

L’amour de la scène et son ai­sance à être de­vant un pu­blic a cer­tai­ne­ment ai­dé la jeune fille lors de son pas­sage à la de­mi­fi­nale du concours, qui se dé­rou­lait le 10 mars der­nier à Or­léans. « Comme je fais dé­jà de l’im­pro et du théâtre, ça m’a beau­coup ai­dé au ni­veau de l’ap­pren­tis­sage du texte. Mais en même temps, quand c’est toi qui écris le texte c’est beau­coup plus fa­cile de s’en rap­pe­ler. Une pièce de théâtre, écrite par quel­qu’un d’autre, c’est beau­coup plus dif­fi­cile à ap­prendre, a com­men­té Eve­lyne. Au dé­but, mon pro­blème était que j’im­pro­vi­sais trop. Ar­ri­vé de­vant le pu­blic, il y a trop de chance de res­ter blo­qué si tu im­pro­vises. Il y a trop de chance que ça tourne mal, que tu perdes le fil. »

La jeune le confirme : ce qu’elle a pré­fé­ré, c’est d’être sur la scène. « Les cinq mi­nutes que j’y ai pas­sées étaient mer­veilleuses. Ça a pas­sé tel­le­ment vite! C’est une ex­pé­rience que peu ont la chance de faire et moi je suis très contente de l’avoir faite. Ce qui était drôle, c’est qu’en ar­rière-scène, j’étais tel­le­ment stres­sée, mais dès que je suis ar­ri­vée sur la scène, le stress s’est comme en­vo­lé. Je me rap­pe­lais de tout mon texte », a-t-elle conti­nué.

L’humour, une forme dif­fé­rente d’ex­pres­sion

L’humour avait tou­jours in­té­res­sé la jeune fille dont les idoles co­miques sont Louis-Jo­sé Houde, Ra­chid Ba­dou­ri et Phi­lippe La­prise. C’est par l’en­tre­mise de l’école qu’elle s’est ins­crite au concours, qui per­met­tait aux par­ti­ci­pants de suivre des for­ma­tions don­nées par des in­ter­ve­nants de l’École na­tio­nale de l’humour, si­tuée à Mon­tréal. « On avait droit à deux for­ma­tions à Cas­sel­man. On avait le choix de s’ins­crire seule­ment pour les for­ma­tions ou pour les for­ma­tions et le concours. La pre­mière

« J’ai­me­rais vrai­ment pour­suivre dans l’humour. C’est une vé­ri­table op­tion pour le fu­tur; ça se­rait mon rêve. C’est un dé­fi, par contre, parce qu’il est dif­fi­cile de per­cer dans ce mi­lieu. » – Eve­lyne Roy-Mol­gat

for­ma­tion était plu­tôt théo­rique mais lors de la deuxième for­ma­tion, les gens de l’École nous ai­daient à tra­vailler notre texte », a ra­con­té Eve­lyne.

Le per­son­nel de l’École na­tio­nale de l’humour, in­vi­té à tra­vailler avec les jeunes par­ti­ci­pants au Concours LOL, a don­né de pré­cieux conseils aux étu­diants. « Ils m’ont in­di­qué à quels en­droits ra­jou­ter des élé­ments co­miques. Ils nous ont aus­si fait pré­sen­ter notre nu­mé­ro de­vant la classe, ce qui nous a aus­si per­mis de voir ce qui al­lait et ce qu’il fal­lait re­tra­vailler », a-t-elle ajou­té.

La jeune fille a pu ré­pé­ter son nu­mé­ro de­vant de nom­breux ad­mi­ra­teurs, soit ses ca­ma­rades de classes ain­si que de­vant les membres de sa fa­mille. « Je l’ai aus­si pra­ti­qué avec mon en­sei­gnante, Na­dine Ma­lo-Le­mire. Elle m’a beau­coup gui­dée. Je lui ai en­voyé mon texte et elle l’a lu une fois. Au dé­but, j’avais deux textes d’écrits et elle m’a dit ce­lui qu’elle pré­fé­rait. Fi­na­le­ment j’ai choi­si de tra­vailler ce­lui-ci plus en pro­fon­deur. Son ap­pui m’a beau­coup ai­dée parce que c’était une opi­nion ex­té­rieure et je sa­vais qu’elle me di­sait vrai­ment ce qu’elle pen­sait », a pour­sui­vi Eve­lyne.

Et c’est pré­ci­sé­ment l’écri­ture de son

sketch qui a été le dé­fi le plus im­por­tant a re­le­ver pour la jeune fille. « L’écri­ture de mon nu­mé­ro, c’est ce que j’ai trou­vé le plus dif­fi­cile. Il fal­lait écrire un nu­mé­ro de cinq mi­nutes. Je me suis ren­due compte que mon style d’humour c’était plus le stand

up, je vou­lais donc ra­con­ter une his­toire, a ex­pli­qué l’ado­les­cente. Pen­dant que je com­po­sais mon nu­mé­ro, j’ai eu un pro­blème avec mon mi­cro-onde et c’était le soir de la St-Va­len­tin. Il s’est en­flam­mé! J’ai donc ra­con­té cette his­toire dans mon texte », a-telle pour­sui­vi. C’est suite à la lec­ture du li­vret d’ins­truc­tions du nou­veau mi­cro-onde de la fa­mille qu’elle a dé­ci­dé de créer un nu­mé­ro consa­cré à cette his­toire.

Le pro­ces­sus créa­tif est ce qui a été le plus exi­geant pour l’ado­les­cente puis­qu’elle se re­met­tait sou­vent en ques­tion. « Je suis aus­si le genre de per­sonne qui a de la dif­fi­cul­té à se dé­ci­der! J’ai écrit deux textes et quatre jours avant la de­mi-fi­nale, je n’étais pas en­core cer­taine de mon choix! J’ai beau­coup mo­di­fié mon texte et je l’ai mo­di­fié sou­vent! J’ai aus­si ré­pé­ter sou­vent mon nu­mé­ro de­vant mes pa­rents, Hé­lène Roy et Ch­ris­tian Mol­gat. »

Eve­lyne Roy-Mol­gat au­ra l’oc­ca­sion de re­ce­voir en­core cinq heures de coa­ching avec les in­ter­ve­nants de l’École na­tio­nale de l’humour, avant la grande fi­nale du Concours LOL, en avril pro­chain. Elle en pro­fi­te­ra pour peau­fi­ner les der­niers dé­tails de son nu­mé­ro. « J’au­rai en­core de l’aide des gens de l’École na­tio­nale de l’humour afin de pou­voir amé­lio­rer mon texte en­core plus en vue de la fi­nale. On doit gar­der le même texte; on peut le re­tra­vailler un peu, mais on ne peut pas chan­ger de su­jet » a-t-elle ex­pli­qué.

Et dans un ave­nir rap­pro­ché, la jeune fille en­vi­sage de pour­suivre dans le do­maine de l’humour. « J’ai­me­rais vrai­ment pour­suivre dans l’humour. C’est une vé­ri­table op­tion pour le fu­tur; ça se­rait mon rêve. C’est un dé­fi, par contre, parce qu’il est dif­fi­cile de per­cer dans ce mi­lieu. Il y a beau­coup de jeunes hu­mo­ristes qui es­sayent en ce mo­ment, c’est un do­maine com­pé­ti­tif. Mon tra­vail de rêve, ça se­rait ça! », a-t-elle confir­mé.

D’ailleurs, comme l’ado­les­cente est à l’aise sur une scène, il est évident que cette der­nière fasse par­tie de son ave­nir. « Je veux vrai­ment pour­suivre sur la scène. Après avoir par­ti­ci­pé au concours, ça m’a vrai­ment confir­mé que je vou­lais en faire long­temps », a pour­sui­vi Eve­lyne.

L’un des at­traits de l’humour, com­pa­ra­ti­ve­ment au théâtre ou à l’im­pro­vi­sa­tion, est l’in­ter­ac­tion avec le pu­blic et c’est une chose que la jeune fille a gran­de­ment ap­pré­cié. « J’ai vrai­ment ai­mé ça, l’in­ter­ac­tion avec le pu­blic, voir leurs ré­ac­tions. Il y a même des mo­ments où j’ar­rê­tais et je riais. Des fois, s’il y a quel­qu’un dans la salle dont je trouve le rire drôle, par exemple, j’aime faire un pe­tit com­men­taire! C’est dur de res­ter juste dans sa bulle. Mais c’est ça que j’aime chez les hu­mo­ristes que j’ad­mire; ils ne sont pas trop dans leur bulle et créent une in­ter­ac­tion avec le pu­blic. »

En plus de l’humour, Eve­lyne Roy-Mol­gat a plu­sieurs in­té­rêts va­riés qui font d’elle une jeune fille al­lu­mée et vive d’es­prit. « Moi, je fais trop de choses! En plus de l’im­pro et du théâtre, je fais aus­si du badminton et de l’athlétisme. Je joue aus­si de la mu­sique; du ban­jo, du uku­lé­lé et un peu de pia­no. Je prends aus­si des cours d’es­pa­gnol. Je suis pas mal oc­cu­pée » a-t-elle plai­san­té. Di­sons qu’elle n’a pas le temps de s’en­nuyer!

Sa pro­fes­seure, Na­dine Ma­lo-Le­mire, n’avait que de bons mots pour la jeune fille, van­tant sa per­sé­vé­rance et son ta­lent.

« Elle n’a peur de rien! » a-t-elle conclu.

—pho­to Alexandra Montminy

Eve­lyne Roy-Mol­gat et l’en­sei­gnante qui l’a conseillée et gui­dée tout au long de son par­cours au Concours LOL, Na­dine Ma­lo

Le­mire. « Elle m’a beau­coup ai­dé », a confié l’ado­les­cente, en par­lant de sa pro­fes­seure.

—pho­to CEPEO

Eve­lyne Roy-Mol­gat lors de son nu­mé­ro à la de­mi-fi­nale

du Concours LOL, le 10 mars der­nier.

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