Ma­la­die de Par­kin­son : un trouble qui af­fecte les mou­ve­ments du corps

Le Carillon - - News - ALEXAN­DRA MONT­MI­NY alexan­dra.mont­mi­ny@eap.on.ca

Af­fec­tant plus de 100 000 Ca­na­diens ac­tuel­le­ment, la ma­la­die de Par­kin­son est un trouble neu­ro­lo­gique in­cu­rable.

Comme les spé­cia­listes pré­voient que le nombre de pa­tients at­teints par la ma­la­die dou­ble­ra d’ici quinze ans, les res­sources de­viennent de plus en plus im­por­tantes sur­tout dans les ré­gions éloi­gnées des grands centres. Por­trait d’un trouble en­core mé­con­nu.

La ma­la­die de Par­kin­son est un trouble neu­ro­lo­gique chro­nique, c’est-à-dire une ma­la­die qui se dé­ve­loppe sur le long­terme, et qui s’at­taque prin­ci­pa­le­ment aux mou­ve­ments du corps. En ef­fet, la fonc­tion de mou­ve­ment dans le cer­veau est contrô­lée par une sub­stance chi­mique ap­pe­lée la do­pa­mine, qui sert de cour­roie de trans­mis­sion entre le sys­tème ner­veux et le cer­veau. Lorsque les cel­lules qui pro­duisent cette sub­stance sont dé­faillantes ou meurent, on parle de la ma­la­die de Par­kin­son.

« Les causes prin­ci­pales de la ma­la­die sont l’âge, la gé­né­tique et les bles­sures à la tête. Mais ce que plu­sieurs ignorent, c’est que les fac­teurs en­vi­ron­ne­men­taux jouent éga­le­ment un grand rôle dans le dé­ve­lop­pe­ment de la ma­la­die de Par­kin­son, par­ti­cu­liè­re­ment dans les zones ru­rales », a ex­pli­qué Gi­nette Trot­tier, co­or­di­na­trice pour Pa­kin­son Ca­na­da. En ef­fet, l’usage des pes­ti­cides dans les mi­lieux agri­coles aug­men­te­rait de fa­çon si­gni­fi­ca­tive le risque de dé­ve­lop­per ce trouble.

Plu­sieurs symp­tômes peuvent com­men­cer à ap­pa­raître dès les pre­miers stades de la ma­la­die. Dans les symp­tômes les plus cou­rants, ce sont l’ap­pa­ri­tion de plu­sieurs troubles mo­teurs qui re­tiennent sou­vent l’at­ten­tion des pa­tients et de leur en­tou­rage. « Bien sûr, les trem­ble­ments sont le symp­tôme le plus fa­ci­le­ment re­con­nais­sable et at­tri­buable à la ma­la­die de Par­kin­son. Mais ce ne sont pas tous les pa­tients qui en souf­fri­ront. D’ailleurs, l’un des pre­miers symp­tômes qui se ma­ni­feste est la perte du sens de l’odo­rat », a ex­pli­qué Mme Trot­tier.

Par­mi les autres symp­tômes, on re­trouve éga­le­ment la ri­gi­di­té mus­cu­laire, la len­teur des mou­ve­ments, la perte d’équi­libre et les dou­leurs mus­cu­laires. Les pa­tients at­teints de la ma­la­die de Par­kin­son peuvent éga­le­ment éprou­ver des troubles de som­meil, de consti­pa­tion et de la mé­moire. « Il est im­por­tant de spé­ci­fier que les troubles de mé­moire vé­cus par les pa­tients at­teints de Par­kin­son ne sont pas les mêmes que ceux at­teints de la ma­la­die d’Alz­hei­mer. Ce­la fait peur a beau­coup de gens, mais dans le cas du Par­kin­son, la mé­moire re­vient ha­bi­tuel­le­ment et il n’y a pas de chan­ge­ment dans la per­son­na­li­té de l’in­di­vi­du », a pré­ci­sé Mme Trot­tier.

Il est im­por­tant de sa­voir que tous les symp­tômes ne s’ap­pli­que­ront pas à tous les pa­tients, puisque la ma­la­die de Par­kin­son se dé­ve­loppe dif­fé­rem­ment d’une per­sonne

à une autre. « Cer­tains s’ap­pliquent à dif­fé­rentes per­sonnes tan­dis que d’autres n’en souf­fri­ront pas », a pour­sui­vi Mme Trot­tier. Ce­ci peut d’ailleurs consti­tuer un dé­fi pour les équipes mé­di­cales afin de ré­vé­ler le diag­nos­tic de Par­kin­son aux pa­tients. « Il n’est pas rare que les pa­tients vivent avec la ma­la­die de­puis plu­sieurs an­nées avant que l’on puisse vrai­ment l’iden­ti­fier comme telle », a af­fir­mé Mme Trot­tier.

Bien qu’au­cun trai­te­ment ne soit en­core connu pour gué­rir le Par­kin­son, beau­coup de re­cherche et de nom­breuses dé­cou­vertes pour­raient s’avé­rer pro­met­teuses. D’ailleurs, pour cer­tains pa­tients au stade avan­cé de la ma­la­die, une chi­rur­gie au cer­veau est pos­sible. « Le taux de réus­site de cette opé­ra­tion est de 100 %, puisque les cri­tères de sé­lec­tion sont très ri­gou­reux. J’ai vu des pa­tients re­ve­nir 10 ans en ar­rière à la suite de cette chi­rur­gie. Des gens en fau­teuil rou­lant pou­voir conduire leur voi­ture à nou­veau », a ra­con­té Mme Trot­tier.

Des conseils pour vivre avec le Par­kin­son au quo­ti­dien

Suite à l’an­nonce du diag­nos­tic de la ma­la­die de Par­kin­son, il peut être dif­fi­cile de sa­voir où se tour­ner pour ob­te­nir de l’aide. Se­lon Pa­kin­son Ca­na­da, il est d’abord im­por­tant de se ren­sei­gner sur la ma­la­die au­près de sources fiables et de trou­ver un mé­de­cin en qui on a confiance. Il faut aus­si oser par­ler de son diag­nos­tic à sa fa­mille et ses proches afin de bé­né­fi­cier de leur sou­tien. « Il est im­por­tant de main­te­nir une vie so­ciale ac­tive, de bien s’ali­men­ter et de faire de l’exer­cice ré­gu­liè­re­ment. Il faut aus­si évi­ter le stress le plus pos­sible », a conseillé Mme Trot­tier.

Des me­sures lo­cales s’ins­tallent pro­gres­si­ve­ment

À la suite d’une séance d’in­for­ma­tion pour les pa­tients et le per­son­nel du do­maine de la san­té de la ré­gion de Haw­kes­bu­ry, le 28 avril der­nier, le be­soin en res­sources s’est avé­ré urgent. « Le be­soin de res­sources est grand pour l’est de l’On­ta­rio et spé­cia­le­ment dans la ré­gion de Haw­kes­bu­ry », a dé­cla­ré Mme Trot­tier.

Se­lon Anne-Marie La­fleur, in­fir­mière en gé­ron­to­psy­chia­trie de Pres­cott et Rus­sell, af­fi­liée à l’Hô­pi­tal Gé­né­ral de Haw­kes­bu­ry (HGH), la séance d’in­for­ma­tion a per­mis aux in­ter­ve­nants pré­sents d’en ap­prendre beau­coup plus sur la ma­la­die. « Nous avons gran­de­ment ap­pré­cié la séance d’in­for­ma­tion. Nous trai­tons avec une clien­tèle de 65 ans et plus et la do­cu­men­ta­tion four­nie était très bien faite. Ça ira ci­bler une po­pu­la­tion en be­soin dans la ré­gion », a-t-elle com­men­té. D’ailleurs, elle a ex­pli­qué que le re­pré­sen­tant de Par­kin­son Ca­na­da peut se dé­pla­cer dans les centres de san­té afin « d’édu­quer le per­son­nel » plus en pro­fon­deur, par rap­port à la ma­la­die de Par­kin­son, et ain­si leur per­mettre d’of­frir des ser­vices plus adap­tés.

De son cô­té, Ch­ris­tine Bal­dry, co­or­do­na­trice en san­té men­tale pour l’HGH, a sou­li­gné que ces ser­vices sont four­nis par Par­kin­son Ca­na­da et sont re­la­ti­ve­ment nou­veaux.

—pho­to four­nie

La ma­la­die de Par­kin­son af­fecte plus de 100 000 Ca­na­diens ac­tuel­le­ment.

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