Une nou­velle chef aux com­mandes à Haw­kes­bu­ry

Fran­ca Cam­pi­si pos­sède un long par­cours au sein de la PPO.

Le Carillon - - La Une - ÉLISE MERLIN elise.merlin@eap.on.ca

Le dé­ta­che­ment de Haw­kes­bu­ry de la Po­lice pro­vin­ciale de l’On­ta­rio (PPO) a une nou­velle di­ri­geante. En ef­fet, Fran­ca Cam­pi­si, une femme de 46 ans au riche par­cours, a pris les com­mandes le 17 oc­tobre der­nier.

Mme Cam­pi­si est dé­sor­mais à la tête d’un poste de po­lice comp­tant une soixan­taine de po­li­ciers. On y re­trouve éga­le­ment un bu­reau ad­mi­nis­tra­tif, un ser­vice qui traite les en­quêtes cri­mi­nelles, des po­li­ciers char­gés des pro­cé­dures ju­di­ciaires, un bu­reau des plaintes, une uni­té de recherche ju­di­ciaire et des pa­trouilleurs.

Les rôles de Mme Cam­pi­si se­ront di­vers. Sa prio­ri­té? La com­mu­nau­té. « Nous al­lons mettre en place des pro­grammes pour ai­der la com­mu­nau­té. Par exemple, nous al­lons tra­vailler avec Va­lo­ris, l’HGH et les avo­cats », a ex­pli­qué Mme Cam­pi­si.

La nou­velle com­man­dante compte éga­le­ment in­tro­duire quelques nou­veau­tés. « Il y a beau­coup de per­sonnes at­teintes de ma­la­dies men­tales ou de toxi­co­ma­nie, un pro­blème lié aux drogues dans la ré­gion. Je veux donc trou­ver des so­lu­tions pour ces gens-là. Je ne veux pas les en­voyer di­rec­te­ment de­vant le juge. Je veux com­prendre leurs pro­blèmes avant que la cause soit de­vant le tri­bu­nal. Nous al­lons tra­vailler en­semble et com­mu­ni­quer da­van­tage afin de trou­ver le meilleur choix pour eux», a-telle ex­pli­qué.

Un par­cours aty­pique

Ori­gi­naire de To­ron­to, celle que l’on sur­nomme Fran­ki Cam­pi­si, a pas­sé sa jeu­nesse et a vé­cu à To­ron­to jus­qu’à sa prise de fonc­tion à Haw­kes­bu­ry. Les pa­rents de Fran­ki Cam­pi­si sont ori­gi­naires de Si­cile en Ita­lie. Ils se sont ren­con­trés à To­ron­to où ils vivent de­puis plu­sieurs an­nées main­te­nant.

Née au Ca­na­da, Mme Cam­pi­si parle trois langues : l’an­glais, l’ita­lien et le fran­çais, qu’elle ai­me­rait bien per­fec­tion­ner. Elle a un frère, qui vit éga­le­ment à To­ron­to..

Son am­bi­tion de devenir po­li­cière date de l’en­fance. « Je vou­lais être po­li­cière dès mon plus jeune âge, mais mon père ne vou­lait pas. Il me di­sait que j’étais une femme et que c’était dif­fi­cile pour une femme dans ce mé­tier », a re­la­té Mme Cam­pi­si.

Elle s’ins­crit donc à l’Uni­ver­si­té de To­ron­to dans le but d’être pro­fes­seur de sport. Mais sa pas­sion et son en­vie de faire par­tie de la po­lice se font res­sen­tir de plus en plus. L’un de ses oncles, po­li­cier à To­ron­to, lui sug­gère donc de joindre la PPO à To­ron­to. « Mon oncle m’a dit que je se­rais bien à la PPO et que c’était très for­ma­teur », a ajou­té Mme Cam­pi­si.

Son oncle avait vu juste. Elle de­vient po­li­cière à l’âge de 24 ans et se­ra af­fec­tée à King­ston.

Vingt-trois ans de car­rière au sein de la PPO

Elle a eu une car­rière di­ver­si­fiée au cours de ses 23 an­nées au sein de la PPO. Elle com­mence sa car­rière comme agente af­fec­tée à la pa­trouille gé­né­rale à King­ston et Ca­le­don, en 1994.

En 1998, l’ins­pec­trice Cam­pi­si est af­fec­tée à l’Uni­té d’ex­ploi­ta­tion des en­fants comme agente-dé­tec­tive où elle enquête sur des dos­siers de por­no­gra­phie ju­vé­nile.

« L’ex­pé­rience qui m’a le plus mar­qué dans ma car­rière a été de tra­vailler sur des dos­siers de pé­do­phi­lie », a confié Mme Cam­pi­si.

En 2002, elle se joint à l’Uni­té com­bi­née des forces spé­ciales, à To­ron­to, où elle tra­vaille en col­la­bo­ra­tion avec plu­sieurs ser­vices de po­lice par­ti­ci­pants aux en­quêtes, in­cluant le crime or­ga­ni­sé ita­lien tra­di­tion­nel. En 2006 elle pour­suit ses fonc­tions de dé­tec­tive dans le Groupe de tra­vail sur les stu­pé­fiants pour la Com­mis­sion des courses de l’On­ta­rio, où elle mène des en­quêtes au­près des hip­po­dromes de l’On­ta­rio.

En 2008, l’ins­pec­trice Cam­pi­si est pro­mue au rang de ser­gent au sein du Bu­reau des normes pro­fes­sion­nelles, pour la Di­vi­sion de la sé­cu­ri­té de la cir­cu­la­tion et de la ré­gion cen­trale. Elle mène des en­quêtes de plaintes du pu­blic, à l’in­terne, ain­si que de ma­tières cri­mi­nelles, de l’Uni­té des en­quêtes spé­ciales, im­pli­quant des membres de la PPO. En 2012 elle est pro­mue au rang de ser­gent­ma­jor dans l’Uni­té des en­quêtes spé­ciales dans la Ré­gion de l’ouest.

En mai 2016, c’est of­fi­ciel, elle ac­cepte un poste dans la Ré­gion de l’est, au dé­ta­che­ment de Haw­kes­bu­ry.

« L’ins­pec­trice Cam­pi­si ap­porte plu­sieurs an­nées d’ex­pé­rience en di­rec­tion, qui se­ront un atout pour les membres du dé­ta­che­ment de Haw­kes­bu­ry et la com­mu­nau­té qu’elle ser­vi­ra, a dé­cla­ré le sur­in­ten­dant en chef Ch­ris Har­kins, com­man­dant de la Ré­gion de l’est. Je suis sûr que les membres de la com­mu­nau­té ap­pré­cie­ront la chance de tra­vailler avec elle pour plu­sieurs an­nées. »

Ses col­lègues sont éga­le­ment ra­vis de tra­vailler avec une telle femme. « Nous sommes fiers de tra­vailler avec Mme Cam­pi­si. Elle a une ex­pé­rience très va­riée au sein de la PPO », a ajou­té Ma­rio Grat­ton, po­li­cier et agent so­cio com­mu­nau­taire.

Mme Cam­pi­si aime le chan­ge­ment et la di­ver­si­té, comme le re­flète bien son par­cours. Elle est fière de joindre le poste de po­lice de Haw­kes­bu­ry. Son man­dat est pré­vu pour sept ans.

« Comme nou­velle com­man­dante du dé­ta­che­ment de Haw­kes­bu­ry, j’ai l’hon­neur et le pri­vi­lège de tra­vailler avec une équipe in­croyable au poste de Haw­kes­bu­ry, avec sa com­mu­nau­té et les gens as­so­ciés à la col­lec­ti­vi­té. Mes ex­pé­riences et re­la­tions ac­quises tout au long de ma car­rière me per­met­tront d’ame­ner une ap­proche po­si­tive et une so­lide di­rec­tion au­près de la Ville de Haw­kes­bu­ry et du dé­ta­che­ment. Je suis com­blée d’être en­tou­rée de gens dé­diés et dé­voués en­vers la com­mu­nau­té de Haw­kes­bu­ry et la ré­gion », a-t-elle an­non­cé.

En tant que femme, à la tête d’un mi­lieu en ma­jo­ri­té consti­tué d’hommes, Mme Cam­pi­si n’a ja­mais fait face à des pré­ju­gés. « Je n’ai ja­mais re­çu de ré­flexions ni de té­moi­gnages de dis­cri­mi­na­tion. Je tra­vaille dur. Je règle chaque pro­blème en ap­por­tant les meilleures so­lu­tions », a conclu Mme Cam­pi­si.

pho­to Élise Merlin

Fran­ca Cam­pi­si, la nou­velle com­man­dante du dé­ta­che­ment de Haw­kes­bu­ry—

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