GILLES FOUR­NIER iti­né­raire d’un conseiller sco­laire

Le Carillon - - La Une - ÉLISE MERLIN elise.merlin@eap.on.ca

M. Four­nier est l’un des pion­niers de l’école Nou­vel Ho­ri­zon. Il a éte aus­si l’un des pre­miers conseillers sco­laires à in­té­grer le Con­seil sco­laire pu­blic, il y a plus de 25 ans.

Gilles Four­nier a plus d’une flèche à son arc. Il est le di­rec­teur gé­né­ral de Groupe Ac­tion de Haw­kes­bu­ry, mais aus­si conseiller sco­laire de­puis de nom­breuses an­nées. Il a d’ailleurs par­ti­ci­pé, avec plu­sieurs autres per­sonnes, à la créa­tion de l’École élé­men­taire pu­blique Nou­vel-Ho­ri­zon, en 1991.

Gilles Four­nier a été par­mi les pre­miers conseillers sco­laires au Con­seil des écoles pu­bliques de l’Est de l’On­ta­rio, for­mé à la fin des an­nées 1990. Les fran­co­phones ve­naient d’ob­te­nir le droit de gé­rer leurs écoles de la ma­ter­nelle jus­qu’au se­con­daire. À l’époque, l’en­semble des écoles se­con­daires de la ré­gion, qui re­le­vaient d’un con­seil sco­laire pu­blic bi­lingue, sont donc pas­sées au con­seil ca­tho­lique. Quant aux écoles élé­men­taires, dans la ré­gion, elles re­le­vaient dé­jà toutes du con­seil ca­tho­lique. À la suite de ces chan­ge­ments, il n’y avait plus école pu­blique fran­çaise dans la ré­gion.

C’est alors que plu­sieurs per­sonnes de la ré­gion ap­prochent Gilles Four­nier pour qu’il re­pré­sente les écoles pu­bliques fran­çaises au con­seil sco­laire pu­blic.

« Mon père a été en po­li­tique pen­dant 39 ans. Il a été maire de Vank­leek Hill du­rant 19 ans. Alors j’ai un peu de sang de po­li­ti­cien en moi, a iro­ni­sé Gilles Four­nier avant de pour­suivre. Je me suis pré­sen­té pour re­pré­sen­ter les écoles élé­men­taires et j’ai été élu. J’ai été le pre­mier conseiller sco­laire dans Pres­cott et Rus­sell à re­pré­sen­ter le con­seil pu­blic fran­co­phone », a-t-il dé­cla­ré.

C’est donc après son élec­tion que les choses se sont dé­rou­lées. Sa dé­ter­mi­na­tion à créer une école fran­co­phone élé­men­taire pu­blique se fait gran­de­ment en­tendre. Le pa­ri se­ra lourd : pas d’em­pla­ce­ment pour ou­vrir l’école, seule­ment quelques élèves d’ins­crits, lui et les gens qui ont sou­te­nu le pro­jet partent avec le mi­ni­mum pour réa­li­ser ce pro­jet hors du com­mun à l’époque.

« On n’avait rien au dé­but. On n’avait même pas d’em­pla­ce­ment. On n’avait que quelques élèves ici et là que les pa­rents vou­laient ins­crire. C’est tout. J’avais de­man­dé à notre sur­in­ten­dant de nous trou­ver un lo­cal, un em­pla­ce­ment et fi­na­le­ment on en a trou­vé un sur le che­min San­dy Hill à Haw­kes­bu­ry », a in­di­qué M. Four­nier.

Le lo­cal était une an­cienne école, fer­mée de­puis de nom­breuses an­nées, et qui ac­cueillait au­pa­ra­vant des élèves avec un han­di­cap in­tel­lec­tuel. « Avec les an­nées, nous avions réus­si à ou­vrir une école à Ro­ck­land, Car­re­four jeu­nesse. On avait ac­quis une école dans le com­té de Rus­sell, mais on n’en avait pas dans le com­té de Pres­cott. Il fal­lait qu’on se batte pour ou­vrir cette école à Haw­kes­bu­ry, on a donc ac­cep­té le lo­cal à San­dy Hill, tel qu’il était, a ex­pli­qué M Four­nier. Ça fai­sait plu­sieurs an­nées que l’école qui se trou­vait là était fer­mée, tu peux ima­gi­ner la condi­tion des lo­caux. On se de­man­dait com­ment on al­lait être ca­pable d’em­me­ner les pa­rents avec leurs en­fants dans un tel lo­cal. »

À la suite de l’ac­cord avec le gou­ver­ne­ment, l’équipe a ob­te­nu des sub­ven­tions pour em­mé­na­ger et re­don­ner un coup d’éclat à ces lo­caux aban­don­nés. « On a fait les ré­no­va­tions et après on s’est dit qu’il était temps d’ou­vrir l’école. Il y avait des pa­rents qui croyaient en nous et en­core au­jourd’hui, ce sont des al­liés qui ont em­bar­qué avec nous pour faire avan­cer l’école pu­blique fran­co­phone, ici dans la ré­gion, s’est rap­pe­lé M. Four­nier, avec émo­tion. Ce n’était pas mon école, j’étais juste le po­li­ti­cien qui fai­sait avan­cer les choses. Il fal­lait que j’ob­tienne l’ap­pui de la po­pu­la­tion et on l’a eu. Puis, il y avait l’es­prit de réus­site et de fier­té d’être fran­co­phone. »

En­suite vint le mo­ment de re­cru­ter l’équipe ad­mi­nis­tra­tive, et c’est d’ailleurs Roxanne Se­guin qui était re­cru­tée comme pre­mière em­ployée et qui tra­vaille en­core au­jourd’hui en tant qu’ad­jointe ad­mi­nis­tra­tive à Nou­vel Ho­ri­zon. Des en­sei­gnants sont aus­si re­cru­tés et sont mis au cou­rant des condi­tions des lo­caux. Il va leur fal­loir beau­coup de pa­tience, mais ils doivent em­bar­quer dans le pro­jet pour que l’école puisse ou­vrir of­fi­ciel­le­ment.

« Jo­hanne Gra­ton, Louise Sé­guin, Syl­vie Gre­nier et So­phie Ruelle sont par­mi les pre­mières en­sei­gnantes à avoir été em­bau­chées et sont en­core là au­jourd’hui », a in­di­qué M. Four­nier. C’est en 1992 que l’école Nou­velHo­ri­zon voit le jour avec 66 élèves, al­lant du jar­din à la 6e an­née.

Quant au nom, ce sont les élèves qui l’ont choi­si. « On avait de­man­dé aux élèves de sou­mettre des noms. On a eu 175 sug­ges­tions, on en a re­te­nu trois et 92 % ont pré­fé­ré Nou­vel-Ho­ri­zon », a ex­pli­qué M Four­nier. L’école a chan­gé d’em­pla­ce­ment plu­sieurs an­nées plus tard, dû à l’aug­men­ta­tion des ins­crip­tions. Le 26 mai pro­chain, des fes­ti­vi­tés au­ront lieu à l’école Nou­vel Ho­ri­zon, pour mar­quer leur 25e an­ni­ver­saire.

Un dé­but des­ti­né à l’en­tre­prise fa­mi­liale

Mis à part le fait d’avoir été le pre­mier conseiller sco­laire des écoles pu­bliques dans la ré­gion, Gilles Four­nier a eu plu­sieurs rôles avant ce­lui-ci. Né à Vank­leek Hill, dans une fa­mille fran­co­phone, son père était culti­va­teur avant d’ou­vrir un res­tau­rant à Vank­leek Hill en 1964.

« J’ai tra­vaillé avec mon père et pour des rai­sons de san­té, en 1998, il a dû par­tir. Du coup, je suis tom­bé seul avec le res­tau­rant et les em­ployés et je tra­vaillais 15 à 16 heures par jour. Ma mère est morte à 64 ans. Il a donc fal­lu que je re­prenne les rênes du res­tau­rant », a ex­pli­qué M. Four­nier.

Mais en 2002, il dé­cide d’ar­rê­ter la res­tau­ra­tion à cause du nombre d’heures et des sa­cri­fices qu’il doit faire. « En 2002, un ami m’a of­fert un em­ploi avec le gou­ver­ne­ment. C’était un ser­vice d’aide à l’em­ploi et il cher­chait un di­rec­teur des opé­ra­tions ici, à Haw­kes­bu­ry. C’était une en­tre­prise d’en­traî­ne­ment vir­tuel », a ajou­té M. Four­nier.

Après la fer­me­ture de cette en­tre­prise, dont l’ob­jec­tif est de don­ner de l’ex­pé­rience aux per­sonnes par l’en­tre­mise du vir­tuel, Gilles Four­nier pos­tule et est ac­cep­té en tant que di­rec­teur gé­né­ral du Groupe Ac­tion à Haw­kes­bu­ry. « Je suis ici de­puis le 9 oc­tobre 2015, ça va faire cinq ans et, bien sûr, je suis tou­jours conseiller sco­laire », a conclu M. Four­nier.

—pho­to Élise Merlin

Gilles Four­nier livre son par­cours dans son bu­reau de Groupe Ac­tion à Haw­kes­bu­ry

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