35 ans à di­ver­tir la ré­gion

En 1982, le ri­deau se le­vait sur une toute nou­velle troupe de théâtre à Haw­kes­bu­ry : Le Cercle Gas­con II

Le Carillon - - La Une - FRÉ­DÉ­RIC HOUNTONDJI fre­de­ric.hountondji@eap.on.ca

Il y a 35 ans, le ri­deau se le­vait sur une toute nou­velle troupe de théâtre à Haw­kes­bu­ry : Le Cercle Gas­con II pré­sen­tait sa pre­mière pro­duc­tion, Bou­sille

et les Justes de Gra­tien Gé­li­nas.

Bien des gens ont de­puis mon­té sur les planches. Plus d’un tiers de siècle plus tard, la troupe de théâtre ama­teur fran­coon­ta­rienne pré­pare sa 72e pro­duc­tion.

L’idée de mettre sur pied une nou­velle troupe de théâtre vient de Royal Myre, un pas­sion­né de théâtre, qui as­sis­tait ré­gu­liè­re­ment aux re­pré­sen­ta­tions de la troupe ama­teur The Pres­cott Players de Vank­leek Hill. Il a alors sug­gé­ré à Guy Rou­leau, qui était très en­ga­gé au sein de ce groupe, de créer une troupe de théâtre fran­co­phone à Haw­kes­bu­ry. C’était en 1982.

Guy Rou­leau, Royal Myre, Li­sette Du­rand, Bet­ty Des­ro­siers et An­dré Ville­neuve, à l’époque directeur du Centre cultu­rel Le Che­nail, se re­trou­vaient pour je­ter les pre­mières bases de l’or­ga­nisme. Ils lui ont don­né le nom de Cercle Gas­con II, du nom de la cé­lèbre troupe de théâtre ama­teur des an­nées 1950, Le Cercle Gas­con.

M. Rou­leau en était le pre­mier pré­sident. Noël Ber­thiaume, directeur du sa­lon fu­né­raire Ber­thiaume, et An­dré Pa­quette, an­cien pro­prié­taire de la Com­pa­gnie d’édi­tion An­dré Pa­quette, ont aus­si as­su­ré la pré­si­dence de la troupe. C’est sans ou­blier Royal Myre qui a pré­si­dé à ses des­ti­nées pen­dant 20 ans et y est tou­jours un membre ac­tif.

En 35 ans d’exis­tence, c’est seu­le­ment l’été der­nier que l’or­ga­nisme, com­po­sé au­jourd’hui de 52 bé­né­voles, a ob­te­nu sa toute pre­mière sub­ven­tion, une somme de 2000 $ don­née par la Ville de Haw­kes­bu­ry. Au­tre­ment, Le Cercle Gas­con II a donc tou­jours vé­cu de ses propres moyens, en comp­tant d’abord sur ses propres forces.

Grandes pro­duc­tions

« En 35 ans, on va se rendre à notre 72e pro­duc­tion au prin­temps pro­chain. On en fait gé­né­ra­le­ment deux par an­née, une au prin­temps et une à l’au­tomne », a ex­pli­qué Louise Pot­vin-La­li­ber­té, pré­si­dente de l’or­ga­nisme.

Elle a sou­li­gné que « la plu­part du temps, on fait des co­mé­dies dra­ma­tiques et les gens aiment bien rire. Le pu­blic est ha­bi­tué à ça. On avait, dans le pas­sé, plus de dra­ma­tiques, mais les gens de la ré­gion ré­agis­saient moins bien à ça. »

En 2009, la pièce Pauvre Georges, écrite par Mme La­li­ber­té, a été choi­sie par Théâtre Ac­tion de l’On­ta­rio dans le cadre de son pro­gramme Les Feuilles vives, qui vise à faire connaître les au­teurs de la ré­gion. Elle a été jouée dans une mise en lecture par le Théâtre fran­çais de To­ron­to.

À tra­vers ces oeuvres, Le Cercle Gas­con

II vou­lait in­no­ver. Ses scènes se dé­rou­laient dans les sa­lons, les cui­sines et autres lieux plus conven­tion­nels. Avec Pauvre Georges, qui ra­conte l’his­toire d’une per­sonne âgée, le champ d’ac­tion s’est por­té dans un hô­pi­tal.

« Je trou­vais la scène de l’environnement de l’hô­pi­tal in­té­res­sante parce qu’on n’a ja­mais joué dans un hô­pi­tal. Pauvre Georges, avec ses 83 ans, n’aime pas s’ap­pe­ler Vieux. Il se pro­mène à vé­lo, va suivre un cours de pi­lo­tage sur un ba­teau, glisse sur le pont du ba­teau et se brise la hanche. Il se re­trouve à l’hô­pi­tal, dans la salle d’at­tente, où il chiale », a ré­su­mé la pré­si­dente de la troupe. Elle a pré­ci­sé que 13 per­sonnes ont joué dans la pièce.

L’un des temps forts de l’or­ga­nisme au­ra aus­si été la re­pré­sen­ta­tion de la pièce Un so­fa

dans le parc. Ses ac­teurs l’avaient jouée en 2002 en France, lors d’un grand évè­ne­ment dé­dié au théâtre ama­teur. Le voyage avait été or­ga­ni­sé grâce à une col­lecte de fonds, un spec­tacle mu­si­cal au­quel ont pris part 56 ar­tistes.

Tra­ver­sée du dé­sert

L’uni­vers du Cercle Gas­con II n’a pas été qu’un long fleuve tran­quille. Il a dû sur­mon­ter, de­puis son exis­tence, quelques obs­tacles. Avoir un siège stable était un des dé­fis aux­quels il a été confron­té.

« On était au Ch­rist-Roi de­puis plu­sieurs an­nées et la Ville nous a mis de­hors. On est de­ve­nu une troupe am­bu­lante et on s’est pro­me­né un peu par­tout dans Pres­cott-Rus­sell et au Qué­bec, pour jouer, pen­dant une couple d’an­nées. On avait une re­morque, on met­tait les dé­cors de­dans et nous on pre­nait nos voi­tures. On se ren­dait dans les églises et les salles com­mu­nau­taires », a ra­con­té Mme La­li­ber­té.

Royal Myre, an­cien pré­sident de la troupe, di­gère tou­jours mal le ren­voi pur et simple de son or­ga­nisme de l’édi­fice du Ch­rist-Roi. « Le con­seil mu­ni­ci­pal de l’époque, suite à la de­mande du maire et du directeur gé­né­ral, nous a sim­ple­ment écrit une lettre di­sant qu’il nous fal­lait quit­ter les lieux. On nous a sim­ple­ment mis à la rue. La Ville a ain­si fer­mé l’élec­tri­ci­té et aus­si fer­mé l’eau », a dé­plo­ré M. Myre.

Il a rap­pe­lé l’in­ves­tis­se­ment que le Cercle a fait pour pou­voir mettre en va­leur les lieux d’où il a pour­tant été dé­lo­gé, sans autre forme de pro­cès. « Même si ce n’était pas une grosse somme, Le Cercle Gas­con payait an­nuel­le­ment son loyer. Le Cercle a re­fait les toi­lettes au coût de 5000 $. On a ache­té 350 chaises au coût de 42 $ cha­cune pour une somme de 14 700 $. On a re­peint la salle de spec­tacle ain­si que la grande salle au 2e étage. On a fait net­toyer les plan­chers cras­seux de la salle de spec­tacle, on y a bâ­ti des gra­dins, tout près de 7000 $ », a-t-il re­le­vé.

M. Myre pour­suit : « On a fait tout le né­ces­saire afin d’y mettre les spec­ta­teurs à l’aise en se croyant dans une grande salle. D’ailleurs, c’était la seule salle de théâtre dans la ré­gion. » Par ces ré­vé­la­tions, le membre fon­da­teur du Cercle en­tend sur­tout mettre les pen­dules à l’heure lors­qu’il avait lu dans notre jour­nal au mois de dé­cembre un ar­ticle dans le­quel mai­resse, Jeanne Char­le­bois, af­fir­mait que la troupe et d’autres or­ga­nismes au­raient quit­té le Ch­rist-Roi. « On nous a sim­ple­ment mis à la rue », a-t-il in­sis­té.

Après avoir été chas­sée de l’édi­fice du Ch­rist-Roi, la troupe a pas­sé deux ans sans siège fixe. Elle a trou­vé re­fuge à l’école secondaire Le Som­met de Haw­kes­bu­ry. Elle y exer­ce­ra ses ac­ti­vi­tés pen­dant cinq an­nées avant de quit­ter l’en­droit, lorsque l’éta­blis­se­ment a eu be­soin de la place qu’elle oc­cu­pait.

« On n’a pas pu res­ter là parce qu’on n’avait plus d’es­trade. On n’avait plus de salle de ran­ge­ment. Ils en avaient be­soin, s’est sou­ve­nue Louise Pot­vin-La­li­ber­té. On a alors cher­ché une salle com­mu­nau­taire à l’église Ho­ly Tri­ni­ty. Là on a fait deux ans, parce qu’ils ont vou­lu ré­no­ver leur toi­ture et on a quit­té. »

La troupe a fi­ni par louer un es­pace au Centre Guin­don. Si les lieux lui conviennent bien, elle doit dé­bour­ser de l’ar­gent pour les mettre plus en va­leur et payer le loyer. Un nou­veau défi que tente de re­le­ver le Cercle par le biais de ses col­lectes de fonds.

—pho­to Fré­dé­ric Hountondji — ut om­mo­lum

Une par­tie de la troupe ré­pète en pré­vi­sion des spec­tacles de col­lectes de fonds. Sed qui quo­di as es­tis vo­lup­ta nul­pa cum re vo­lo­rep ta­tio. Inis­sin­tis do­lup­tat ex­ces­tion consent uri­bus el­lo­ris dip­sun­tis do­lup­tas ma­gni­mu sa­piet mi­nus arup­ta­tur rem....

—pho­to Fré­dé­ric Hountondji

Louise Pot­vin-La­li­ber­té, pré­si­dente du Cercle Gas­con.

—pho­to Fré­dé­ric Hountondji

Le Centre Guin­don, siège ac­tuel du Cercle Gas­con II au 501, rue Prin­ci­pale à Haw­kes­bu­ry.

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