Ka­the­rine Le­vac de pas­sage chez elle

Le Carillon - - News - PAR CA­RO­LINE PRÉ­VOST ca­ro­line.pre­vost@eap.on.ca

Du 13 au 16 fé­vrier, Ka­the­rine Le­vac se­ra de pas­sage au Centre des arts Shenk­man d’Or­léans pour la pre­mière on­ta­rienne de son tout pre­mier one-wo­man­show, Ve­lours.

L’hu­mo­riste de 28 ans, ori­gi­naire de SaintBer­nar­din, avait à coeur d’of­frir des dates de spec­tacle dans sa ré­gion na­tale. « Moi, toute ma vie, tous les ar­tistes que j’ai­mais ne se dé­pla­çaient pas vrai­ment en On­ta­rio. Alors je me suis dis, pour­quoi je ne le fe­rais pas ? »

Par­mi les dates pro­po­sées, Ka­the­rine Le­vac y fe­ra no­tam­ment une pre­mière mé­dia­tique le 15 fé­vrier, un geste qui n’est pas com­mun pour les hu­mo­ristes sor­tis de l’École na­tio­nale de l’hu­mour (ÉHN). « Faire une pre­mière en On­ta­rio, ce n’est pas le par­cours ty­pique d’ha­bi­tude. Tout le monde fait ça à Mont­réal et après, à Qué­bec. Ce n’est pas dans le che­min pré­éta­bli et moi, je ne sa­vais pas si le centre (Shenk­man) al­lait dire oui. Alors on a de­man­dé. Ils ont été ra­vis, ils ont ac­cep­té et je suis très contente ! »

Di­plô­mée de l’École na­tio­nale de l’hu­mour en 2013, la jeune hu­mo­riste a de­puis fait sa marque au Qué­bec, grâce à des pres­ta­tions re­mar­quées, tant sur scène qu’au pe­tit écran (SNL Qué­bec, Like-moi, Code F, entre autres). En 2015, elle ob­tient l’Oli­vier Dé­cou­verte.

Alors, quand on lui de­mande si elle trouve dif­fi­cile de conti­nuer à se sen­tir fran­co-on­ta­rienne dans un en­vi­ron­ne­ment stric­te­ment qué­bé­cois, l’ar­tiste re­con­naît se sen­tir éga­le­ment Qué­bé­coise. « Je pense que je suis de­ve­nue un peu des deux, veut veut pas. J’ha­bite à Mont­réal pour mon tra­vail. Je n’ai pas le choix. Je ne peux pas lut­ter contre ça et je suis ra­vie que les Qué­bé­cois soient si ac­cueillants. Mais, évi­dem­ment, reste en moi la Fran­co-On­ta­rienne et c’est pour ça que j’ai vou­lu faire une pre­mière en On­ta­rio. »

Connue pour son hu­mour fai­sant sou­vent al­lu­sion à ses ori­gines, Ka­the­rine Le­vac par­le­ra cette fois, et ce pour la pre­mière fois, non seule­ment d’où elle vient, mais éga­le­ment où elle va.

« Je parle d’où je viens évi­dem­ment, mais dans la deuxième par­tie de mon spec­tacle, je ne parle pas juste d’où je viens, mais où je vais aus­si. Donc oui, bon, on com­prend que je suis On­ta­rienne. On com­prend que je viens d’un mi­lieu ru­ral, mais là, main­te­nant, je suis Qué­bé­coise. J’ai une carte so­leil. J’ha­bite à Mont­réal. Alors main­te­nant, qu’est-ce qui va se pas­ser dans ma vie ? Et c’est pour ça que je peux en pro­fi­ter pour rire au­tant des On­ta­riens que des Qué­bé­cois. »

Un mes­sage pour les jeunes

Ka­the­rine Le­vac avait dé­jà dit en en­tre­vue, à l’émis­sion Tout le monde en parle, que pe­tite, elle ne voyait pas de mo­dèles fran­co-on­ta­rienne qui réus­sis­saient. À voir tout l’en­goue­ment qu’il y a main­te­nant au­tour d’elle, et à voir d’autres ar­tistes de l’Est on­ta­rien réus­sir, comme Vé­ro­nic Di­Caire, en est-il tou­jours de même pour les jeunes ?

« Je pense que c’est en train de chan­ger. Et tant mieux si ça change, tant mieux si on peut mon­trer à ces jeunes-là que c’est très pos­sible de ga­gner sa vie avec le fran­çais, de faire du fran­çais sa pas­sion, son tra­vail. »

Pour en ar­ri­ver où elle se trouve au­jourd’hui, Ka­the­rine Le­vac a choi­si de suivre ses pas­sions. Elle ai­mait le théâtre et l’im­pro. Elle a fait par­tie de la ligue d’im­pro du MIFO (le Mou­ve­ment d’Im­pli­ca­tion Fran­co­phone d’Or­léans) au se­con­daire. Elle sou­hai­tait ga­gner sa vie en écri­vant.

Puis, un jour, un de ses amis, Éric Trot­tier, lui a par­lé de l’École na­tio­nale de l’hu­mour. « Tu ai­me­rais ça l’ÉNH, lui a-t-il dit. On écrit des choses et on joue les choses qu’on a écrites. »

Au­jourd’hui, Ka­the­rine Le­vac fait de l’hu­mour sa pro­fes­sion. Elle consi­dère que jouer ce qu’elle écrit est un luxe.

« On a l’im­pres­sion que c’est ba­nal, mais ce n’est pas ba­nal. C’est vrai­ment une belle li­ber­té, c’est un grand luxe de pou­voir jouer les choses que tu écris, jouer les choses qui te touchent, toi. C’est ma­gni­fique. »

En sui­vant ses pas­sions, Ka­the­rine Le­vac a réus­si à faire de celles-ci son gagne-pain. Et c’est le mes­sage qu’elle sou­haite trans­mettre aux jeunes.

« Toute ma vie, moi, on ma dit ‘ qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?’ Mon Dieu, à l’époque, je ne sa­vais même pas que ça exis­tait l’ÉNH. Je pense qu’on a le temps de dé­cou­vrir ses pas­sions, de dé­cou­vrir ce qui nous al­lume. Je le dis à tous les jeunes : ‘ça’, vous ne le faites pas pour rien. Comme moi, quand je fai­sais de l’im­pro au se­con­daire, je me di­sais ‘c’est pour le fun’. Oui, mais t’sais, c’est quand même là que tout a com­men­cé aus­si. Alors rien n’est fait pour rien. C’est im­por­tant de ne pas ba­na­li­ser ses pas­sions, ce qui nous al­lume, ce qui nous fait plai­sir. Les gens ont le temps de choi­sir mille fois ce qu’ils veulent faire ».

L’hu­mo­riste ori­gi­naire de l’Est on­ta­rien s’est qua­li­fiée pour l’ob­ten­tion d’un billet d’or re­mis par l’ADISQ. Elle a ven­du plus de 50 000 billets pour son spec­tacle Ve­lours. Après les quatre re­pré­sen­ta­tions com­plètes à Or­léans, le MIFO a an­non­cé ré­cem­ment une sup­plé­men­taire du spec­tacle de Ka­the­rine Le­vac le 6 sep­tembre 2018 au Centre des Arts Shenk­man.

Pour Ka­the­rine Le­vac, c’est grâce aux gens si ces cinq pré­sen­ta­tions de Ve­lours à Or­léans sont pos­sibles et elle tient à les re­mer­cier. « Pour vrai, ce sont les gens qui font en sorte que c’est pos­sible. C’est pas moi ! Moi, je mets un truc en vente et ce sont les gens qui achètent ou pas les billets. C’est grâce à eux et je les re­mer­cie. Je suis fière de nous ! »

« Je parle d’où je viens évi­dem­ment, mais d'où je vais aus­si. On com­prend que je suis On­ta­rienne. On com­prend que je viens d’un mi­lieu ru­ral, mais là, main­te­nant, je suis Qué­bé­coise. J’ai une carte so­leil. J’ha­bite à Mont­réal. Et c’est pour ça que je peux en pro­fi­ter pour rire au­tant des On­ta­riens que des Qué­bé­cois. »

—pho­to four­nie

Ka­the­rine Le­vac, hu­mo­riste ori­gi­naire de St-Ber­nar­din, se­ra de pas­sage dans sa pro­vince na­tale pour la pre­mière on­ta­rienne de son tout pre­mier one-wo­man show. Elle pré­sen­te­ra, à gui­chets fer­més, Ve­lours du 13 au 16 fé­vrier au Centre des Arts Shenk­man...

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